Les voitures défilent sur le chemin cabossé. L'air semble si lourd, les peaux moites, l'orange des feuilles déchiquetées au sol trahit l'arrivée de l'automne. C'est déjà la rentrée. Ca se bouscule. Qu'est-ce que je fais ici déjà ?
Dois-je arrêter de vouloir les sauver ?
Je traverse la rue bondée. Les passants ne semblent faire attention à rien. Éxiste-t'il quelqu'un pour me comprendre ? De l'autre côté un petit garçon me devisage. Ses pas hésitants foulent le trottoir mouillé. Voit-il à travers les mensonges lui aussi? A-t'il eu froid ? Je secoue la tete, je divague. J'ai envie de crier.
Mon cou me blesse, je souffle longuement, défroisse mes ailes. Je dois tout lâcher. Lever le nez. De l'autre côté se trouve la réponse.
Regarde les feuilles des arbres trembler au vent, observe comme le monde est beau vu du ciel. Il existe autre chose.
Je la devine au loin, elle brille à travers les gouttes. Un rayon de soleil tardif vient éclairer son doux visage. C'est elle, je la reconnais. Je suis en retard, je cours un peu pour la rattraper, je trébuche dans une flaque, je me relève, elle ne doit pas s'en aller. Mais elle est là, elle ne bouge pas, elle m'attend. Ce n'est pas la peine de se presser. Un nouveau jour se lève.
Je me sens coupable, je veux lui expliquer, je n'avais pas le choix. Il faisait si froid dehors. J'avais si peur. J'ai fermé les paupières. Je devais condamner tous les accès.
Qu'aurait-elle fait à ma place ? Elle caresse ma joue tendrement. Regarde les feuilles des arbres trembler au vent. Observe comme le monde est beau vu du ciel. Ce n'est pas la peine de se presser. Un nouveau jour se lève.
