Eloïse sentait les regards peser sur elle.
Si au début, elle avait tout fait pour passer outre le malaise que cela pouvait lui procurer, l'agacement commençait à lentement la gagner.
Que ce soit ses amis de lycée, ses parents ou certains magiciens qui la tenaient à l'œil depuis sa presque fugue, elle allait finir par leur dire sa façon de penser.
- Miranda, dit-elle en se tournant vers la mage noire, assise un peu plus loin. Tu sais que je ne vais pas m'envoler. Pas la peine de me scruter comme ça.
- Oh, allez, Victorien m'a raconté ton petit coup foireux de la veille. Alors comme ça tu voulais nous fausser compagnie ?
- Ce n'est vraiment pas le lieu approprié pour nous cacher. C'est plein de civils !
- Si tu fais le calcul total, il y a moins de civils que de magiciens et de chasseurs additionnés.
- C'est pas des chasseurs de magiciens qui vont arrêter les laboratoires, fit remarquer Eloïse.
- Ils peuvent au moins servir d'appât. Les morts dans leurs rangs, on s'en fout, ça en fera toujours moins chez nous.
Eloïse secoua la tête.
- Je vois que la vie des gens t'importe grandement dis-moi.
- Ne fais pas comme si tu en attendais moins de ma part, répliqua Miranda avec un sourire moqueur. Puis j'accorde au moins autant d'attention à leurs vies qu'ils n'en apportent aux nôtres.
Miranda se rapprocha un peu d'Eloïse, délaissant sa chaise pour s'asseoir sur celle vacante à côté d'elle. Son regard couleur nuit se fit perçant.
- J'espère que tu ne comptes pas retenter de t'enfuir comme ça, parce que crois-moi, je t'ai à l'œil.
- Même si je voulais je ne pourrais pas parce que la moitié du monde me fixe en permanence ! se plaignit Eloïse. Ça devient limite malsain.
Miranda soupira et jeta un regard assassin aux quelques magiciens qui l'observaient plus ou moins discrètement. Ils détournèrent les yeux.
- Ça va mieux ou tu as besoin d'autre chose ? la questionna-t-elle.
- C'est bon, merci.
- Si ça continue je vais vraiment avoir l'impression d'être ta mère, se moqua Miranda. Dommage que je ne puisse pas te consigner dans ta chambre ou une autre connerie du genre.
- Tu sais, Victorien l'a plus ou moins fait, marmonna Eloïse.
Miranda s'appuya sur le dossier de sa chaise, un sourire en coin sur les lèvres.
- Il a dû avoir une furieuse envie de t'étrangler, d'ailleurs, dit-elle. Dommage que j'ai manqué ça.
- J'ai bien cru qu'il allait le faire et j'ai culpabilisé. J'ai dû passer au moins vingt minutes à m'excuser.
- Tu as essayé de ramper à ses pieds ?
Eloïse haussa les sourcils.
- Je ne suis pas désespérée à ce point-là.
Miranda laissa échapper un léger rire avant de jeter un coup d'œil du côté des humains.
- Je crois que tes chers amis là-bas veulent te parler. Tes parents aussi.
Eloïse soupira.
- J'avais remarqué. Lysandre, Eugénie et Mila, d'accord, mais mes parents c'est hors de question.
Elle se leva.
- En espérant qu'ils ne viennent pas m'intercepter, marmonna-t-elle.
- Si tu as besoin de quelqu'un pour faire une clé de bras, tu sais que tu peux compter sur moi, dit Miranda.
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Ancestrales 5 ~ L'heure du Jugement
Fantasy/!\ En réécriture à partir de 2025 /!\ Tome 5 de Ancestrales.
