Meyster, conteur de la nouvelle ère kentorienne, explore différents journaux d'aventuriers du passé, afin de nourrir son inspiration pour les contes qu'il écrit. A travers les récits de ces personnages, il apprendra bien des choses sur la faune et l...
Le matin, je couvrais mes traces. Le soir, je faisais un campement tout à fait sommaire. Ma chance était que ce début de Padane était très clément. Pour l'instant, je ne pouvais être certain que les chasseurs étaient à mes trousses. Pour autant, je préférais me méfier et brouiller les pistes dès le départ.
J'avais pu approcher le fleuve sans trop d'encombres. Son eau était encore claire, et ce dernier ne semblait pas encore tumultueux. La Grande Tourbe grossissait facilement avec les pluies et charriait les limons que nous laissait Reptix et la forêt des éléments au fil de l'eau. Les abords du fleuve étaient riches en petits végétaux, qui repoussaient rapidement après les inondations.
J'avais espéré trouver rapidement une embarcation, mais hélas, il va falloir que je continue de descendre le fleuve vers son embouchure. La guerre avec Al Shamiris avait laissé des épaves de petits bateaux un peu partout, surtout qu'ils étaient à nouveau en guerre avec notre voisin. Je m'attendais à tomber sur un groupe de mercenaires perdus à tout moment.
Pour le moment, les seuls êtres vivants que je croises sont une diversité d'animaux locaux, qui je dois dire me manqueront lorsque j'explorerai les lointaines contrées de l'autre continent. Les rives du fleuve où je me trouve, voient pulluler les canigator, qui se prélassent tranquillement entre les herbes. Les materisses se faufilent un peu plus loin, tout comme les héricailles, loin de la vue, à la recherche d'un petit appoint d'eau sécurisé où ils pourraient boire. Au loin, un troupeau d'ankilyr était venu s'abreuver, profitant du crépuscule pour ensuite repartir vers la plaine où ils se reposent. J'avais déjà pris grand soin de contourner ce lieu avant d'arriver près de l'eau.
Les rives du fleuve sont l'un des sites les plus intéressants, lorsqu'on veut simplement observer ces êtres. C'est l'un des rares lieux où les rivalités tombent, bien qu'une méfiance subsiste, celle de la faim.
Dans les steppes, les materisses, ces félins au corps recouvert d'une peau rocailleuse qui leur offre une protection contre les prédateurs et la chaleur, se fondent dans les zones rocheuses. Leur pelage, parsemé de teintes ocres, se mêle harmonieusement au paysage et leur permet de surprendre les héricailles, proie qu'ils affectionnent, autant pour jouer, que pour déguster. Cette manière de se fondre dans son environnement, et d'attaquer sournoisement, me rappelle ce que j'ai lu sur les trolls, que l'on voit surgir au dernier moment des bosquets d'où ils guettent leur adversaires.
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Les ankylirs, ces bêtes cuirassées sur quatre courtes mais puissantes pattes, seraient ce qui se rapproche le plus des mystérieux. On en sait pas grand chose, et il est très difficile de les approcher. Ce qui est fascinant, c'est que leur queue n'est pas un instrument d'équilibre, mais une violente masse armée, capable de briser des os, des troncs, ou même des pierres. Leur air trapu laisse penser qu'ils sont lents, mais leur cohésion de groupe fait qu'ils se protègent de tout danger. Ils ne sont pas vraiment agressifs, mais attaquent au premier signe de danger, la sécurité commune étant le plus important à leur instinct. Seuls les canigators viennent les houspiller, mais rien ne fait peur à ces féroces prédateurs.
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Les canigators me feraient plutôt penser aux Shamiriens. Ils s'attaquent à tout ce qui les entoure, pour peu que leur territoire semble en péril. Le museau prononcé et les oreilles alertes dressées sur sa tête font qu'il remarque facilement toutes les présences. Il a une présence assez massive, avec un corps musculeux couvert d'écailles. Ses pattes sont, elles, couvertes de poils assez longs, qui cachent leurs griffes acérées. Leur crocs saillants, eux, sont très visibles, et sont leur arme de dissuasion par excellence. Un véritable arsenal sur pattes.
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Restent encore les héricailles. Craintifs petits êtres, aimant les hautes herbes, ils sont protégés par leur épais piques dorsales. Munis de griffes permettant de grimper aux arbres, ils chassent des insectes et des petits oiseaux. Tout en finesse et agilité, ce serait le parfait reptilien. Les autres animaux ne l'intéressent pas, et s'il peut les éviter, il ne s'en porte que mieux. Il a tendance à vivre en solitaire ou en petite famille au nombre d'individus limité. C'est un être aux écailles fines, dont la meilleure des défenses, c'est la fuite, avec une vitesse difficilement égalée, même par les materisses.
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Malgré tout ce monde, et ces interactions difficiles, les rives de la Grande Tourbe sont un lieu calme, où une forme de paix s'est installée par la force des choses. Son eau, ressource vitale cruciale aux abords du désert, oblige les êtres, loin de l'égoïsme des anthropomorphes, à cohabiter sans combats. Peut-être que ces êtres " à l'intelligence inférieure", ont bien mieux compris le côté précieux de la vie que nous. Il m'arrive souvent, de ce fait, de me sentir bien plus proche d'eux que de ma propre espèce...