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Arès envahit le camp.

***

"OK, voici mon idée, Joey."

"Je ne m'appelle pas Joey."

"Mais "Jess" et "idée" de rime pas ensemble."

"Mais ce n'est pas mon prénom, Harry."

"OK, on peut discuter de ce genre de détails pendant que la forêt entière s'engloutit dans le feu et le soufre. Tu voudrais peut-être que je te dessine mon plan aussi?" dit-il un peu trop fort.

Je fis une pause. "Je suis sure qu'il n'y a pas de soufre, Harry."

Il soupira, exaspéré, avant de s'attraper les cheveux et de se pencher en avant, tiraillant sur ses boucles brunes sans cesser de marmonner. "Nom de Dieu."

"Peut-être que le scotch était une bonne idée," soufflai-je en me penchant à mon tour pour croiser son regard.

Il n'ouvrit pas les yeux tout de suite, alors je décidais de le faire à sa place.

Je plaçai une main sur son front et utilisai mon pouce pour relever un de ses paupières. Il ouvrit l'autre œil avant de pousser rapidement ma main de son visage. "Bordel, tu veux bien arrêter, Jess?" grogna-t-il et je me reculais tandis que mes poings se resserrèrent de part et d'autre de ma taille.

"Excuse-moi?"

"Je suis désolé," marmonna-t-il en s'approchant de moi. "C'est juste que je fais des tonnes de conneries dans le camp et David a établit une sorte de politique à trois avertissement chaque été et, enfin tu vois, j'ai déjà ruiné ce kayak et - "

"Je croyais qu'on avait fait que le renverser?"

"Non," poursuivit-il, "je l'avais déjà endommagé avant qu'on l'utilise." Il était clairement stressé, alors qu'il se frotta le côté du visage avec une expression vide. "Et j'ai fais mangé à toutes les campeuses ces baies indigestes. Sans compter la liste de mots que je t'ai donné, on aurait dû m'expulser depuis longtemps, mais David m'a offert une seconde chance en me disant que je pourrais rester jusqu'à la fin de l'été si je restais tranquille." Il s'avachit par terre, croisa ses jambes avant de se reposer ses coudes sur ses genoux en tenant sa tête dans ses mains. Je pris une profonde inspiration en le regardant et je dis:

"Je pourrais dire que c'est de ma faute."

Il releva la tête. "Tu ferais ça?" s'enquit-il, paraissant confus.

"Ouais," dis-je en haussant les épaules.

"Bah, j'aimerais accepter l'offre, mais détruire une forêt comme je l'ai fais... tout le monde va se douter que c'est moi." J'acquiesçai. "OK, bon, voici le plan." marmonna-t-il de sa voix si lente tout en se relevant. Je m'avançai vers lui. "Tu vas rentrer dans ta cabane. Tu diras n'avoir jamais quitté ton lit, et si quelqu'un dit t'avoir vu, dit leur qu'il t'arrive d'aller aux toilettes en pleine nuit, mais tu ne t'en souviens pas comme tu es à moitié endormie. Fais en sorte que la fenêtre par laquelle je suis passé soit bien verrouillée et je m'occuperai de l'échelle." Pendant son monologue, il avait posé ses larges paumes sur mes joues et s'amusa avec ces dernières entre ses doigts.

"D'accord," commençai-je, "mais j'ai une question."

"Dis moi." dit-il, ses mains toujours sur mes joues.

"Pourquoi est-ce que tu touches mon visage?"

Il ne déplaça pas ses mains, elles restèrent collées à leurs places. "Je sais pas, j'ai toujours vu ça dans les films, quand le garçon essayait de garder la fille en sécurité."

Cabin Three - VFOù les histoires vivent. Découvrez maintenant