Dis-moi, pourquoi es-tu revenu sur ce jeu en particulier ?
Au-delà de la nostalgie liée aux classiques Disney, il m'arrive d'y rejouer encore et encore pour analyser ce que Sora apprend tout au long de son aventure. En m'y replongeant, j'avais l'impression d'assister à une lente transformation pour me relever, avec l'aide de guides. Une lutte intérieure, tout en faisant face à ce qui me hantait depuis longtemps, ce qui m'a amené à remettre en question mes convictions. Un chemin qui allait me marquer et me changer, tout en me donnant une certaine force, me permettant d'aller de l'avant et surtout, sans renier ce que je suis, de devenir une nouvelle personne, plus mature... et plus sage... Mais j'y retourne surtout pour me replonger dans une époque où tout semblait plus simple, même si j'ai découvert ce jeu assez tardivement dans mon enfance. Et je n'ai pas le souvenir qu'un autre jeu m'ait fait le même effet...
Bon, maintenant que tu as fini le jeu, je pense qu'il est temps que j'y aille.
— Non... Reste là. Tu ne peux pas partir, j'ai encore besoin de toi...
— Si je reste, tu n'avanceras jamais. C'est ce que tu veux ?
— Non...
— Dis-moi, combien de fois as-tu pleuré ?
— Je ne sais pas du tout...
— Pour quelles raisons différentes ? Es-tu mort en les surmontant ? T'es-tu déjà noyé émotionnellement ? Qu'as-tu appris durant tout ce temps ?
Ce que j'ai appris...
J'ai appris qu'en allant là où l'on va, tout n'a pas besoin d'être rationnel ou logique.
Que la bizarrerie peut nous aider à voir les choses différemment. Accepter un changement qui peut faire mal ne peut que nous faire du bien, mais ne doit pas nous faire oublier d'où l'on vient.
Dans la vie, on n'a pas toujours ce qu'on veut.
Mais quand j'ai décidé d'écrire pour essayer d'aller mieux, j'ai commencé à croire en beaucoup de choses.
J'ai compris qu'on pouvait avancer à son propre rythme tout en n'oubliant pas qui on est.
Que l'échec n'est pas une finalité, mais qu'il ne doit pas nous empêcher de progresser.
J'ai appris à voir au-delà de ce que l'on voit.
Que pour vaincre nos peines, il faut savoir voir nos amis,
et que pour les surmonter, il faut surtout le faire par la force de son cœur.
J'ai vu qu'un ami peut être plus attaché qu'un frère,
qu'il sera là dans les moments de détresse,
même quand on se convainc d'être une mauvaise personne.
Je me suis souvenu que parfois, on a besoin d'une pause, en nous autorisant à ne rien faire pour se retrouver,
même juste pour un petit moment.
Qu'il ne faut pas avoir peur de montrer sa fragilité, les autres aussi peuvent pleurer pour moi,
pour m'aider à découvrir que je n'étais pas le seul à me sentir si seul.
J'ai d'ailleurs découvert que mon attachement pour mes amis était bien plus fort
que n'importe quelle place remplaçable dans une salle ou à travers un rêve.
Qu'on peut faire beaucoup de choses par amitié ou par amour,
même quand on ne se sent pas digne d'être aimé.
Même dans le ventre d'une baleine,
la confiance et l'assurance doivent se gagner.
Qu'on doit donner une voix à ce qu'on aime,
et une âme faite de ce qu'on fait de mieux, pour ne jamais sombrer.
Telle la myosotis,
nous devons croire et garder la mémoire
de ce qu'un cœur peut faire quand il est entouré.
Garder les liens.
Se rappeler des gens qui sont là,
et de ceux qui ne le sont plus.
Et garder en tête que nous sommes plusieurs personnes tout au long de notre vie —
et ça, c'est ce qui fait de nous des êtres vivants.
— Ça en fait, des choses apprises, en une seule aventure.
— Oui, tu l'as dit... Mais j'ai l'impression que je ne vais jamais tenir, même après avoir appris tout ça.
— Tu penses quoi quand tu vois les autres ?
— Ils ont l'air heureux...
— Oui... Tu as raison, ils le sont. Laisse-moi te donner un conseil : n'abandonne pas.
Parce que sinon, toutes les personnes qui te connaissent, de près ou de loin, seraient très tristes.
— N'ai-je pas le droit d'avoir la paix ? De me reposer ?
— Bien sûr que si. C'est à toi de décider. Uniquement toi. Je comprendrai.
— Non, tu ne comprends pas. Tu n'es pas vraiment là. Tu n'es qu'un reflet de moi-même.
Je pourrais te remplir de tant de souvenirs que tu aurais du mal à les contenir.
Ce que je te dirais te ferait mal.
Tu sais ce que c'est, une vie comme ça ?
C'est souvent un champ de bataille.
Et après... On ressent un énorme vide.
Parce qu'on a essayé de surmonter l'angoisse du moment.
...
Merci.
Merci pour tout ce que tu as fait depuis le début.
Pour la suite et la fin, je vais devoir le faire seul.
...
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Moi et moi...
General FictionDes fois, juste parler suffit pour dire ce qu'on ressent. Et d'autres fois, replonger dans ses souvenirs de jeu, ça aide encore plus. Note à moi-même : j'ai enfin trouvé un meilleur titre, c'est trop biiiien ! Le jeu et les personnages appartiennent...
