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LUNA





LUNA





— J'aime un homme, un homme qui m'aime. Nous allons avoir une belle vie tous les deux. J'aime un homme, un homme qui m'aime. Nous allons avoir une belle vie tous les deux. J'aime un homme, un homme qui m'aime. Nous allons avoir une belle vie tous les deux.

— Arrête avant que je ne me ronge les bras avec mes dents et que je te coupe ta langue ! s'énerve Nina à côté de moi.

Je l'entends, sans l'entendre.

Depuis des minutes, voire des heures, cette phrase sort en continu de ma bouche.

Je ne l'avais jamais redite depuis qu'on a été séquestré et maintenant je n'ai que ça en tête.

Je ne veux pas penser à tout le à côté.

Qui ça pourrait être, qui me veut autant de mal. Que mes bras sont littéralement en train de partir de mon corps tellement je suis fatigué. Qu'Inès risque sa vie pour moi dans sa robe de mariage. Que Nina est en danger alors qu'elle porte la vie.

Je ne veux plus penser à rien, donc cette phrase est pour moi un repère dans ce noir si sombre que devient ma vie.

À force de dire cette phrase, je vois le temps défiler.

Je sais que les garçons ne sont pas là pour nous sauver. Je sais que je commence sérieusement à avoir faim, donc que quelques heures sont déjà passées.

— J'aime un homme, un homme qui m'aime. Nous allons avoir une belle vie tous les deux. J'aime un homme, un homme qui m'aime. Nous allons avoir une belle vie tous les deux. J'aime un homme, un homme qui m'aime. Nous allons avoir une belle vie tous les deux, dis-je dans un souffle.

Mes yeux ouverts sur le sol sont remplis de larmes qui roulent sur mon visage et qui s'écrasent sur ce sol. Mon visage doit assez facilement transmettre la douleur de mon cœur, une douleur que j'essaie d'oublier comme je peux.

Inès souffle à côté de moi, je sais que je ne les aide pas et franchement je ne le peux tout simplement pas. Je devrais être là pour elles, faire mon rôle de patronne, mais patronne de quoi au juste ?

Je me suis simplement fait avoir par un homme, mais de la pire des façons.

Je sais que ce n'est pas Lukas, qu'il a beau lui ressembler comme un double ça ne peut pas être lui mais si c'était vraiment lui ?

Et vous savez ce qu'est le pire ?

Non.

Le pire, c'est que si c'est lui je l'aime toujours autant malgré ce qu'il a dit.

Ça me soulage de savoir que je vais quand même le voir toute ma vie.

Dans d'atroces souffrances.

Oui.

Mais mon cerveau me rappelle que l'amour fait mal.

Que pour lui je souffrais.

Tout ça, juste parce que je l'aime sincèrement du plus profond de mon âme...

LUNAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant