Chapitre 46

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Juliette observa la pièce dans laquelle elle se trouvait d'un air attentif.

Elle était beaucoup plus grande que ce qu'elle rendait de l'extérieur. L'un des murs était entièrement recouvert d'un large miroir alors qu'un second, où se trouvait la porte, était composé de grandes baies vitrées. Les deux derniers sur lesquels étaient affichées de nombreuses photos, étaient longés par des barres arrivant à hauteur de buste.

Le parquet était parfaitement propre et devait avoir été ciré il n'y a pas très longtemps. Le tout sentait le propre et dissuadait quiconque d'y entrer avec des affaires venant de l'extérieur. Autrement dit, l'entretien était sans faille.

Assise sur le sol, la jeune fille terminait ses étirements et jeta un coup d'œil aux baies vitrées. De l'autre côté de celles-ci, un flot continu de personnes passait dans le couloir, chacun scrutant l'intérieur de la pièce avec curiosité.

Juliette ne pouvait pas leur en vouloir, elle faisait la même lorsque des personnes qu'elle ne connaissait pas étaient dans la patinoire. Sauf qu'ici, ce n'était pas eux les intrus, mais elle et tout le reste de l'équipe.

De plus, et elle en était parfaitement consciente, les vestes que quatre d'entre eux portaient attiraient les regards et faisaient se poser des questions. Legov leur avait fait livrer un certain nombre de vêtements, tous floqués du nom du pays dans le dos ou alors dans un coin. Estimant qu'ils avaient désormais un devoir de représentation, il leur avait fait promettre de porter au moins la veste ou un t-shirt lorsqu'ils étaient en déplacement.

Et puisque c'était le cas ce jour, les personnes qu'ils croisaient ne pouvait que se demander qui ils étaient et pourquoi ils avaient ces vestes.

Juliette observa un énième groupe de filles qui les montra du doigt en faisant des commentaires qu'elle ne pouvait pas entendre. Elle soupira et se concentra à nouveau sur ses étirements, se penchant en avant, une jambe repliée devant elle et l'autre étendue sur le côté.

Elle savait déjà que toute cette attention allait la fatiguer.

A côté d'elle, Eléonore se trouvait dans la même position. « Vous savez ce qui est bien de faire partie d'une équipe dans laquelle il y en a qui vont participer aux championnats du monde ? C'est qu'on peut profiter des mêmes avantages qu'eux, même lorsque l'on n'est pas sélectionnés. »

En face d'elles, Valeriy lâcha un rire ironique. Le garçon n'avait fait que quelques étirements avant de s'allonger sur le sol et de se couvrir les yeux avec ses bras. Il était resté silencieux depuis qu'ils étaient arrivés.

« Parce que tu trouves que c'est un avantage ? » Commenta-t-il avec une grimace visible même depuis leur place.

La jeune fille fronça les sourcils. « Bien sûr, ce n'est pas tous les jours qu'on peut prendre des cours de danse dans une institution aussi prisée. J'ai cherché sur internet et leurs recommandations sont vraiment bonnes. Ils ont aussi décroché plusieurs titres nationaux depuis quelques années. »

Juliette était d'accord avec son amie. Elle avait fait ses propres recherches et, si elle en croyait ce qu'elle avait pu lire, plusieurs professeurs de renommée nationale et internationale enseignaient dans ces murs. C'était une occasion qui n'allait pas se présenter à eux tous les jours.

Seulement, de son côté, Valeriy ne semblait pas partager leur opinion. « Ils peuvent être champions du monde, je m'en fous complètement. Je ne suis pas un danseur, mon temps serait mis à meilleure contribution si je m'entrainais actuellement sur la glace. »

« On est tous des danseurs. » Commenta Juliette, attirant tous les regards sur elle. « Je veux dire, ce qu'on fait c'est littéralement de la danse sur glace. Alors oui, la dynamique est différente et vous avez les sauts en plus, mais, du début jusqu'à la fin de nos programmes, on fait des pas de danse. La note artistique compte tout autant que la note technique. »

On thin IceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant