Chapitre 12

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Ce soir Embry a décidé de tout organiser pour notre soirée en amoureux. Il a voulu faire un rappel de notre premier rendez-vous, un peu comme si on fêtait notre anniversaire à tous les deux.
C'est donc avec la camionnette, gentiment prêté par Sam, que nous nous dirigeons vers le cinéma.

  - Pourquoi tu ne veux pas me dire ce qu'on va regarder ?
  - C'est une surprise.
  - Je sais, c'est parce que tu as choisis un film romantique !
  - Ça te plairait si c'était un film de ce genre ?
  - Oui, dis-je en détournant le regard.
  - Menteuse !
  - Bon d'accord, tu as raison, j'ai menti. Mais je veux que tu me le dises.
  - Non, parce que si je te le dis cela ne serait plus une surprise.
  - C'est nul...
  - Arrête de bouder, on est arrivé.
  - Oh trop bien ! Dis-je en me précipitant en dehors du véhicule, sous le rire de mon copain.

Il vient prendre ma main et nous nous dirigeons à deux vers le vendeur où Embry demande deux places pour le film « Dead end ». Surprise, je le regarde tendrement et lui sourit heureuse de son choix. Personne ne me connaît autant que lui, il sait des choses que je n'ai jamais avoué à certaines personnes.
Il me regarde heureux que sa surprise soit réussie, il embrasse mon front et nous allons prendre nos places pour être tranquille avant le début.

  - Alors, que penses-tu de mon choix de film ?
  - Je t'aime encore plus, enfin, si c'était possible. C'est la plus belle surprise que tu aurais pu me faire.
  - Je crois bien que je devrais commencer à m'inquiéter au vu de ton amour pour les films d'horreur..
  - Parce que tu n'aimes pas ça ?
  - Je n'ai pas dit ça.
  - Attends, tu n'es pas en train de sous-entendre que parce que je suis une fille je ne devrais pas aimer ça ?
  - Mais pas du tout ! Tu me prends pour qui ? Demande-t-il outré.
  - Ouais, faites attention Monsieur Call, je vous surveille de près.
  - Ouh, j'ai peur, dit-il avant de m'embrasser.

On s'embrasse langoureusement quand un raclement nous interrompt. Gêne on se sépare vite, faisant à présent face à un couple de personnes âgées. Ils s'excusent avant de nous demander si les places à nos côtés sont disponibles, c'est Embry qui leur affirme qu'elles sont libres. Moi, je suis rouge de honte et je n'ose même plus les regarder, honteuse d'avoir été surprise en pleine démonstration d'amour.
Le reste du film s'est déroulé de la meilleure des façons, Embry à mes côtés, ma main dans la sienne et nos éclats de rire à chaque apparition de zombie. Bon, c'est vrai que le plus drôle c'était les cris des personnes présentes dans la salle. Enfin surtout une réaction, le cri était tellement aigu que j'aurais jamais pensé qu'il appartenait à un jeune homme d'une trentaine d'années. C'était assez surprenant...

  - Suis moi, la soirée n'est pas encore finie.
  - Tu m'emmènes où beau brun?
  - Alors par faute de temps, je t'emmène manger un burger belle brune.
  - Je t'en supplie, épouse moi ! C'est le meilleur des cadeaux, même mieux que le film de zombies.
  - Il t'en faut vraiment peu pour être heureuse, j'adore ça chez toi. Je trouve que je t'ai plutôt bien choisi.
  - Pardon ? Ce n'est même pas toi qui m'a choisi, dis-je en rigolant.
  - Alors, si ce n'est pas moi ni toi, c'est qui ?
  - J'ai été façonnée par les dieux pour te rendre plus fort, parce qu'ils savent que sans moi tu serais une poule mouillée.
  - Lou, cours.

Je ne me fis pas prier et cours de toutes mes forces loin de lui et en direction du restaurant le plus proche. Malheureusement avec le peu de qualité athlétique que j'ai, il ne tarde pas à me rattraper. Embry m'attrape par la taille et me fait tourner dans les airs, quant à moi je rigole comme jamais auparavant. Les passants, interpellés par nos éclats de rire, s'arrêtent et nous regardent avec de grand sourire et d'autres s'amusent à nous applaudir.
Mon copain me pose sur la terre ferme avant de m'embrasser et de me serrer contre lui. Il me murmure un je t'aime avant de reprendre ma main et de nous diriger une bonne fois pour toute au lieu de rendez-vous.

