Paul soupire bruyamment pour me dire que je suis exaspérante, mais je fais comme si de rien n'était et boite jusqu'à mon sac ; posé sur une chaise fabriquée de toute pièce, à deux mètres de nous.
"- Laisse moi le porter, dit gentillement Paul.
- Merci. "
Il me fait un sourire, et je ne saurai dire s'il est sincère ou tout de même un peu forcé. Il va chercher Caleb, tandis que je prends la crème de Paul, que je devrai appliquer presque toutes les heures. Pour être sûre que ça fonctionne. Je fermes les yeux, doucement, et respire l'air frais. Je me demande comment serait le monde si il n'y avait pas eu la guerre. Ou même le virus. Y aurait-il des voitures volantes ? Des personnes en combinaisons blanches, qui arrivent à marcher sur l'eau ? Des voyages coûteux pour aller séjourner sur Saturne ? Cette question, je me la pose souvent. Caleb et Paul me dérangent dans mon moment de méditation en arrivant en trombe dans la pièce, en chantant une comptine.
"- Si on se fait repérer à cause de toi, dis-je en pointant Paul, je te tue.
- Sympathique.
- Je sais, je m'exclame en laissant échapper un rire.
- Allons-y, marmonne Paul en retrouvant un certain sérieux.
- Il faut aller par où ? Je demande, curieuse de savoir la route.
- On va errer un peu dans la ville délabrée, rejoindre la forêt qui nous couvrira, et puis normalement les montagnes seront là.
- Parfait. Prêt, Caleb ?
- Oui ! S'exclame t'il.
- Par contre, il va falloir être discret, ne pas pleurer, ne pas crier... Heh ? Je lui demande en souriant.
- Comme les espions ? Me questionne t'il, enthousiaste.
- Oui, comme les espions, je rigole doucement.
- On peut avoir des noms de code ?, demande Caleb.
- Oui, toi tu t'appelleras agent 009, Caleb. Et toi, Paul, tu t'appelleras agent grognon.
- Et toi tu t'appelles agent casse-coui..
- Taratata, on doit y aller, je l'interrompt avant qu'il ne dise un gros mot devant mon petit frère. "
Caleb prend son petit sac, Paul en porte deux grands, un sur son torse et un sur son dos ; tandis que moi... J'ai ma crème en main, et j'essaie de marcher.
Pathétique.
"- Laisse moi prendre un sac, Paul, car là je me sens un peu inutile.
- Mais tu es inutile, me rassure t'il. "
Je grognes ironiquement et répète ma demande.
"- Si tu n'arrives même pas à te déplacer seule, comment le feras tu avec un truc pesant dix kilos sur ton dos ?
- J'irai à deux à l'heure.
- Exactement. Et notre but, c'est d'arriver le plus vite possible.
- T'as mérité ton nom d'agent, je marmonne. "
Je le vois esquisser un sourire, et on s'élance à travers notre route. Je boitille à l'arrière, avec mon pot de crème à la main. On traverse un peu la ville. Vous voulez que je vous la décrive ? Ce n'est pas joli joli.
Un grand immeuble se dresse devant nous, enfin la partie qui lui reste. Car l'autre moitié n'est plus là, détachée de son corps.
Des anciens magasins avec des vitres cassées, de la poussière sur les tables rouillées.
Des cadavres trônant à terre.
C'est une ville brisée. C'est tout ce que je vois
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Fuck.
Science FictionOn est en 2135. Je sais ce que vous me direz : " Est-ce qu'il y a des voitures volantes ? Le Monde est-il dominé par les robots ?". Désolé de vous décevoir, mais non. C'est un peu plus grave que ça.
