Eloïse se réveilla en sursaut.
Son cerveau fonctionnait au ralenti et elle se sentait incroyablement engourdie, comme si ses muscles avaient été remplacés par du coton. Elle mit quelques minutes avant de se rendre compte qu'elle était allongée sur un matelas, et encore plusieurs supplémentaires pour ouvrir les yeux. Tout était sombre et flou, mais le rai de lumière qui filtrait en dessous des rideaux suffisait à lui faire reconnaître sa chambre.
Lentement et avec quelques difficultés, elle roula sur le côté pour se redresser à l'aide de ses bras tremblants. Si son esprit redevenait un peu plus clair, Eloïse avait toujours l'impression d'être un tas de guimauve vivant. Rassemblant toute sa volonté, elle se mit debout, esquissa un pas mal assurée, puis ses jambes la lâchèrent et elle s'écrasa sur le marbre du sol.
Quelques minutes passèrent où elle ne bougea plus d'un pouce, perdue dans un état de semi-conscience. Ce fut seulement quand son corps retrouva quelques sensations qu'elle se réveilla brutalement. Le sol était gelé.
- Bordel de putain de merde, souffla-t-elle en essayant de se lever.
La tentative fut plus concluante, bien qu'elle dut se tenir au mur pour rester sagement campée sur ses deux pieds. La pièce bougeait autour d'elle.
- Je me suis fait droguer ou quoi ? articula-t-elle difficilement.
Eloïse ferma les yeux. La drogue n'avait rien à voir là-dedans, elle le savait. Caleb, par contre, avait une gigantesque part de responsabilité. Elle avait voulu le pousser du toit de son château et il l'avait endormie pour l'en empêcher. Chose certaine, il n'y était pas allé de main morte, puisque les effets de son sortilège peinaient à disparaître. Elle se frappa gentiment la tête contre le mur pour forcer son cerveau à coopérer.
Eloïse aperçut son téléphone soigneusement posé sur sa table de nuit et s'en saisit. A défaut de pouvoir envoyer des messages, faute de réseau, il pouvait toujours lui donner l'heure.
Trois heures cinq.
Elle qui avait voulu se coucher tôt pour se lever au beau milieu de la nuit, Caleb lui avait rendu service sans le faire exprès.
Quand les effets du sortilège semblèrent enfin se dissiper, Eloïse fouilla l'armoire à la recherche des vêtements qu'elle portait à son arrivée sur Ifraya. Levanna les avait normalement lavés la veille. Après les avoir enfilés, elle mit ses chaussures, soigneusement posées au pied du lit. La robe noire à la jupe découpée finit dissimulée dans un coin pour ne pas que la dame de compagnie la trouve. Du moins dans la mesure du possible.
Eloïse s'élança discrètement dans le couloir. Depuis quelques temps, elle s'étonnait du peu de bruit qu'elle produisait. Elle avait l'impression de flotter au dessus du sol, ou au moins de marcher dessus à la façon d'une plume.
Son objectif suivant était de ne pas croiser Haven, qui devait sans doute la surveiller quelque part, tapis dans l'ombre. En général, il ne se montrait pas, sauf quand elle sortait en direction des jardins. Il s'agissait d'une menace induite au cas où elle chercherait à s'enfuir. Mais Eloïse avait décidé de respecter son marché, aussi ses menaces ne servaient à rien.
Pour ne pas attiser sa curiosité cette fois, elle choisit de rester dans les couloirs du château. Même si Haven se trouvait à côté, elle aurait l'illusion d'être seule.
Enfin, chez Caleb, la solitude était relative. Peu importait l'heure, les couloirs n'étaient jamais vide. Eloïse esquiva un couple de nobles à une intersection et quelques domestiques avant d'atteindre les escaliers. Souvent, les étages supérieurs étaient les plus déserts.
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Ancestrales 5 ~ L'heure du Jugement
Fantasy/!\ En réécriture à partir de 2025 /!\ Tome 5 de Ancestrales.
