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Interroger les prisonniers.

*

Il me fallut une dizaine de minute pour que ma poitrine cesse de me peser, que mes lèvres et mes doigts arrêtent de trembler et que mes jambes retrouvent une certaine stabilité. Harry s'excusa à plusieurs reprises, même s'il prononçait ses "pardon" entre deux crises de rires. Des excuses qui perdaient tous leurs sens d'ailleurs.

Harry insista sur le fait que l'avoir touché ne l'avait pas éliminé et que je devais donc recommencer pour gagner. Il continuait de résister jusqu'à ce que je me mette à sa poursuite. Mon souffle était robuste comme je joggai derrière lui. J'en avais littéralement ras le bol d'être mortellement lente, alors je commençais à sprinter avec toute l'énergie que je possédais. Je précipitai dans les airs, saisis son tee-shirt et ses genoux dégringolèrent sous lui et il tomba à terre. Je secouai la tête et m'assis sur son dos, mes jambes de chaque côté de lui. Je tapotai légèrement l'arrière de son cou et riais avant de marmonner :

"Je crois que tu es officiellement éliminé." Il ne bougea pas, et ne répondit que par un léger grognement. Je levai ma jambe droite et m'assis dans l'herbe près de lui. Quand il sortit enfin sa tête de l'herbe, du sang coulait le long de son front et j'ouvris immédiatement les yeux en grands. Je baissai les yeux là où son visage était et vis une pierre. Ses yeux devinrent humide et il mâcha sa lèvre presque machinalement.

"Je crois que j'ai heurté un cailloux," il marmonna avant de baisser les yeux pour regarder le sol.

Je me levais aussitôt et lui demanda de faire de même et de marcher avec moi. Il évita tout contact visuel avec moi et continua d'acquiescer dès que je lui posais une question. Nous trouvâmes Mr. Davids qui emmena Harry afin de nettoyer sa plaie. Je me retrouvais seule, alors je finis par marcher jusqu'à la "prison" où Oliver gardait les otages du jeu (et était également un otage, grâce à moi).

"Tu viens t'excuser, je présume? Je ne veux rien entendre." pleurnicha Oliver, le nez bien en l'air et je ne pus m'empêcher de me moquer de lui.

"Je viens me réjouir, en fait," annonçai-je en riant.

"Alors," sa voix baissa d'un ton et sa tête reposait sur le bois du réverbère qui nous surplombait, "Je suppose que tu ne l'as pas marqué." Je sentis une soudaine chaleur envahir mes joues.

"Quoi? Qui?" bégayai-je.

"Harry." Qu'est qu'Harry avait pu dire à Oliver? Est-ce qu'Oliver pense que je suis facile? Je ne laisserai jamais personne penser que je suis de ce genre.

"Je l'ai marqué, en fait. Avec peut-être un peu trop d'entrain," me vantai-je comme si j'étais sure de moi et pas du tout en train de me consumer de l'intérieur. "J'ai dû le faire tomber."

Il laissa échapper un rire qui ressemblait à un "ho-ho", et il sourit brillamment. "Alors pourquoi tu es en train de me parler en ce moment même et pas à lui?"

"Euh, uhm," Je baissai mon regard, "sa tête a heurté une pierre." Je fus surprise d'entendre Oliver éclater de rire.

"Oh mon dieu. Oh, mon dieu. Est-ce qu'il a pleuré?" Mes yeux s'ouvrirent en grand et je lui donnai un coup de coude dans l'estomac, gagnant un grognement de sa part.

"C'est pas cool de ta part de demander un truc pareil !" dis-je alors qu'il se redressa après s'être plié sous mon coup.

"Donc il a pleuré."

"Oliver Marie Andrews !"

"Marie n'est pas mon deuxième prénom."

"Ah ouais? C'est quoi dans ce cas?"

Cabin Three - VFOù les histoires vivent. Découvrez maintenant