  - Bonjour les jeunes, que désirez-vous ?
  - On vous prendra deux burgers avec des frites s'il vous plaît, dit-il en me regardant.
  - Très bien, et pour les boissons ?
  - Deux sodas, s'il vous plaît.
  - C'est noté, je vous apporte ça dès que tout est prêt.
  - Merci !
  - Je t'aime Lou.
  - Je t'aime aussi, mais dis-moi ce qui se passe Embry.
  - Il ne se passe rien, je te le promets.
  - Em, tu m'as dit je t'aime une centaine de fois aujourd'hui et même si je ne m'en plains pas, il y'a quelque chose qui ne vas pas.
  - J'ai peur, enfin non, je suis terrifié. Terrifié à l'idée qu'on est pas le temps de s'aimer comme il le faut ou que je n'ai pas le temps de te montrer ô combien je t'aime.
  - Mon amour, tu me le prouves tous les jours et j'aime ça, je t'aime toi. Tu as raison, le temps nous est compté alors ne perdons pas notre temps à avoir peur. Profitons du temps, de nous et de notre amour.
  - Tu es ma plus belle rencontre.
  - Je me suis maquillée, tu n'as pas le droit de me faire pleurer Embry, dis-je les larmes aux yeux.
  - Désolé ma belle.

Je lui souris pendant qu'il prend ma main dans la sienne afin d'y déposer un bisou. Nous attendons nos plats quand ma chanson préférée passe à la radio. Inconsciemment, je me mets à fredonner les paroles, Embry me regarde avec un grand sourire avant de se lever de sa chaise pour se placer devant moi, sa main tendue vers la mienne. Je le regarde sans trop comprendre ce qu'il attend de moi alors il insiste.

  - Danse avec moi.
  - Quoi ? On ne peut pas, en plus tout le monde nous regarde.
  - Personne ne nous l'interdit et on se fiche du regard des autres. Alors Madame Brook, m'accorderez-vous cette danse ?
  - D'abord, c'est Madame Call.
  - Très bien Madame Call, vous m'accompagnez pour cette danse ?
  - Avec vous, toujours.

Je lui prends la main et me lève à mon tour. Il place une de ses mains à ma taille et l'autre garde tient toujours la mienne, sans nous lâcher du regard nous commençons à danser un slow. Je ne me soucie de rien d'autre que d'Embry, les bruits n'existent plus, les clients sont un lointain souvenir, il ne reste plus que nous.
Sans nous en rendre compte, certains clients sont venus danser avec nous, tandis que les plus timides sont restés assis à applaudir et encourager la clientèle.
A la fin de la chanson, mon copain me penche sur le côté et m'embrasse amoureusement devant tout le restaurant. Cette fois-ci, tout le monde nous applaudit, je rougis et retourne m'asseoir avec un Embry mort de rire.

  - Merci, je n'aurais même pas besoin d'attendre un bal de promo pour te demander de danser avec toi.
  - Je te promets qu'on aura d'autres occasions de danser, toi et moi.
  - Je voulais vraiment te remercier Embry. Merci d'être ici avec moi et de me faire découvrir les joies d'être adulescent.
  - Adulescent ?
  - La période où tu n'es plus un adolescent mais où tu n'es pas non plus un adulte.
  - Bien trouvé, et moi aussi je suis heureux de partager tes premières fois.

Nos repas arrivent et nous mangeons tranquillement, tout en discutant mais surtout en rigolant.

Il me ramène chez moi, en me prévenant qu'il repassera dans la nuit mais qu'il devra partir tôt demain matin, pour la bataille contre les nouveaux nés. Il me rappelle également que les filles m'attendrons chez Émilie pour 9 heures, la meute a convenu qu'on serait plus en sécurité là-bas.
J'ai terriblement peur pour lui et pour le reste de la meute mais je me retiens de lui dire. Il n'a pas besoin de ça maintenant, il doit rester concentré sur son devoir. Alors, je l'embrasse et le laisse partir en courant dans la forêt pour qu'il puisse aller faire sa patrouille.

Le temps de vivre Où les histoires vivent. Découvrez maintenant