— Anw mon bébé, je t'ai manqué, pas vrai ! Je lui frotte derrière les oreilles ainsi que son pelage entier vigoureusement, moi aussi tu m'avais manqué !
Retrouver ma chienne, l'odeur de la maison, me fait du bien. L'atmosphère à l'intérieur de l'avion était étouffante, Dieu merci, après l'atterrissage tout le monde a pris une voiture différente pour rentrer chez soi.
Cela m'a aussi permis de faire un détour au lac pour fumer mes vogues, ne laisser aucune trace de l'odeur. J'ai mis mes idées au clair, essayé de relativiser les événements de ces derniers mois, mais Hélios a été la goutte qui a fait déborder le vase.
— Bianca est plus que joyeuse de te voir, ma puce.
— Oh salut maman, je me relève pour l'embrasser, et oui bien sûr je suis sa préférée dans cette famille.
Ma mère roule les yeux face à mon arrogance.
— Je ne t'ai pas élevée ainsi, tu dois tenir ça de ton père.
Malgré ses talons, je la surplombe, ça me fait du bien. J'ai passé ces derniers jours entourée de géants. Malgré ma grande taille, je suis la plus petite de mes cousins, ça a été un complexe pendant quelques années, à présent c'est un avantage.
— En parlant de papa, j'aimerais connaître la raison de ce rassemblement si précipité.
— Tu le sauras tout à l'heure, répliqua ma mère.
Je fronce les sourcils, pourquoi pas maintenant, ça va changer quoi ? Elle ne me cache rien d'habitude.
— Dis-le-moi maintenant, cela ne changera rien.
— Je t'ai dit tout à l'heure, Amaya.
Son ton est ferme, cela ne me surprend qu'à moitié. Quand on parle de la famille, elle devient sur la défensive. Je ne m'attarde pas plus sur ça.
— Ok, ok, sinon Alès est là ?
— Non, il est avec ton père, elle jette un coup d'œil vers son poignet, ils devraient bientôt rentrer. Vu l'heure, on devrait aller commencer à se préparer pour ce soir.
— Tu as raison.
Je suis arrivée à San Francisco à onze heures, mon petit détour m'a pris trois heures donc logiquement il doit être quinze heures. Si je ne me trompe pas, la soirée commence à dix-huit heures trente. J'ai encore du temps devant moi.
M'échappant de l'agitation présente dans la maison, j'entre dans ma chambre sans penser à rien de précis, et c'est là que je la vois.
Sur mon lit.
La robe que je vais porter ce soir, elle est étendue comme si elle avait toujours été là, comme si elle m'attendait. Le bleu profond du tissu tranche avec la clarté des draps, et pendant une seconde, j'ai l'impression qu'elle a volé un morceau de la nuit pour venir se poser ici. Je reste immobile, incapable d'avancer, comme si le moindre pas risquait de rompre quelque chose.
Elle est bien plus couvrante que celles que je porte d'habitude, je suppose que ma mère a pris en considération la présence de la nonna.
Je m'approche d'elle pour la regarder de plus près. Les plis sont fins, presque vivants. Même immobile, la robe semble prête à bouger. Les longs pans de tissu glissent sur les côtés du lit, abandonnés, mais parfaitement à leur place. Ce n'est pas une robe qu'on enfile à la légère. Elle exige qu'on la regarde. Qu'on l'écoute.
Je m'approche encore plus, la touche. Et je comprends que ce soir, ce n'est pas moi qui vais choisir la robe.
C'est elle qui m'a choisie.
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Atlas
Romance"L'effet papillon est défini comme une chaîne d'événements qui se suivent les uns les autres et dont le précédent influe sur le suivant. Ainsi, on part d'un événement insignifiant au début de la chaîne pour arriver à une chose catastrophique la plup...
