Etre courageux...

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C'est sûr, oui. Il s'est passé beaucoup de choses, c'était un sacré bazar.
Les ténèbres qui arrivent dans les mondes viennent de cette serrure, et le seul moyen de la sceller, c'est avec la Keyblade. Mais qui sait ce qui va se passer une fois que ce sera fait... Bon, j'imagine que Sora voudra sauver Riku. J'ai compris que sa Keyblade était née des princesses de Cœur capturées, comme la serrure. Mais sans celui de Kairi, elle est incomplète. Une fois cette Keyblade détruite, leurs cœurs ont été libérés. Il ne reste plus qu'à sauver Riku.
— Tu es sûr que tu peux le sauver ?
— On cherchait Kairi partout et on a fini par la retrouver. On peut très bien le faire avec lui, même après tout ce qu'il a fait.
Pfff... excuse-moi, je suis fatigué.
— Regarde-moi ça, c'est la première fois que je t'entends dire ça.
— Oui, bah, au bout d'un moment, il faut que je le dise, parce que c'est vrai... Je pourrais très bien arrêter ce que je fais, comme ça, ça réglerait peut-être le problème. Mais je suis obligé de le faire pour essayer d'avancer. Ça fait quoi de moi ?
— Tu l'as oublié ?
— Oui, peut-être...
— Quelqu'un de courageux. N'importe qui peut l'être pour surmonter sa peur, du moment qu'il est inspiré par quelqu'un.
— Qu'est-ce que je doit faire alors ?
— Ce que tu as toujours fait : être courageux et fort.
— Tu as dit qu'après une grande décision, tu avais fait une promesse. Quelle était cette promesse ?
— Jamais de cruauté, jamais de lâcheté... Jamais abandonner, jamais se rendre... Qui es-tu ?
— Aaah, enfin tu me poses cette question ! Tu en as mis du temps !
— Réponds à ma question : qui es-tu ?
— Je suis, comme qui dirait, ta conscience. Ou, pour faire plus simple... toi. Salut !
Oooh, regarde-toi : tout seul à parler entre moi et moi... Ça ferait un super titre !
— Non, ce n'est pas possible. Ça impliquerait que je sois dans un état tellement lamentable que je me mettrais à... et donc... je me retrouve comme ça...
C'est impossible ! À moins que... Non... Arrête ça !
c'EsT iMpOsSiBlE ! à MoInS qUe... NoN... aRrÊtE çA...!
— Tu n'as jamais été là quand j'étais vraiment dans le mal.
— J'ai toujours été présent quand il le fallait. Il y a beaucoup de moments dans ta vie où je savais que tu n'avais pas besoin de moi. Si je ne me montrais pas, c'était pour que tu arrives à te débrouiller, avec ou sans moi. Et puis... tu ne sais pas à quel point c'est dur d'être toi. Enfin... nous, plutôt, vu qu'on est pareils. Tu ne sais pas non plus à quel point c'est le bazar dans ta tête. Le décor a tellement changé, et j'ai eu plusieurs physiques au fur et à mesure qu'on parlait.
Excuse-moi... J'ai tellement l'habitude de parler tout seul que j'ai pris peur sur le coup. Mais maintenant, je comprends mieux pourquoi, dans les textes d'avant, tu arrivais à entendre ce que je pensais, ou pourquoi dans d'autres tu ne répondais pas à mes questions. Et dans certains, tu essayais même de me pousser un peu.
— Comment tu en es arrivé là ?
— On est la même personne, tu devrais le savoir, non ?
— Oui, mais ça dépend de si tu veux en parler.
— Une grosse baisse de moral... mais c'est compliqué à expliquer.
Ça me fait penser à une scène du jeu dont tu n'as pas encore parlé. À un moment, tu retournes dans la Ville de Traverse, dans une grotte secrète. On y vient pour une petite quête, mais c'est aussi là qu'on retrouve Kairi. Elle nous parle encore d'une histoire de sa grand-mère : la lumière au bout du tunnel. Sora l'a cherchée partout, et pourtant elle était toujours avec lui. Ils ont quand même réussi à se retrouver.
Je me demande si je retrouverai autant de couleurs à l'avenir.
— Évidemment que oui. Comme quand Sora a été plongé dans les ténèbres : tu étais dans une chute sans fin, une noyade. Tu ne savais plus qui tu étais, ni même si tes amis existaient encore. Tu étais en train de sombrer. Mais la fidélité et la loyauté des autres t'ont aidé à remonter la pente.
C'est vrai... je ne voulais pas oublier. Personne n'est une île, on est tous reliés. Nos regards et nos rencontres font de nous ce qu'on est. On grandit essentiellement grâce à ceux qui restent à nos côtés. Cette lumière a traversé les ténèbres, et je crois que c'est en partie ça qui m'a aidé.
— Donc, on y va ?
— Oui. Mais Kairi veut venir avec nous pour sauver Riku. Il refuse, mais elle rétorque qu'ils ont toujours fait équipe jusque-là. Cette fois, pourtant, c'est non. Alors elle nous offre son porte-bonheur, en nous faisant la tendre promesse de le lui rendre, comme si elle restait à nos côtés pour nous encourager.
Tu veux une anecdote dont je n'ai pas encore parlé, quand on était sur l'Île du Destin ? Il y a un fruit en forme d'étoile, qui s'appelle le fruit Paopou. La légende dit que si deux personnes se le partagent, leurs destinées seront liées à jamais.
— C'est sympa comme légende, presque poétique.
— Je trouve aussi, même si je reste sceptique sur ce genre de choses.
— Oui, mais parfois ça peut donner de l'assurance pour certaines choses... même de grandes choses...
Bon, il est temps d'y aller...
— Je t'aime... Théo.
Je ne dis jamais ces choses-là...
Non, mais je l'ai dit, moi.
Je devrais le dire aux autres !
Tu ne le leur dis jamais, mais ils le savent...
...
Bon... on y retourne !

Moi et moi...Des histoires addictives. Découvrez maintenant