Le tir du sniper avait échoué, et une boule d'angoisse se forma dans mon ventre. Pour la première fois, j'avais peur en mission. Azzuro avait cessé de parler au téléphone, et soudain, le jeune comte aboya un ordre. Azzuro, terrifié par ce qu'il entendait, reporta sa frustration sur le comte, le frappant de plus en plus violemment. Pourtant, ce dernier souriait, se moquant ouvertement de son agresseur.
Azzuro ordonna à ses hommes de surveiller l'entrée de la demeure. J'étais sur le point de les rejoindre, mais il me retint. Retrouvant rapidement mon calme, j'affichai un visage impassible, bien que l'ambiance lourde m'oppressait. Bientôt, des coups de feu retentirent, suivis de cris perçants, puis le silence s'installa à nouveau. Les cris reprirent, annonçant que l'intrus était à l'intérieur du manoir.
Ignorant les ordres d'Azzuro, je m'élançai à la recherche de l'intrus, sachant que rester dans le bureau était une impasse en cas d'attaque. Je suivis les cris, traquant l'intrus jusqu'à ce que le silence tombe, implacable. Le calme régnait à nouveau, inquiétant et total. Cachée dans l'ombre, je me fis discrète, ma respiration contrôlée.
Je vis une paire de chaussures noires, légèrement vernies mais tachées d'un liquide sombre – sans doute du sang. Elles dépassaient à peine du coin du mur, dans la pénombre. Levant les yeux, je reconnus le majordome en noir, celui qui m'avait interpellée à la bibliothèque. Retenant ma respiration, je restai figée.
Il tourna la tête vers moi, un sourire énigmatique sur les lèvres. "Alors, c'est cela votre métier. Une créature comme vous, dans un tel travail...", murmura-t-il en passant une main sur son visage, comme pour effacer une pensée dérangeante. Puis, reprenant une expression neutre, il détourna le regard et s'éloigna aussi calmement qu'il était venu, me laissant secouée par ses paroles.
Après avoir repris mes esprits, je me dirigeai vers le hall d'entrée, où le majordome aurait dû être abattu. Là, je ne trouvai que les cadavres des hommes de main d'Azzuro, gisant dans leur propre sang. Une odeur métallique flottait dans l'air, et le spectacle macabre me donna la nausée. Je quittai la pièce rapidement pour retourner auprès d'Azzuro, sans courir mais avec hâte.
À mon arrivée, j'entendis plusieurs coups de feu. En pénétrant dans le bureau, je vis le majordome étendu au sol, criblé de balles. Je m'approchai pour vérifier son pouls... il était mort. Je l'annonçai à Azzuro, qui se vanta d'avoir tué le majordome.
Mais à ce moment, le jeune comte s'adressa à son majordome... mort. Il lui demanda s'il avait fini de jouer, se plaignant que le sol était inconfortable et que l'odeur d'Azzuro devenait insupportable. Son ton me fit sourire intérieurement.
Puis, contre toute logique, le majordome répondit. Choquée, je fis quelques pas en arrière. J'avais vérifié son pouls, j'étais sûre qu'il était mort ! Mais là, sous mes yeux, il se releva et recracha les balles qu'il avait reçues. C'était impossible ! Je tremblais de peur – jamais je n'avais vu une telle chose. S'agissait-il vraiment de résurrection ? Non... c'était insensé. Les démons n'existent pas. Mais alors, que venait-il de se passer ? Des histoires de démons, d'anges, de shinigamis... tout cela n'était que des contes, non ?
Perdue dans mes pensées, je trébuchai en reculant, ce qui me ramena à la réalité. Le majordome recracha les balles et les lança vers les tireurs qui l'encerclaient.
Azzuro, paniqué, prit le comte comme bouclier humain. Sentant la situation tourner au désastre, je tentai de fuir, mais le majordome me repoussa brutalement vers le centre de la pièce, me faisant de nouveau trébucher. "Ne nous quittez pas maintenant, my lady. J'aurais quelques questions à vous poser", dit-il, avant que je ne m'évanouisse brièvement.
Je me réveillai en sursaut au bruit d'un coup de feu, m'attendant à voir le comte mort, mais c'est Azzuro qui hurlait de douleur, son bras disloqué. Suppliant le majordome, Azzuro lui offrit tout ce qu'un homme pourrait désirer : argent, femmes, alcool, en échange de sa loyauté. Mais le majordome, impassible, rétorqua : "Je ne suis pas friand des désirs humains."
Azzuro, désespéré, poursuivit : "Que voulez-vous... je vous donnerai ce que vous cherchez." Puis, désignant mon humble personne, il ajouta : "Cet assassin... elle allait tuer votre maître. Je vous la donne !"
Furieuse d'être trahie ainsi, je ne pus réagir, encore sonnée. Le majordome s'approcha de moi, s'accroupissant pour me regarder de près. Je rougis sous son regard perçant, envoûtée par ses yeux. "Alors, vous êtes un assassin... d'où cette odeur de mort qui vous colle à la peau. Une odeur délicieuse qui vous va à ravir...", murmura-t-il, se rapprochant encore.
Mais le comte l'interrompit, le rappelant à l'ordre : "Sebastian... Partons, je suis fatigué de ce jeu." Le majordome lui lança un regard de reproche, puis répondit : "Yes, my Lord."
Encore sous le choc, je regardai le comte qui, avant de partir, me lança : "Je vais vous donner un conseil, comme vous l'avez fait pour moi auparavant... Fuyez, avant que je vous élimine ou que mon majordome ne décide de vous interroger. Après tout, vous êtes un assassin."
Il me sourit, et je le remerciai d'un signe de tête avant de m'élancer vers la sortie. Montant en selle, je fuis la demeure, laissant Azzuro aux mains du comte. Tandis que je galopais au loin, j'entendis son dernier cri, et une aura maléfique plus intense que jamais se fit sentir derrière moi. Mais je n'y prêtai guère attention, concentrée sur ma fuite.
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Sebastian x Lecteur (Temps perdu)
FanfictionVous détestiez la lumière vous ne vouliez pas la voir elle vous rappelez la tragique nuit. Celle où vos parent se sont fait assassiner.
