Chapitre 24 : En boucle

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Bonjour à
tous. Très bonne lecture dans la
joie et la bonne humeur
ou pas.
☀︎❅

Chose promise, chose faite😌.

Désolée pour l'attente, mes pépites — et encore merci pour votre patience. Le prochain chapitre ne devrait pas tarder. J'espère de tout cœur que celui-ci vous plaira. 🤍✨




❀❀❀❀☀︎

Trois semaines plus tard.
Seizième écho de la huitième heure — Arkadia, Capitale de Luneris.


Trois semaines. Trois longues semaines reclu entre quatre murailles. Jamais je n'aurais cru pouvoir si bien vivre l'enfermement.

Enfin, dire l'avoir bien vécu relève sans doute de l'exagération. Car, en vérité, l'enfermement reste l'enfermement — une chaîne posée sur la liberté. On ne peut guère prétendre le vivre bien.

Disons plutôt qu'on s'y accoutume.

Je m'y suis accoutumé. J'ai enduré vingt et un jours et j'entame même le vingt-deuxième.

Enfin, là encore, je dis ''vingt et un jours'', mais non. Les premiers furent terriblement pénibles. Dès que la porte s'est refermée, mes genoux ont cédé. Je ne sais même pas combien de temps je suis resté ainsi, prosterné contre la pierre. Peut-être des heures. Peut-être plus.— C'était si long que j'ai cru avoir traversé des jours entiers.— Je me suis retenu, encore et encore, jusqu'à épuiser mes nerfs. Mais il est toujours une limite, et j'ai fini par craquer.

Ce n'étaient guère des sanglots, ni des cris qu'on jette dans l'air quand la colère se déchaîne.

Ce furent ces larmes.

Oui, ce furent encore elles. Celles qui s'écoulent sans qu'on les appelle, parce que l'intérieur ne tient plus. Celles qu'expulse le corps lorsqu'il ne sait plus comment contenir la douleur.

Je ne pouvais hurler à l'aide, je ne pouvais frapper les murs ni même secouer la porte. À quoi bon ? Personne n'aurait entendu, personne n'aurait ouvert. Et au fond, je savais que si je laissais jaillir toute ma détresse, je n'aurais plus rien pour tenir ensuite. Alors mon corps a choisi pour moi. Il a laissé échapper le nécessaire. Il a laissé filer la douleur par mes yeux, en silence.

Et ce silence a duré.

Plus de trois jours se sont écoulés sans que je ne fasse rien. Trois jours sans force, sans envie, pas même celle de me laver ou de porter une bouchée à ma bouche.

Je renvoyais les plateaux intacts.

Je me persuadais qu'en me sachant affamé, il finirait par réagir. Qu'il viendrait, qu'il ouvrirait cette porte. Et même s'il l'avait fait après m'avoir réprimandé ou battu, au moins il m'aurait tiré de cet endroit.

Il n'est jamais venu.

Le plus dur fut ce sentiment de déjà-vu.

Celui qui rouvre des plaies anciennes. Cette impression de revivre la même chute dans les mêmes profondeurs.

Je me suis posé encore et encore la même question. « Pourquoi ».

Pourquoi chacun de mes faits et gestes me ramène toujours aux mêmes portes verrouillées. Pourquoi chaque fois qu'on me laisse croire que j'avance, on me rejette en arrière.

Ces premiers jours furent un supplice, oui. Non parce que ma nouvelle cage était trop étroite, mais parce que je savais déjà ce qu'elle contenait.— La répétition, l'impuissance, la certitude que je ne déciderai jamais rien pour moi-même.

「 ✦𝐀*𝐙*𝐔*𝐑✦ 」Des histoires addictives. Découvrez maintenant