Tu vas bien ?
Ça va... c'est le monde de Pinocchio qui m'a fatigué. Mais s'il te plaît, autant que possible, ne te comporte pas comme un idiot.
Non, sérieusement, tu vas bien ?
Je vais toujours bien.
Mauvaise réponse, dis-moi ce qu'il se passe...
Je suis obligé d'en parler ? Parce que de tout ce que j'ai pu raconter depuis le début, je pense que celui-là est le plus dur à exprimer.
Écoute, j'ai plus rien dit depuis la Jungle Profonde, où j'ai essayé de savoir pourquoi les disputes te touchaient personnellement, et j'en ai conclu que c'était pas le moment.
Mais là, je me dis que c'est le moment d'en parler, et tu ne peux pas rester comme ça non plus.
Disons que Riku, dans le dernier monde, m'a rappelé mon frère.
Ton frère ? Il a fait quoi pour que ça te mette comme ça ?
Je ne peux pas le dire, car j'ai peur de me faire juger.
Il n'y a que les idiots qui jugent, et même ceux qui disent que "les autres jugent" jugent aussi.
Mais si tu trouves les mots pour dire ce que tu ressens à propos de lui, c'est comme ça que tu pourras "tuer le frère".
Enfin, façon de parler. Mais tu vois ce que je veux dire.
Mon frère, c'est quelqu'un en qui j'avais entièrement confiance, avec qui j'avais envie d'avancer. Pour moi, c'était mon modèle à suivre.
C'est lui qui parlait pour moi quand j'arrivais pas à m'exprimer, qui me poussait à avancer, mais qui restait derrière moi pour m'aider.
C'est aussi avec lui que j'ai fait le plus de choses : nos premières séances de cinéma seuls, sans les parents, ou des sorties avec des amis.
Je me souviens de la première et seule fois où on s'est disputés. Ce jour-là, il m'a dit un mot blessant, mais je n'ai jamais répondu, parce que je ne voulais plus jamais qu'on se dispute.
En grandissant, on s'était promis de rester en contact régulièrement pour garder ce lien, parce qu'il n'y avait que lui, en plus de nos parents, à qui je racontais toutes mes angoisses et mes doutes.
À peine dit ça, il était déjà loin. Et bizarrement, je n'ai pas pleuré quand il est parti, mais je savais qu'il serait bien entouré.
On a connu des "c'est triste de ne plus vous voir ensemble car vous étiez si proches, mais ce n'est pas grave, vous vous retrouverez souvent".
Mais sur mon téléphone, c'est devenu un simple numéro et les circonstances ont voulu que je prenne mes distances avec lui. Parce que je ne peux pas accepter certaines choses... parce que si j'acceptais ça, ce serait comme si je mentais ouvertement.
Depuis ce moment-là, j'ai eu une énorme angoisse et une crise existentielle. Ce qui me rend triste, c'est que je n'avais jamais fait d'angoisse à cause de quelqu'un. D'habitude, c'était à cause de quelque chose.
Ça m'a tellement affecté que je n'avais plus envie de rien. Plus envie de travailler, de me faire plaisir, de voir du monde...
J'ai eu un énorme vide, au point de ne plus savoir ce que je valais, ni comment je vais.
Et une énorme culpabilité, parce que je n'arrive pas à accepter ce changement...
Pourtant, j'ai essayé de lui parler**. J**'ai essayé de m'intéresser à ce qu'il devenait. C'était compliqué.
Je n'aimais pas du tout, alors j'ai essayé de rigoler pour que l'ambiance ne soit pas pesante. J'ai raté.
Mais je n'ai pas envie qu'on me dise que je n'ai rien fait pour que ça s'arrange. Parce que ce n'est pas vrai...
Au début du texte tu m'a dit qu'il fallait que je tue le frère J'aurais bien voulu le faire pendant les dernières fois où je te voyais mais j'ai pas réussi... puis les choses on changer... mais bon comme là on se parle plus... il peut pas me répondre...
Du coup, est-ce que ça va ?
Je pense que je vais bien. J'ai été un peu absent pendant un temps, et maintenant, me revoilà.
Que t'est-il arrivé ?
Heu...
Ok, j'ai compris, mauvaise question. Alors, il s'appelait comment ?
Je suis sûr que j'ai autre chose à faire, je ferais mieux de m'en aller.
Tu fuis encore tes problèmes ?
Non, pas du tout... j'avance, malgré moi.
Tout a une fin, et c'est toujours triste, c'est tout...
Il y a plusieurs années, je m'étais fait une promesse. Et il s'est passé quelque chose avec lui, qui m'a beaucoup affecté, et ça a brisé cette promesse.
Mais heureusement, tout recommence. Et c'est... toujours un bonheur.
Je dirais à ceux qui s'inquiètent pour moi : continuez de le faire, je m'occuperai du reste.
Hé Théo... trouve quelqu'un à qui parler, pour ne pas oublier de garder les pieds sur terre...
Et faut surtout pas oublier que tu n'es pas seul.
...
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Moi et moi...
Ficção GeralDes fois, juste parler suffit pour dire ce qu'on ressent. Et d'autres fois, replonger dans ses souvenirs de jeu, ça aide encore plus. Note à moi-même : j'ai enfin trouvé un meilleur titre, c'est trop biiiien ! Le jeu et les personnages appartiennent...
