Chapitre 16

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Allongés dans la clairière, ma tête sur le torse d'Embry, nous contemplons le ciel de cette nuit étoilée. On est passé par là en début de soirée, avant d'aller chez Sam et Emilie, et pour être franche j'en suis tombée sous le charme. Alors, pour me faire plaisir mon loup à décider qu'on s'y allonge avant de rejoindre sa maison.
C'est la première fois que je suis vraiment seule avec Embry, depuis ma sortie de l'hôpital et cela me fait un bien fou. Ce dernier commence à passer sa main dans mes cheveux, tandis que de l'autre il s'amuse à entrelacer nos doigts. C'est comme un signe de nervosité chez lui, ce sont des tics qui sont arrivés peu à peu, mais maintenant j'arrive à les reconnaître, c'est donc plus facile pour moi de l'aider. Alors sans mot, je me relève, dépose un baiser sur ses lèvres et me colle contre son torse.

  - Tu penses à quoi ?
  - À nous. Je voudrais que ce moment ne finisse jamais, que le temps ralentisse ou bien qu'il s'arrête.
  - Embry, dis-moi la vérité. Est-ce que tu as peur ?
  - Non, je sais que tu es forte.
  - La vraie vérité.
  - Je suis mort de trouille. J'ai peur que tu souffres et, je suis terrorisé à l'idée de vivre sans toi. J'ai compris et j'accepte amplement ton choix, mais en ce qui me concerne, je ne suis pas sûr de pouvoir survivre à ton départ. Toi et moi, on a été créés pour s'aimer une vie entière, pas seulement une moitié d'année.. Mais, j'ai autre chose à te dire, tu seras la première à le savoir, j'ai pris la décision d'abandonner mon esprit lupin.
  - Quoi ? Et ta vie ?
  - Une vie sans toi, je n'en veux pas.
  - Je veux pas que tu abandonnes ton loup ou la meute, tes amis. Je ne veux pas en être la cause...
  - Ce n'est pas tout à fait vrai, même si cela m'a aidé dans ma prise de décision. J'ai jamais vraiment accepté ce que j'étais, je ne voyais pas le côté positif à ça, dit-il en se montrant, parce que c'était ce qui me rapprochait le plus du géniteur que je n'ai jamais connu.. Mais en m'imprégnant de toi, c'est devenu la meilleure chose de ma vie, parce que ma condition me liait à toi, et je ne pouvais rêver d'une meilleure vie. Alors non, tu n'en sera pas la cause, je le fais également pour moi.
  - Et les garçons, tu as pensé à eux ?
  - Ils sont mes amis, mes meilleurs amis. Je connais toutes les légendes Quileutes, alors rien ne changera jamais entre eux et moi, répond-t-il en me plaçant au-dessus de lui. Je t'aime, et plus vite je laisse tomber, plus vite je vieillirais et alors je te rejoindrais.
  - Non ! Je ne veux pas te voir dans l'au-delà avant tes 99 ans. Pense à ta mère Embry. Tu es la prunelle de ses yeux, que dira t-elle en voyant le corps sans vie de son fils unique ? Elle s'en voudra et ne se pardonnera jamais, parce qu'elle pensera que c'est sa faute. Alors d'accord, abandonne ton gène lupin mais je t'interdis de mettre fin à tes jours. Et là tout de suite, je veux que tu me le promettes.
  - Lou...
  - Promet le !
  - Je te le promet, je ne ferais pas de mal.

Il me sert dans ses bras avant de se lever, avec moi serrée contre lui. J'attrape sa main, et tous les deux nous prenons le chemin de sa maison, qui nous est destinée pour la soirée. Sa mère travaille toute la nuit alors elle nous a proposé de passer la soirée en amoureux. Nous arrivons rapidement devant la petite maisonnette en bois, avec une seule hâte, prendre un bon bain chaud. Embry ne tarde pas à faire couler l'eau, il se tourne vers moi et commence à me déshabiller. Je rigole en lui rappelant que je peux le faire seule mais au lieu de me répondre il m'embrasse la poitrine. Je le pousse sur le rebord de la baignoire et lui enlève ses vêtements. Une fois complètement nu, il nous fait basculer dans le bain rempli de mousse, sous nos rires à tous les deux.

  - Tu as trouvé ta robe ?
  - Oui, je l'ai enfin trouvée ! Ce matin avec les filles et nos mères, nous sommes allées dans une petite boutique pas loin de Port Angeles, tu aurais vu les robes, elles étaient toutes magnifiques. Mais, c'est Rosalie qui a trouvé la mienne, et ça à tout de suite été un coup de cœur. Si tu savais comment elle est sublime.
  - Vas-y, dis-moi en plus.
  - Non, je ne me ferais pas avoir ! C'est un secret ultra confidentiel.
  - D'accord, et bien je vais l'imaginer moi-même, dit-il en faisant semblant de réfléchir. Ah non, la seule chose qui me vient c'est ton corps nu. Pas que cela me déplaise, loin de là, mais je préfère quand on est que deux, si tu vois ce que veux dire.
  - C'est bête, je voulais que ce soit le thème de notre mariage. Le nudisme, t'aimes pas l'idée ?
  - Non ! Absolument pas !
  - Bon d'accord, je dirai à Rosalie de remettre du tissu sur la robe.
  - Oui, et très vite.
  - T'es nul. Et toi, ton costume il en est où ?
  - Les retouches ont été faites, et je l'ai récupéré ce matin aussi.
  - Oh.
  - Oublie, il est chez Sam.
  - Doublement nul..
  - Allez, arrête de bouder et embrasse-moi.
  - Demander si gentiment, je ne peux refuser.

