Chapitre 9.

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Je rentrais aujourd'hui de l'hôpital après une semaine. Une semaine sans nouvelle de Josie. J'espérais la revoir une fois rentrée.
J'avais vu Joackim durant mon séjour. Forcément il m'a demandé pourquoi j'étais là. Bizarrement je lui avais dis la vérité, lui n'avait bronché. Au moment où j'avais finit de tout lui raconter, il m'avait regardé et m'avait dit, "je t'aime quand même Charlie, même si tu es schizophrène et lesbienne. Tu restes une de mes amie les plus proche." après ça je n'ai pas pu m'empêcher de le prendre dans mes bras. J'étais heureuse de voir que lui ça ne lui changeait rien que je sois comme ça.
Il rentrait chez lui dans une semaine, il m'a fait promettre de venir le voir ici durant cette semaine.
Au moment où je rangeais mes affaires avec Joackim pour rentrer chez moi, Josie est arrivée dans la chambre. Elle m'a regardé puis est allée vers Joackim, elle lui a dit bonjour puis a commencé à lui parler. J'ai continué à l'observer, je savais qu'elle n'allait pas venir me parler ni quoi que ce soit. J'avais envie de la prendre dans mes bras, de lui dire que j'étais désolée, que je voulais qu'elle revienne, qu'elle ne devait pas avoir peur de moi ou de ma maladie. Mais je me suis retournée, j'ai rangé mon dernier pull et je suis sortie.

Mes parents ne voulaient pas que je retourne au collège pour le moment. Et même moi je n'en avais pas envie en vérité. Je savais que tout le monde était au courant. Josie fréquentait énormément de monde, elle connaissait a peu près tout le collège. Et je savais qu'elle en avait forcément parlée. Du coup pendant plus d'une semaine et demi je suis restée chez moi à lire et regarder des émissions débiles à la télé. Je n'ai même pas pu aller voir Joackim car ma mère avait trop peur que je fasse de nouveau une crise. Mais qu'est ce que ça pouvait bien changer de toute manière au final je serai obligée d'aller à l'hôpital.
J'étais lassée de tout, je restais couchée toute la journée à me lamenter de mon coeur brisé. Et je haïssais plus que toujours ma foutue maladie, j'avais seulement envie de l'arracher de mon corps, qu'elle parte à tout jamais.

Le silence de la pièce fût déchiré par le bruit de la sonnette, je me leva du divan d'un pas lourd pour trainer ma carcasse jusqu'à la porte d'entrée. J'espérais fortement que ce ne soit pas un de mes amis ou des amis de mes parents, en vérité j'espérais que ce soit seulement le facteur.
Quand j'ai ouvert la porte, j'ai mis un certain temps avant de voir que Josie se tenait debout sur le paillasson.
Je suis restée devant elle bouche bée. Elle me fixait avec un regard de garce il faut l'avouer.
"-Tu ne me laisses pas entrer? Me dit elle avec un sourire en coin.
-Qu'est ce que tu fais là? Retorquais-je.
-Je voulais te voir, je n'ai pas le droit?" Je l'ai alors laissé rentrer dans mon chez moi qui sentait la cigarette et la solitude.
"-Dis moi comment tu vas?
-Je vais bien, mentais-je. Elle l'avait bien remarqué.
-Arrête de mentir Charlie, je te connais suffisamment. Je sais que ça ne va pas.
-Comment tu peux le savoir? Est ce que tu es dans ma tête peut-être?!
-Tu as vu ta dégaine franchement? Et ça là bas? Dit-elle en pointant le cendrier remplit a ras bord sur la table.
-Ce sont mes parents, dis-je.
-Tes parents ne fument pas, arrête de te foutre de ma gueule. Je vois bien les cernes noires sous tes yeux. Je sais que tu vas pas bien. J'ai bien vu tous tes médicaments, tes antidépresseurs, tes somnifères.
J'eclata en sanglot.
-Je le savais, c'est pour ça que je suis venue.
-Tu me manques Josie.. Murmurais-je entre deux sanglots.
Elle me prit dans ses bras. Sentir son odeur de nouveau, sa peau douce, ses gestes si tranquille me faisait pleurer encore plus. Je l'aimais plus que tout et savoir qu'elle revenait je ne pouvais pas y croire.
-Je ne suis pas venue la pour m'excuser. Je ne veux pas que ma réputation flanche à cause de toi. On ne peut plus être ensemble c'est impossible. Tout le monde est au courant. Je voulais seulement savoir comment tu allais même si je le savais déjà. Et surtout te dire qu'il ne faut pas que tu reviennes au collège. On te surnomme la folle là bas. Change, vas t'en. Tu ne dois pas revenir.
-Va te faire foutre, criais-je de plus en plus fort. Va te faire foutre! Tu n'es qu'une salope égocentrique ! Tu ne te soucies pas des autres, tu as seulement besoin de satisfaire ton égo merdique en racontant à tout le monde ce dont les autres souffre. Tu ne sais pas ce que je vis et tu ne le sauras jamais car tu ne cherche pas à comprendre! Je ne suis pas comme les autres, c'est évident, mais avant que tu le saches, tu t'es douté de quelque chose? Tu pensais que j'étais schizophrène?! Jamais tu n'as pu penser ça car j'étais normal, oui je l'étais. Car maintenant pour toi je ne suis plus qu'une folle qui entend des voix! Pourquoi tu ne peux pas comprendre? Je suis toujours la même qu'avant avec seulement une chose que tu sais en plus. Parce que oui il y a pleins de choses que tu ne sais pas! Oh attends je vais te donner un exemple, je suis partie de mon ancien collège car des chiennes dans ton genre savait ma maladie, je ne sais pas quel moyen elles l'ont appris, mais elles le savaient. Et tu sais ce que ça à donné ? Des photos de moi partout avec écrit en gros "tuez la schizo, récompense si vous réussissez" les gens comme toi ne veulent que le mal! Maintenant que tu sais tout ça, que je t'ai bien raconté toute ma vie, dégage, sors de chez moi, je ne veux plus jamais de revoir! Et emmène avec toi ma maladie, mes tourments et mon amour salope.
Elle me regardait encore, j'avais les nerfs, le sang chauffé, ma tête en ébullition. Je n'avais jamais été autant dégouté et énervé depuis toute ma vie.
Je voyais ses yeux se remplirent de larmes, elle me regardait toujours. Puis elle se leva et s'en alla.
Je ne voulais plus jamais la revoir.

Josie.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant