Chapitre 3 : Supplication

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Elle était toujours là, prisonnière avec ce Michael, ou plutôt prisonnière de ce Michael.
Elle voulait bouger, marcher, mais étant menottée c'était impossible.

Elle commença à gigoter sur place, se servant de sa main libre pour tenter de se détacher. Elle tira, de toutes ces forces, mais la seule chose qu'elle réussit à faire, fut de relâcher trop brusquement les menottes, et de faire un mouvement de la taille, trop grand.

Un léger cri de douleur s'échappa de sa gorge, elle regrettait soudainement d'avoir tentée de fuir. Elle regarda sa plaie, et un peu de sang commença à tâcher les compresses blanches.

Alors que Michael était assis sur une chaise, devant la table en bois au milieu de la pièce, comme perdu dans un autre monde, le cri de la jeune fille l'interpella. Il se leva et se dirigea vers l'étagère.

Arrivé à son niveau, il vît qu'elle se tordait de douleur, en gémissant, tout ça, en tenant son ventre.
Il s'agenouilla près d'elle, et prit ses deux mains pour les écarter.
Il mordit alors sa lèvre quand il vit un peu de sang imbiber les compresses.

Il se leva finalement, allant chercher d'autre compresses, avant de revenir auprès d'elle, qui continuait à gémir de douleur, pleurant. Prenant des respirations coupées.

Il enleva doucement les compresses collées à sa peau, mais malgré la douceur, la jeune fille se mît à hurler, à s'en briser les cordes vocales. Les compresses étaient légèrement accrochées à la plaie. Elle hurla, pleura, implora, durant de longues... longues minutes.

Après avoir tout retiré, Emma reprit une respiration normale et ferma les yeux, soulagée. La fraîcheur du lieu vint rafraîchir son front où perlait la sueur résultant de cet horrible moment. Elle se perdit ainsi complètement dans le soulagement.
Quant à Michael, il sortit les compresses de leurs enveloppes, avant d'attraper des cotons non-loin de là.

Il commença à essuyer le sang qui avait coulé, mais il avait du mal. Beaucoup de mal.
Il se pencha vers le ventre de la jeune fille, observant chaque détails de sa peau, sans qu'elle ne s'en préoccupe vraiment, elle était soulagée de ne plus ressentir de douleur.

Un simple baiser se déposa sur le ventre d'Emma, lui faisait rouvrir les yeux. Et la paralysant au passage.
Les lèvres de Michael étaient imbibées de sang, qu'il se délecta de lécher. Il perdait le contrôle.

Puis un seul baiser, se transforma en plusieurs dizaines, ne quittant pas la zone blessée. Sans être brusque. Elle n'arrivait pas à bouger, elle était tétanisée. Alors que lui au contraire goûtait son liquide vital, et sa peau par la même occasion.

Il finit par se reprendre, enfouissant toute sa nature de mangeur d'homme, et se redressa pour reprendre les compresses, et les déposer sur l'intégralité de la plaie d'Emma.

Après avoir fini son travail, il se releva et se dirigea vers la chaise qu'il avait quittée plus tôt. Pour se perdre de nouveau dans le néant, avec le goût du sang sur les lèvres. Laissant Emma perdue, et légèrement crispée.

Elle resta allongée, regardant le plafond. Cela dura un long moment, jusqu'à ce que la peur se dissipe et qu'autre chose revienne. Elle ne s'empêcha pas d'émettre un long soupir.
Elle s'ennuyait, elle ne pouvait absolument rien faire, tout ça parce qu'il l'avait attachée pour une raison qu'elle ignorait.

"Pitié libérez-moi." Se plaignait-elle.

Il tourna son visage vers elle, la regardant alors que ses yeux étaient toujours scotchés au plafond.
Elle tourna à son tour son visage vers lui, sans dire un mot.

Il détourna le regard, reprenant son silence en vaguant dans ses pensées et elle soupira de désespoir face à ce geste.

