Meyster, conteur de la nouvelle ère kentorienne, explore différents journaux d'aventuriers du passé, afin de nourrir son inspiration pour les contes qu'il écrit. A travers les récits de ces personnages, il apprendra bien des choses sur la faune et l...
Je n'ai jamais rien vu d'aussi incroyable ! La pyramide est immense. Les dorures du sommet rayonnent comme son propre soleil, en plus du fait qu'elle soit immense. Quand on est à côté, c'est à peine si l'on distingue la séparation entre la pierre et l'or. De chaque côté de la pyramide ont été construits des chemins, bien qu'ils se perdent dans le sable, afin de guider le pèlerin. Et dès que nous sommes assez proches de cette dernière, une escorte de statues des animaux du désert en garde les abords.
En premier, les Rakhun guident le peuple du désert à travers les tempêtes et la rudesse. Le Makkor officie en tant que gardien physique en deuxième, les crocs sortis, avertissant les voleurs et pilleurs. Et enfin, le gor Sibun, au plus près de la pyramide, gardien mortel des portes souterraines, et passeur majestueux des âmes. Les premières statues semblaient au double de la taille des créatures, les rendant déjà impressionnantes, mais la tête du serpent, montant depuis son corps enroulé, montait vers le ciel a une dizaine de mètres. Ces statues étaient immenses. Suffisamment pour que l'artiste puisse graver dans la pierre les tâches caractéristiques du gor. Leur contour était cisaillée dans la roche, et le sable s'y était logé créant un effet de contraste particulier avec la pierre.
Lorsqu'on approchait de la pyramide, on pouvait distinguer de grands creux dans ses flancs. On pourrait croire que la vieillesse de l'édifice avait raison de ses pierres, et que le temps allait faire tomber la merveille, mais pas du tout. Le doyen m'en avait parlé. D'après ce qu'ils se transmettent, il s'agit d'alcôves où des gors sibun étaient élevés par les prêtres qui ont veillé Khnumhotep pendant un siècle entier. Il faut dire que le Dalil a été connu par son peuple pour avoir réconcilié Xenorus et Sibuna sur les terres d'Al Shamiris, suffisamment pour que la vie offerte par Hisad refleurisse autour des oasis laissées dans le désert, où son peuple se faisait décimer par les mirages et autres illusions.
Mais l'important dans ce qu'il m'a dit des gors, c'est de ne pas trop s'approcher de la pyramide elle-même. Ces gardiens élevés ont tendance à cracher leur venin dans le sable, suffisamment pour en changer la texture et la densité, et à créer ainsi des sables mouvants, qui leur permettent d'immobiliser leur proie. C'est aussi un venin paralysant, qui s'infiltre par les plaies et les orifices. Ainsi, ils n'ont qu'à venir récupérer une proie piégée et cuite par le soleil dès lors qu'ils ont besoin d'un casse-croûte.
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
D'ailleurs j'en parle, mais les nomades du désert d'Al Shamiris sont vraiment un peuple très accueillant, c'est certain. Bien que très bavards, avec une certaine tendance à penser qu'un voyageur a un inventaire très extensible, ils sont vraiment généreux. J'ai pu, grâce à eux, approcher la pyramide. L'un des leurs m'a guidé pour pouvoir apprécier les gravures sur les pierres la constituant. Des zahrs étaient imagés un peu partout, comme s'ils étaient les gardiens de l'édifice lui-même.
En fait, pour tout dire, cette confiance qu'ils m'ont accordée si rapidement me fait même un peu peur. Non pas parce qu'ils me feraient du mal, au contraire, mais parce que j'ai le sentiment que tôt ou tard, cette dernière sera exploitée à leur encontre. Ils sont l'âme et les secrets du désert. Ils connaissent sa paix que la citée a oubliée. La camaraderie et la chaleur du cœur, que la ville de pierre a oubliée. Je suis même étonné de cet éclatement de culture. C'est comme si deux peuples distincts avaient commencé à coexister ici. Mais ils me procurent la sensation d'être comme moi au sein de mon peuple. A chercher la paix dans une terre de guerre et de batailles. J'espère seulement que leur paix survivra, et eux aussi.
Alors que la journée passait, leurs histoires la rythmaient aux abords du gigantesque édifice. Je ne pouvais savoir s'il s'agissait de contes, de légendes, ou de réelles transmissions, mais ils disaient qu'à l'époque le fleuve coulait près du bâtiment, et qu'il avait servi à en acheminer les pierres. Ils me racontaient aussi que l'or qui illuminait la pyramide leur venait d'un enfant des dieux, reconnaissant de l'apaisement du conflit des parents.
Alors que le soleil commençait à décliner, ils m'indiquèrent une direction à suivre pour continuer mon périple vers mon objectif premier: la terre de nos anciens alliés, les trolls de Grin Barath. On m'avait aussi suggéré de suivre une constellation, et plus précisément l'étoile de l'oris, au bout de la queue du Piter.
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.