Nous nous embrassons langoureusement et très vite nous nous retrouvons dans sa chambre, lui allongé sur le dos, moi au-dessus. Une nouvelle fois, nous laissons nos corps s'embrasser pour notre plus grand plaisir. Le silence qu'offrait autrefois la maison est vite coupé par nos gémissements de bonheur.

Le lendemain, après un bon petit déjeuner préparé par mon loup, nous rejoignons mes parents et nos amis, chez l'alpha. La mère d'Embry nous rejoindra plus tard, le temps de rentrer et de se reposer un peu avant le début des préparatifs. Car oui, aujourd'hui nous préparons tout, la cérémonie, la décoration, les tables, en gros la totale.
À notre arrivée, il y a déjà notre arche sur la plage ainsi que l'allée de banc qui s'étend de l'orée du bois à la plage. Au loin, j'aperçois Alice et Rosalie, des troncs d'arbres dans chaque bras. Heureusement que mes parents ne regardent pas dans cette direction, je ne saurais comment leur expliquer. Les filles du docteur Cullen m'ont appelée pour me proposer leur aide et bien évidemment, après l'accord d'Embry pour que les filles puissent passer le territoire Quileutes, j'ai accepté. Trop heureuse d'avoir Rosalie à mes côtés et bien sûr Alice, notre décoratrice. Nous nous sommes beaucoup rapprochées toutes les trois, même si j'ai plus d'affinité avec la blonde, au grand désespoir des garçons de la meute. Pour eux, elle était la pire des garces, la pire des Cullen, mais pour moi et malgré tout son ressentiment pour elle, Embry à fait le premier pas. Très vite suivi des autres, et, au grand étonnement de tout le monde, Paul aussi est allé vers elle. Contrairement à la meute, les filles ont très rapidement tissé des liens avec les Cullen, elles se sont trouvées pas mal de points communs, comme quoi il n'y a pas de grande différence entre eux et nous.
En nous voyant là, Alice me saute dans les bras suivis de près par Eden, ralentis par son beau ventre de femme enceinte. Emilie et Kim, ne tardent pas non plus à nous rejoindre, laissant ce pauvre Jared se faire remonter les bretelles par Rosalie. On se moque tous de la tête du loup, on dirait un enfant de 4 ans qui se fait gronder par sa maman. En nous entendant rire, celui-ci relève sa tête et nous fonce dessus. Une fois arrivé à ma hauteur, il me prend dans ses bras, me faisant voler.

  - C'est censé être moi ton meilleur pote, dit Embry en regardant Jared.
  - Je dois te dire la vérité. C'est difficile à dire mais tu es grand maintenant et je sais que tu peux l'entendre. Embry, je préfère Lou. Non, non, ne me regarde pas ! C'est déjà une situation horrible, je ne pourrais le supporter, dit-il une main sur le cœur, tête baissée.
  - T'es un con.
  - Du respect, jeune fille ! Je te ferai signaler que je t'ai choisis, toi.
  - Mais je ne te l'ai pas demandé.
  - Je reviens sur ce que j'ai dit, Embry, c'est toi mon préféré. Vient me prendre dans tes gros bras.
  - J'en ai plus très envie.
  - Monsieur Brook, mon cœur est meurtri...
  - Viens là mon garçon.

Mon père, mort de rire, lui ouvre grandement ses bras et le brun s'y jette, faisant semblant de pleurer. Nous explosions de rire face à la situation, voir mon père comme ça, fait redoubler mon hilarité. Après un dernier regard à ça, Emile nous invite à entrer boire un coup. Je commence à suivre la marche mais Embry me retient par la main, il m'avertit qu'il rejoint les garçons pour voir s' il peut les aider. Je l'embrasse et part rejoindre les filles qui m'attendent non loin de là. Rosalie, la plus proche de moi, vient placer son bras au-dessus de mon épaule et me charrie sur le fait que je rougis encore quand mon copain m'embrasse. Je lui tire la langue et prend place autour de la table, je m'assois entre ma mère et la blonde, venue s'asseoir à mes côtés. Je remercie l'hôte de cette maison quand celle-ci me tend une tasse de thé. Nous discutons de tout et n'importe quoi, avant de nous attaquer aux derniers préparatifs.

  - Tout ce que j'espère, c'est qu'il ne pleuve pas demain.
  - Au contraire, qui dit mariage pluvieux, dit mariage heureux, me sourit la mère d'Embry qui venait d'arriver.
  - Ce mariage sera merveilleux !
  - Alice à toujours raison, c'est la règle d'or.
  - Très bien, alors allons fignoler les derniers détails, m'encourage Eden, une main dans mon dos.

Le temps de vivre Où les histoires vivent. Découvrez maintenant