8.Une rencontre spécial

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Peu après avoir quitté la scène de crime, toujours transportée par Sébastian, nous rencontrâmes trois autres personnes. Une femme vêtue de rouge, qui semblait être de la famille de Ciel, vu la familiarité avec laquelle elle lui parlait. Pourtant, en la voyant, un étrange pressentiment me parcourut, sans que je sache vraiment pourquoi. À ses côtés, se trouvait Lau, le fameux gérant des fumeries d'opium, et juste derrière, un majordome, probablement celui de la femme en rouge. Il me paraissait bizarre, mais moins dangereux que Sébastian. Je décidais de me méfier de lui, pressentant que les choses allaient prendre une tournure particulière en sa présence.

Après deux minutes de marche, nous arrivâmes devant un magasin sombre, avec une enseigne portant le nom "UNDERTAKER". Sébastian expliqua que c'était une maison funéraire, gérée par une connaissance de Ciel. Enfin, il me fit descendre de ses épaules, et nous pénétrâmes dans ce lieu étrange.

L'intérieur était sombre et vétuste, des toiles d'araignées recouvrant les murs, où plusieurs cercueils étaient entreposés, soit sur le sol, soit contre les murs. Ciel entra le premier et appela un certain Undertaker, un nom qui me semblait un peu évident pour un entrepreneur de pompes funèbres.

Un rire sinistre résonna alors, suivi de ces mots :
"Je me doutais bien que tu ne tarderais pas à venir me voir... Bienvenue, comte."

Soudain, un cercueil s'ouvrit, révélant un homme plutôt grand, avec de longs cheveux gris/argentés qui cachaient ses yeux. Une grande cicatrice traversait son visage, visible sous une tenue entièrement noire avec une écharpe grise en bandoulière. Lau, la femme en rouge, et son majordome semblaient terrifiés par cette apparition.

Undertaker, avec un sourire malicieux, demanda en riant :
"Tu as enfin envie de te glisser dans un cercueil de ma fabrication ?"

"Bien sûr que non ! Je suis ici pour..." commença Ciel, mais Undertaker l'interrompit :
"Inutile de le dire ! Je sais parfaitement ce que tu veux, comte. Ce n'est pas le genre de cliente qui travaille au grand jour... Je l'ai rendue toute belle, tu sais."

"Justement, c'est ce sujet que je veux aborder," répondit Ciel, déterminé.

"Eh bien, je vais tout te dire, mais avant, je vais vous servir du thé. Vous pouvez vous asseoir là," dit-il en désignant les cercueils par terre.

Tout le monde s'assit sur un cercueil, bien que Ciel ne semblait pas très rassuré. Undertaker nous servit le thé dans un vase à bec ou une sorte de bécher, avant de reprendre son récit, que tous écoutèrent attentivement.

"Tu veux que je te parle de Jack l'Éventreur, n'est-ce pas ? Scotland Yard commence à s'inquiéter, mais ce n'est pas la première fois que j'ai une cliente pareille."

Je me souvenais également de cas similaires par le passé, bien que les meurtres semblaient moins cruels à l'époque.

La femme en rouge, d'un air faussement surpris, demanda comment cela était possible. Undertaker, tout en nous offrant des biscuits en forme d'os, poursuivit :
"Il y a eu plusieurs cas de meurtres de prostituées par le passé. Mais la méthode est devenue progressivement plus cruelle et extravagante. Au début, l'assassin était plus discret, c'est pourquoi la police n'a rien remarqué. Mais toutes les prostituées tuées à Whitechapel ont un point commun..."

"Lequel ?" demandèrent tous, surpris.

"Lequel, en effet... Qu'est-ce donc ? Cela vous intrigue ?" ricana Undertaker.

Lau demanda combien coûtait l'information, mais Undertaker expliqua qu'il ne voulait pas d'argent, préférant quelque chose de plus original. Ciel se fit alors discret, comme s'il cherchait à éviter d'être remarqué, mais Undertaker se tourna vers lui et, bavant presque de plaisir, le supplia de lui offrir un grand fou rire en échange des informations.

Lau tenta une blague, mais personne ne rit. Vint ensuite le tour de la femme en rouge, que j'appris se nommer Madame Red. Sebastian, avec un sourire, plaça ses mains sur les oreilles de Ciel pour qu'il n'entende pas les propos choquants de Madame Red, qui ne fit rire personne. Alors, Undertaker se tourna vers le comte avec un sourire provocateur.

