L'amour à contretemps

5 0 0
                                    

Toronto, Ontario Canada

Logan Scott

Je quittai la maison, les nerfs à vif, sentant le poids de la tension accumulée lors de ce dîner peser lourdement sur mes épaules. La soirée avait laissé une empreinte perturbante dans mon esprit. Et, plus j'essayais d'ignorer ce que j'avais ressenti lorsque mon regard a accroché le sien, plus cela devenait insoutenable.

L'attirance que j'ai pu éprouvé pour elle me terrifie. C'est la femme de mon père. En aucune manière je ne devrait la regarder de cette façon. Pourtant, ce soir, quelque chose avait changé en moi à son contact. Le problème est que je ne comprenais pas pourquoi. Jamais avant ce jour je n'avais ressenti cette sensation d'attirance insoutenable en voyant Mylena.

J'en ai voulu à mon père de l'avoir ramenée dans nos vies, à Myléna d'être ce qu'elle est, mais surtout à moi-même pour ce moment incompréhensible. Dehors, la brise fraîche de la soirée me fit du bien, apaisant un peu l'agitation intérieure qui me dévorait. Au parking, je m'appuyai contre ma voiture, fermant les yeux un instant, essayant de retrouver un semblant de calme.
- Qu'est-ce qui m'arrive ? C'est Myléna, la femme de mon père, pas une... Je la déteste cette femme.

Je la déteste pour ce qu'elle représente. L'intruse qui avait pris la place de ma mère bien trop tôt après son décès. Personne n'a su quand sa a commencé. Père nous avait imposé sa présence, on a dû respecter son choix. Me voilà aujourd'hui qui bave devant elle. Cette situation défie toute logique. Chaque détail d'elle, de sa manière de se mouvoir à sa façon de parler ce soir, déclencha en moi des émotions que j'aurais préféré n'avoir jamais éprouvées.

Soudain, son téléphone vibra dans sa poche. Un message d'Alice.

"Désolée grand frère, je suis chez une amie. On se verra demain, promis."

Je soupire, enfonce mon téléphone dans sa poche et monta dans la voiture. C'est l'esprit embrouillé que je conduisais dans les rues de Toronto quoique ordinairement paisibles. J'accélérai, essayant en même temps de rester concentrer sur la route. Peut être qu'ainsi le tumulte dans ma tête finirait par se calmer, me dis-je. Car, cette soirée avait révélé une chose que je n'étais pas prêt d'accepter.

Chaque geste, chaque parole de Myléna au cours de ce dîner m'avait mis mal à l'aise. C'était insensé, dérangeant, et totalement inacceptable. Au delà d'être la femme de mon père, Mylena représentait tout ce que je détestais chez une femme. A part sa beauté, je doute qu'on lui trouve quoique ce soit d'intéressant. Elle est prétentieuse, superficielle, matérialiste...

Je rentrai chez moi, l'esprit encore agité par ce que j'avais ressenti ce soir. Le silence de l'appartement me fit du bien. Ici, au moins, je pouvais me concentrer sur quelque chose que je maîtrisais. Mon boulot. C'était la seule chose qui m'aidait à garder mon équilibre. Le monde de Scott Jewelry, l'entreprise familiale, m'offrait un échappatoire auquel je me suis raccroché.

Plongé dans des dossiers de marketing, je m'efforçai de me concentrer, en essayant de mettre en place de nouvelles stratégies pour élargir notre marché. L'examen des dernières ventes, la planification de la prochaine campagne de marketing, tout ça me donnait la sensation de reprendre le contrôle. Je ne pensais plus à elle, à ses gestes, à cette attirance absurde que je refusais de nourrir.

Myléna ne pouvait être qu'une distraction dans une vie bien ordonnée. Une anomalie que je devrais m'efforcer d'effacer de mes pensées. Travailler, c'était ma bouée de sauvetage. C'était là où je me sentais à ma place, là où je pouvais être Logan Scott, directeur commercial, et non Logan, le fils troublé par sa belle-mère.

Les heures passèrent, et malgré tout mon travail, une part de moi restait sur le fil du rasoir. Il fallait que je parle à quelqu'un, que je mette des mots sur ce que je ressentais, même si ça me faisait honte. Mon esprit vagabonda vers Noah. Il vivait dans le même immeuble. Après JJ, il était le seul à qui je pouvais vaguement m'ouvrir.
- Pourquoi est-ce que je réagissais ainsi ? Cette femme n'est qu'une belle façade. Rien de plus. Une femme matérialiste, intéressée par l'argent de mon père. Rien de substantiel ne se cache derrière ses airs charmants.

Un destin intriqué : A la place de ma sœur Où les histoires vivent. Découvrez maintenant