"S'il vous plait, ne m'ignorez pas en plus, je ne sais pas ce que vous me voulez, mais j'ai rien fait, et je ne suis pas méchante ou dangereuse." Essaya-t-elle de le convaincre.

Il ne daigna pas la regarder pour autant, il savait qu'elle voulait seulement partir, mais elle ne pouvait pas, elle allait mourir, et il ne voulait pas qu'elle s'en aille, et encore moins qu'elle meurt.

"S'il vous plait, qu'est-ce que je dois faire pour que vous m'écoutiez ?" Le supplia-t-elle.

Il avait du mal, mais il arriva à ne pas la regarder. Elle devait sûrement avoir une mine désespérée et il ne voulait pas le voir.

"Je vais devenir folle." Se dit-elle à elle-même.

Il se leva de sa chaise, et se dirigea vers elle, qui était allongée sur le sol. Elle le regarda s'approcher, ressentant quelques frissons de peur.
Puis il s'essaya en tailleur à ses côtes, en la regardant dans les yeux.

Elle ne bougeait pas, elle se demandait si elle avait fait quelque chose qu'il ne fallait pas, ou quelque chose qui signerait son arrêt de mort. Alors qu'il ne lui ferait jamais de mal.

Il posa une main sur ses cheveux, et commença à les caresser, simplement et calmement. Fixant le début de sa chevelure, comme extrêmement concentré.

Une fois de plus, s'accumulant, elle perçut une preuve de plus qu'il n'était pas comme les autres, qu'il n'était à priori par obligatoirement méchant.

Elle esquissa un sourire, ce qui bouleversa un peu les pensées de Michael, ses pensées si bien cachées.
Il continua à caresser le début de la chevelure de la jeune fille avec son pouce, en la regardant intensément. À croire qu'il pouvait lire dans son âme.

"Pourquoi faut-il que cette épidémie se soit répandue." Marmonna-t-elle.

Il continua à la regarder, ne prêtant pas trop attention à sa phrase. Ses yeux étaient accrochés à ceux d'Emma. D'ailleurs, elle avait espéré que dans ce regard, ils puissent se transmettre un message, mais non, rien, elle ne parvenait pas à déchiffrer quoi que ce soit, et elle se sentit encore plus vulnérable.

"Monsieur Michael, pourquoi suis-je ici ?" Lui demanda-t-elle.

Il ne répondit rien, continuant juste à caresser ses cheveux, et à la regarder dans les yeux.

"Vous êtes capable de parler au moins ?" Lui demanda-t-elle.

Et son silence répondit à sa place. Elle lâcha un long soupir, le temps allait être long s'il ne la libérait pas rapidement, elle voulait plus que tout s'en aller d'ici.

"Je vous en prie, s'il vous plait, libérez-moi, pitié." Le supplia-t-elle.

Il fronça les sourcils, et cessa ses gestes. Il se releva soudainement, et repartit à sa place autour de la table.
Pour le coup, elle avait échoué sur ce point-là.

Elle plissa ses lèvres, embêtée de l'avoir contrarié, ce n'était pas du tout son but, elle voulait seulement s'en aller, peu importe ce qu'il fallait faire pour y arriver. Mais comment ? Elle ne pouvait pas se découper le poignet ?!

Si seulement elle parvenait à trouver quelque chose qui puisse l'aider.
Michael selon elle, était étrange, et différent, et malgré cette envie de s'enfuir, elle était tout de même curieuse.

Elle commençait à avoir quelques suspicions, qui pourraient bien lui servir à l'avenir.

Quant à lui, il savait qu'il ne devait pas se laisser attendrir par ses supplications, après tout il faisait ça pour son bien, même si elle ne le voyait pas.

Ici, il savait qu'elle était en sécurité, et pour l'instant c'était le plus important. Il savait également qu'elle devait analyser toutes les choses qui pourraient l'aider à s'échapper, mais lui aussi, était malin.

Amour Pour La MortOù les histoires vivent. Découvrez maintenant