J'avais réussi à fuir tant bien que mal, et après avoir atteint quelques rues plus loin, je m'arrêtai pour reprendre mon souffle. Pendant cette courte pause, mes pensées se bousculaient dans ma tête.
"Je dois me rappeler de ne pas leur causer trop d'ennuis, à ces deux-là, sinon je risque d'avoir de sérieux problèmes," pensai-je. "Je me demande bien quel est leur secret... Malgré le danger, j'ai presque envie de le découvrir."
Un sourire énigmatique se dessina sur mes lèvres, et je marmonnai pour moi-même : "Je découvrirai leur secret, quoi qu'il en coûte."
Le lendemain, sans autre occupation en tête, je décidai de faire des recherches à la bibliothèque sur ce "contrat" en échange d'une "âme". Après des heures à éplucher des livres poussiéreux, je ne trouvai que des histoires de démons. "Les démons n'existent pas, c'est absurde," me dis-je. Pourtant, chaque fois, je retombais sur ces êtres démoniaques. Certains ouvrages très anciens étaient étonnamment précis, décrivant les démons ainsi :
"...Une personne peut conclure un contrat avec un démon en échange de son âme. Cependant, comme tout contrat, la personne peut demander en retour un vœu qui lui est cher comme monnaie d'échange. Les démons raffolent des âmes animées par un désir de vengeance très fort. Mais ces êtres sont extrêmement difficiles à trouver ; ils ne se manifestent que lorsqu'ils le décident et sont capables de prendre une forme humaine."
Je refermai le livre avec déception, agacé de ne tomber que sur des histoires à dormir debout. En quittant la bibliothèque, quelqu'un me bouscula. Un grognement de mécontentement s'échappa de mes lèvres, et je me retournai pour voir qui m'avait heurté. À ma grande surprise, c'était encore ce jeune noble. Il tenta de s'excuser, mais je détournai la tête et m'apprêtai à partir, quand une main gantée m'attrapa brusquement le bras.
Je fis volte-face, mes cheveux volant autour de moi. Cette fois, je me retrouvai face au majordome que j'avais entendu la nuit précédente. Il était grand, avec une stature imposante sous son uniforme, et ses cheveux noirs comme le corbeau contrastaient avec ses yeux rouge foncé. Ces yeux... on s'y perdait en les regardant, un rouge profond, presque hypnotique, comme du sang.
Mais ce qui me dérangeait plus que tout, c'était sa force. Il tenait mon bras avec une telle poigne que je ne pouvais plus bouger. Je me résolus à attendre de savoir ce qu'ils voulaient, lorsque le majordome s'exclama d'une voix grave :
"Il n'est pas correct pour une lady d'ignorer ainsi un homme qui lui présente ses excuses, surtout quand c'est vous qui êtes en tort."
Il afficha un sourire faux, typique des nobles. Après quelques secondes d'hésitation, je murmurai des excuses avant qu'il ne me lâche enfin. Je partis rapidement, un sentiment de malaise m'envahissant. Cette sensation de faiblesse, je la détestais. Elle me rappelait cette nuit fatidique, et je m'étais juré de ne plus jamais être aussi vulnérable.
Je traversai plusieurs rues pour atteindre une taverne sordide. L'enseigne, grossièrement suspendue, oscillait au gré du vent. Cet endroit n'était fréquenté que par des gens peu recommandables. Je rabattis ma capuche sur ma tête et poussai la porte en bois usée. Le brouhaha s'estompa aussitôt. Ils savaient tous qui j'étais, mais personne n'aurait osé trahir ma présence à Scotland Yard. Quiconque aurait tenté de me dénoncer aurait été accusé de trafic de drogue, battu par les habitués, et si cela ne suffisait pas, je serais là pour l'éliminer.
Je m'assis à ma table habituelle, et les discussions reprirent autour de moi. J'observais la foule, en quête d'un futur contrat. La drogue était très en vogue, notamment celle d'un certain Lau, qui avait même ouvert une fumerie d'opium non loin de la taverne. Soudain, mes pensées furent interrompues par l'arrivée d'un homme que je connaissais bien. C'était un homme de main de la famille Ferro. Je le regardai avec ironie et dis :
"Alors, qui n'a pas payé ses dettes et que je dois éliminer cette fois ?"
"Personne."
"Alors, pourquoi es-tu ici ?"
"Nous avons un contrat d'assassinat pour toi. C'est un noble qui pose problème à notre boss, Azzuro Venere."
"Et qui est-ce ?"
"Le comte Phantomhive. Plusieurs assassins ont tenté de le tuer, mais nous n'avons plus aucune nouvelle d'eux. Ils sont probablement morts. Si tu acceptes, sache que nous ne pourrons rien faire pour toi."
"De combien est la prime ?"
"Autant que tu le souhaites, si tu accomplis ce contrat et que tu reviens vivant."
"Très bien, j'accepte."
"Tu auras une chance de l'approcher dans cinq jours. Le boss va participer à une réunion avec le comte, et tu pourras l'accompagner déguisé."
"...Très bien, je serai prêt pour ce jour-là."
"Il faudrait que je connaisse ton visage pour éviter de te tirer dessus par erreur lorsque tu seras devant la demeure du boss."
Je dévoilai brièvement mon visage, veillant à ce que personne autour ne le remarque. L'homme sembla surpris et murmura :
"Oooh, tu es une..."
"Stop. Je ne veux pas que d'autres le sachent."
"Très bien. Cependant, il faudra que tu te fasses passer pour le cousin du boss. Débrouille-toi. Sur ce, à dans cinq jours."
Il quitta la table et sortit de la taverne. Je restai pensif.
"Alors, je dois me faire passer pour le cousin de cet Azzuro Venere. Le problème sera de trouver un moyen de tuer ce comte sans le connaître. Je me demande à quoi il ressemble... Espérons qu'il ne soit pas trop difficile à gérer. Et pourquoi n'avons-nous plus de nouvelles de ces assassins ? Je devrais rester sur mes gardes, juste au cas où."
Et je commençai à me préparer pour le jour J.
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Sebastian x Lecteur (Temps perdu)
FanfictionVous détestiez la lumière vous ne vouliez pas la voir elle vous rappelez la tragique nuit. Celle où vos parent se sont fait assassiner.
