- Chapitre 7.
Point de vue de Rayan.
C'est elle. Elle est là, elle est venue. Pourquoi semble-t-elle si différente d'hier ? Elle ne semble même pas savoir qu'elle est en retard. Elle va s'asseoir sans parler et tous les regards sont braqués sur elle, mais même ça semble lui être égal. Elle retire sa veste, son tee-shirt remonte un peu et je peux apercevoir le début d'un bleu sur son avant-bras. J'écarquille les yeux. Qu'est-ce que cela ? Son regard croise le mien comme si elle savait que j'avais vu ses bras. Je baisse la tête et l'enfouie dans mes bras. Le cours reprend et des chuchotements se font entendre un peu partout mais je n'y prête pas vraiment attention.
_ Ray ! M'appelle Jace.
Il y a que lui pour donner des surnoms aussi pourri. Je redresse la tête et le regarde en haussant les sourcils.
_ Il n'y a personne à côté d'elle, il pointe Abigail du doigt, tu devrais tenter ta chance. Il suggère un peu trop fort à mon goût.
J'hausse les épaules et réfléchis une minute. Il n'a peut-être pas tort. Je vais aller me mettre à côté d'elle, peut-être pas pour tenter ma chance comme il dit mais au moins pour lui parler et comprendre qu'est-ce les marques sur son corps. Je regarde le professeur, j'attends la bonne occasion pour pouvoir me lever et aller m'asseoir à côté d'Abigail. Il se tourne et écrit sur le tableau, bingo, j'y vais. Je prends mon sac d'une main et ma vest en cuir de l'autre et marche rapidement vers la place libre à côté d'Abigail. Elle semble étonnée lorsque je m'y assois et pourtant elle ne proteste pas alors j'en profite pour lui sourire.
Point de vue d'Abigail.
Je sursaute lorsque la chaise à côté de moi grince. Je suis tellement perdue dans mes pensées depuis ce matin que le monde extérieur ne semble être que passager. Je pivote la tête et vois Rayan. Il ne manquait plus que lui. Je pourrais presque dire que son sourire illumine ma journée. Je baisse la tête sur mon porte-vue et cligne plusieurs fois des yeux pour remettre mes esprits en place.
_ Tu vas bien, aujourd'hui ? Il brise le silence.
_ Oui. Oui, pourquoi ça n'irait pas ?
Je n'ai pas vraiment fait attention au ton que j'y ai mis mais ça a été un peu plus agressif que je le souhaitais.
_ Tu m'as l'air changé... Différente d'hier.
Non, Rayan. Je suis comme tous les lendemains où ma mère lève la main sur moi mais c'est juste, qu'avant, tu ne l'avais pas remarqué parce que je n'étais qu'un pion pour toi. D'ailleurs, pourquoi aurait-ce changer aujourd'hui ?
_ Non. Je suis comme d'habitude. Je confirme avec trop de confiance. Ça ne me ressemble pas.
_ Bien. Si tu le dit. Il marmonne en posant sa tête dans la paume de sa main qui, le tout, repose sur son coude.
Quant à moi, je tente de me concentrer sur le cours mais c'est pas bien facile avec Rayan Parker à côté de soi.
_ On peut parler de ce qu'il s'est passé hier matin, à la pause de dix heures ?
Voilà le moment que je redoutais. En parler. Sauf que je ne veux pas en parler. Ni avec lui, ni avec Thea, ni personne.
_ On en a pas vraiment reparler. Insiste-t-il en voyant que je ne réponds pas.
_ Tout simplement parce qu'il n'y a rien à dire. Tu étais là au mauvais moment, c'est tout.
_ Tu sais, c'est pas grave de pleurer.
Je baisse la tête en voyant le prof nous observait du coin de l'oeil. J'aurai pas une autre heures de colle. Oh, ça, non.
_ Rayan, ferme-là. Murmurai-je.
_ Ben écoute si tu le prends comme ça. Il change de posture et se tourne à l'opposé de moi, vers les fenêtres.
_ Mais c'est juste que le-
_ Mademoiselle Burton, souhaitez-vous une heure de colle ? Voilà un moment que je vous vois parler avec Monsieur Parker.
_ Non, pitié, pas d'heure de colle. Je secoue la tête, paniquée, en repensant au coup de ma mère, hier.
_ Alors cessez vos bavardages. Ordonne le prof.
J'hoche simplement la tête. Le prof poursuit le cours et j'ai du mal à respirer. Je lutte pour retenir mes larmes. Mes mains tremblent, je les glisse sous la table, sur mes genoux. Je ferme fortement les yeux, deux larmes coulent de mes yeux. J'écarquille les yeux lorsque je sens une main enlaçait ma main gauche. Rayan me regarde et je rougis brusquement. Je serre sa main pour unique réponse à ce doux regard. Je regarde le tableau en n'ayant que faire du cours. Ma main est enlaçait avec celle de Rayan et c'est tout ceux à quoi je pense pour l'instant.
Le cours se termine à la sonnerie et je suis forcée de quitter la main de Rayan. C'est maintenant l'air frais qui entoure mes doigts et caresse ma main moite. Il rejoins son ami, Jace je crois, il m'adresse un faible sourire en quittant la salle. Je le regarde s'éloigner et je pousse un soupire. Qu'est-ce qui m'arrive ?
J'ai cours de philo avec Thea mais aussi Rayan. C'est le cours dans lequel on a eu notre fameuse punition sauf que Thea n'était pas là hier parce qu'elle avait un devoirs à ratrapper donc elle n'en sait rien. J'ai un peu peur de sa réaction quand le prof va nous reclamer nos devoirs supplémentaires.
J'entre dans la salle, je salue le professeur et vais prendre place à côté de ma meilleure amie, à l'opposé de Rayan.
_ Ça va ? Elle me sourit. Je ne t'ai pas vu aujourd'hui.
_ J'étais en retard, oui. Problème de réveil.
_ C'est encore ta mère ? Elle chuchote.
Il n'y a que Jordan et elle qui sont au courant pour ma mère, pour ce qu'elle me fait endurer depuis le départ de mon père. J'hoche donc la tête et remonte légèrement mon pull pour qu'elle puisse apercevoir les bleus sur mes avant-bras.
_ Tu n'en as que là ? Elle fronce les sourcils visiblement énervée.
_ Non, au ventre, au dos... Enfin un peu partout.
_ Je ne comprends pas comment tu fais pour ne pas réagir.
_ C'est ma mère. J'hausse les épaules. Et Thea, y a un autre truc que je t'ai pas-
_ Mademoiselle Burton, vous n'avez pas comprit l'heure de colle d'hier à ce que je vois. Vous allez donc prendre votre devoir supplémentaire d'hier et venir le réciter au tableau. Explique le prof calmement.
Pardon ?! On me fait une blague ? Je ne peux pas.
_ Mais Monsieur, je-
_ Je peux le faire, Monsieur ?
Je me retournes vers Rayan qui lève la main. Le prof semble surpris de le voir volontaire et je reconnais que moi aussi. La classe murmure des choses auxquels je ne prête pas attention.
_ Commencez Monsieur Parker.
À quoi tu joues, Parker ?
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Aime-moi si tu peux. T1
RomanceLa société d'aujourd'hui est bien trop complexe pour plaire à tout le monde. Des jeunes ont le monde à leurs pieds et d'autres sont invisible aux yeux de ce rang de personnes qu'on appelle "Populaire" au lycée. Le destin va faire en sortes que deux...
