Chapitre 19 :

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Quand nous sommes revenus dans le véhicule en direction de la conférence de presse, je n'ai pas pu cacher mon stress. Atlas l'a remarqué et a lancé une remarque arrogante :

- Tu sais, parasite, je suis extrêmement connu. Il y aura beaucoup de gens, mais pas besoin de stresser pour ça.

Je ne lui ai pas répondu, trop occupée à défaire les nœuds qui s'étaient formés dans mon estomac. Voyant que je ne réagissais pas, il souffla et sortit une cigarette. Puis il ajouta :

- Je suis beau, très beau aussi. Tu recevras beaucoup de haine, c'est logique, ça sera sur Internet, mais pas besoin de stresser pour ça non plus.

J'avais envie de lui répondre que je m'en fichais, mais tout ce à quoi je pensais, c'était Liam Gate, mon fameux ex. Tout au long du trajet, j'avais essayé de me convaincre que ce n'était pas lui, qu'il existait un autre homme avec le même prénom et le même nom de famille. Après tout, les États-Unis, c'est grand, non ? Et ce n'est pas un nom très original...

Nous avons pris nos places. À ma gauche, Simon Mancini, mon cher cousin que j'aime de tout mon cœur, et à ma droite... Liam Gate, mon ex. Et en face de nous, sur cette grande estrade moderne, avec en arrière-plan le symbole de l'entreprise des Elizi, mon fiancé.

Je fais semblant d'aller bien, gardant un visage aussi inexpressif que d'habitude, mais à l'intérieur, je suis en panique. Je me suis assise il y a cinq minutes, seule à ma place. Simon est alors apparu avec un grand sourire, me complimentant tout en me taclant comme d'habitude. Et puis... mon ex est arrivé.

Mon estomac s'est noué.

Il m'a reconnue, je le sais, mais il n'a rien dit. Il s'est juste assis à côté de moi, en silence, ce qui était encore plus déconcertant.

J'ai fait quoi pour être ici, à cet instant, dans cette position, entre ces trois hommes ?! Je veux dire, ok, j'ai peut-être ôté la vie de dizaines... bon, vingt, ou peut-être une quarantaine de personnes, je ne sais pas, je ne compte pas. Je n'ai aucun droit d'ôter la vie d'autrui, mais ce n'est pas de ma faute ! C'est ma destinée, non ? Alors pourquoi me mettre dans une situation pareille ?!

- Il tuo ex alla tua destra e il tuo fidanzato davanti a te... beh, cugina, non vorrei essere nei tuoi panni, me chuchote Simon. (Ton ex à ta droite et ton fiancé en face de toi... bien cousine, je ne voudrais pas être à ta place.)

Je lui lance un regard noir. Il sourit, amusé. Simon est assis à côté de moi, vêtu d'un ensemble bleu marine avec une chemise blanche et une cravate assortie. Ses cheveux blonds tirés en arrière, ses yeux bleus... tout dans son allure crie « PDG super riche et célèbre, hautain et mesquin, de New York ».

- Stai zitto, Simon ! (Tais-toi, Simon !), dis-je en chuchotant, mais pas assez fort.

- Tu as toujours un aussi beau timbre de voix quand tu parles italien, Ana... je veux dire Amaya, murmure Liam. Sa voix a mué, mais je pourrais la reconnaître entre des milliers de voix.

Je pose mes yeux sur lui : ses yeux bleus, sa barbe de deux jours bien taillée, ses cheveux toujours lisses et soyeux, ses lèvres pleines de mensonges, qui ont été la clé de ma destruction.

- Je pensais que tu allais continuer à m'ignorer, dis-je d'un ton froid. Je crois que même la pourriture ne pourrait pas me battre.

- Je n'arrivais juste pas à croire que la femme à côté de moi soit la jeune fille avec qui je sortais au lycée, m'avoue Liam.

La pourriture va commencer cette conférence, je le vois rajuster son costume sans me quitter du regard pendant que Liam me parle.

- Écoute, on a évolué sur des chemins différents, grandis et évolués, répondis-je simplement.

AtlasOù les histoires vivent. Découvrez maintenant