Chapitre 21: Novembre (18)

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Comme Eloïse s'en était doutée, sa taille l'avait trahie.

Il avait suffi qu'elle et Miranda aient été mises côte à côte pour que le Madrigan ne trouve la magicienne recherchée par Caleb. Sept petits centimètres d'écart qui avaient fait toute la différence.

- Je pensais que les retrouvailles se seraient passées autrement, dit Miranda. Sur un bateau, par exemple. Pas dans une cellule qui ressemble étrangement à un puits.

Eloïse leva les yeux vers le plafond de leur prison circulaire. Il semblait s'élever à une dizaine de mètres de hauteur. Peut-être vingt. La pénombre rendait l'estimation plus difficile.

- Je ne pensais même pas qu'il y aurait des retrouvailles, répondit-elle. Alors c'est mieux que rien.

- Ce que tu peux être pessimiste, parfois.

Eloïse haussa les épaules.

- Je me faisais chier, le temps était long. J'ai presque arrêté d'espérer votre venue.

- Tu sais bien que j'ai l'habitude de débarquer dans ta vie de façon inattendue, plaisanta Miranda.

- Cette fois-ci, je ne m'en plains pas.

- Même si on est enfermés dans des cellules à attendre de savoir ce que Monsieur Bourgeoisie nous réserve ?

- On va dire que la balade en cheval était sympa. Si on omet la présence de Victorien.

Miranda ramassa un caillou qui traînait par terre et l'envoya ricocher contre l'épaisse paroi rocheuse. L'écho de l'impact se dissipa dans l'air.

- Tu dis ça mais tu portes toujours sa cape, fit-elle remarquer.

- J'avais froid.

- C'est ce qu'ils disent tous, oui.

Miranda soupira et se releva pour tâter la pierre des parois une sixième fois en six heures : beaucoup trop lisses, impossible d'escalader.

- On va attendre encore longtemps ? se plaignit-elle. S'il veut jouer les méchants en nous faisant patienter juste pour l'effet dramatique, j'aimerais lui expliquer qu'il y a plus efficace comme torture psychologique.

- Madame est connaisseuse.

- Question de logique. Si on te laisse pourrir dans une cellule après t'être fait capturer, tu auras pris le temps d'accepter ton sort. Par contre, si on te balance de but en blanc que tu vas crever, là tu auras une réaction plus intéressante.

- Tu parles en connaissance de cause, je présume ?

- Oh que oui.

Miranda retourna s'asseoir à côté d'Eloïse. Six heures qu'elles étaient là. Six heures qu'elles se demandaient ce qui allait leur tomber dessus d'une minute à l'autre.

Enfin, Eloïse, elle, savait ce qui allait lui arriver. A moins d'un miracle, elle allait retourner à la case "Caleb". C'était pour les autres qu'elle était plus inquiète.

- Miranda ?

- Quoi ?

- Dis-moi que Victorien est un génie absolu et qu'il va nous sortir de là.

- C'est pas un faiseur de miracles.

Eloïse soupira. Elle ne voulait pas faire un pas en arrière et retomber aux mains de Caleb. Elle ne voulait pas que Miranda, Rory ou Victorien finissent en position inconfortable par sa faute.

- Je pense que je vais accepter qu'on me surnomme "aimant à problèmes", grommela-t-elle.

- Il était temps.

Ancestrales 5 ~ L'heure du JugementDes histoires addictives. Découvrez maintenant