"Je crois qu'il ne reste plus que vous. La dernière fois, j'ai été indulgent, mais cette fois-ci, vous n'aurez aucun traitement de faveur."

Mais Sébastian s'avança, prêt à tenter sa chance pour faire rire Undertaker.
"Veuillez tous sortir, et ne regardez pas ce qui se passe ici...!" ordonna-t-il.

Nous nous dirigeâmes tous vers la sortie, comme Sébastian l'avait demandé. J'étais partagée entre l'envie d'en savoir plus sur Jack et celle de fuir avant que Sébastian ne revienne. Mais en passant à côté de lui, il me bloqua le passage, son sourire faux toujours sur le visage. Il se pencha à mon oreille et chuchota :
"Sachez que si vous vous enfuyez, je vous retrouverai et vous punirai pour une telle désobéissance."

Il se décala alors, me laissant passer comme si de rien n'était. Traumatisée par ses propos, je décidai de rester encore un peu avec eux... Après tout, il fallait que mon enquête avance sur Jack, et mon instinct me conseillait de ne pas provoquer la colère de Sébastian.

Après quelques minutes d'attente, nous entendîmes le rire d'Undertaker résonner, et Sébastian nous fit rentrer à nouveau. En me voyant revenir, il sourit, mais je n'y prêtai pas attention. Toujours en riant légèrement, Undertaker poursuivit ses explications :

"Il m'arrive depuis quelque temps de recevoir des clientes... incomplètes. Il leur manque des organes."

Tout le monde fut choqué, mais j'avais remarqué la même chose en examinant les cadavres.

"Avant de les placer dans un cercueil, j'aime bien faire une toilette mortuaire et un petit examen..." expliqua Undertaker.

Lau suggéra que l'assassin pourrait être un prêteur sur gages, revendant les organes pour de l'argent. Undertaker se moqua de cette idée, avant de reprendre :
"Il s'agit d'un organe que seule une prostituée... ou une femme possède... Elles n'ont plus d'utérus... Et le nombre de clientes augmente, de plus en plus ensanglantées. Croyez-moi, j'ai de plus en plus de travail."

Sébastian demanda s'il ne serait pas trop compliqué pour un amateur de faire cela. Undertaker s'approcha de moi pour m'utiliser comme exemple, ce qui me choqua un peu. Il plaça ses mains sur ma gorge, expliquant qu'il fallait d'abord trancher la gorge avec un objet bien aiguisé, puis il traça des cercles sur mon ventre, expliquant comment ouvrir et retirer la partie intéressante. Il précisa qu'il fallait une grande habileté et une certaine détermination pour faire cela, concluant qu'il ne pouvait s'agir d'un amateur, mais plutôt de quelqu'un évoluant dans l'ombre.

Il rigola discrètement, ajoutant :
"C'est pourquoi je savais que le jeune comte viendrait me voir. Il y aura sûrement d'autres meurtres. Une série de crimes de ce genre ne prend pas fin sans que quelqu'un y mette un terme."

Ciel, d'un ton sombre, répondit :
"Je jure sur le blason de ma famille que j'éliminerai tout ce qui souille le royaume de la reine, quel qu'en soit le prix. Merci pour ton accueil, Undertaker."

Ciel commença à partir, suivi par les autres. Je remarquai que Madame Red n'affichait plus son sourire habituel, arborant désormais une expression grave, comme si quelque chose la troublait dans ce que nous avions appris. Mais mon attention se détourna rapidement vers un autre détail crucial pour moi.

Ils m'avaient oubliée... Oui ! Enfin, j'étais libre. Tandis qu'Undertaker me regardait sourire béatement, il sourit aussi et me dit doucement :
"Si vous avez un problème avec Sébastian... si vous ne vous sentez pas en sécurité, venez me voir, je vous protégerai de lui... Faites attention."

Il me relâcha au moment où Sébastian réalisa que j'étais toujours assise près d'Undertaker, feignant de ne pas les voir partir. Il soupira et revint me chercher. Refusant de rester avec eux, je voulais retourner chez moi et terminer quelques contrats pour gagner un peu d'argent.

Il me frappa alors à la nuque pour me faire perdre connaissance. Avant que ma vision ne devienne complètement noire, je l'entendis dire :
"Si vous étiez plus calme, je n'aurais pas besoin de faire cela." Malgré ses paroles, je le voyais sourire.

Sebastian x Lecteur (Temps perdu)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant