Chapitre 21 (Kit)

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Quand j'ai du temps libre, à part mettre mon nez dans la vie amoureuse de Ai'Pha, j'aime faire du sport. Déjà, parce que ça m'aide à booster mon système immunitaire et combattre certaines maladies (je vais trop loin là, je suis même pas sûr de réussir à obtenir mon diplôme), mais aussi parce que si je continue à lire mes cours sans rien faire d'autre, je risque de perdre des années de vie. C'est pour tout ça que je viens souvent à la salle de sport pour m'exercer.

Ça serait une grave erreur de la sous-estimer. Elle propose une panoplie d'équipements, parfois même largement supérieurs à d'autres endroits, étant donné que la faculté tient à soutenir les étudiants sur différents aspects (huuum, il faut avouer que les frais de scolarité sont plutôt onéreux) et le côté sportif est un des plus prépondérants.

Je ne fais pas partie de ceux qui ont une carrure démesurée vu que je n'y mets pas vraiment du mien. Mon but se cantonne seulement à en faire régulièrement pour garder une certaine forme. Comparé aux étudiants de STAPS qui soulèvent des poids là-bas, je ne suis qu'un misérable mollusque.

Dans tous les cas, je peux seulement venir en début de soirée étant donné que, ces derniers temps, nos cours se terminent tard dans l'après-midi. J'ai proposé à Ai'Beam de m'accompagner mais il est trop fatigué, c'est pour ça que je suis tout seul. Je sue comme un porc, j'en suis déjà à mon 3e km de course. J'ai dû brûler des milliers de calories à l'heure qu'il est.

BAM !

Je me tourne pour chercher la source du bruit, c'est clairement quelqu'un qui est en train de mettre en lambeaux un sac de sable.

BAM ! BAM !

Ma supposition s'avère juste. Je réduis la vitesse de course pour savoir qui est à l'origine de tout ce boucan, non sans appréhension. La personne en question doit forcément être une sacrée brute pour réussir à faire autant de bruit.

BAM ! BAM ! BAM !

Triples coups ! Je regarde plus intensivement avant que mon visage ne se décompose en réalisant que c'est... nul autre que cet enfoiré de Ai'Ming, l'ami de N'Yo (vous remarquerez la différence notable dans ma manière de m'adresser à eux, alors qu'ils viennent tous les deux de mon lycée). Il frappe le punching ball de toutes ses forces, comme si quelqu'un venait d'insulter son père. J'en perds ma mâchoire. Putain ! Si j'étais à la place de ce sac, toutes mes côtes seraient déjà en miettes à ce stade.

Maintenant que ma curiosité a été assouvi, je me tourne pour me remettre à courir. Je ne sais pas pourquoi je ne veux pas qu'il sache que je suis là. A chaque fois qu'il me parle, c'est pour m'énerver. La dernière fois, il m'a même envoyé un message pour me faire comprendre qu'il me regardait alors que j'étais en cours. Si c'est le cas, c'est vraiment un psychopathe. Je devrais rester loin de lui.

Je suis plongé dans mes pensées alors que je continue à suer comme un malade. J'ai oublié ma serviette dans mon sac (abruti) donc je n'ai pas d'autre choix que de laisser couler jusqu'à ce que...

... une serviette blanche apparaisse sur la console de mon tapis de course.

Je regarde tout de suite son propriétaire et reste sous le choc. La Lune d'Ingénierie se met à jouer des sourcils.

« Waouh, plutôt balèze. Tu cours depuis un moment déjà. »

Il me fixe comme si j'avais remporté un sprint 4x100m alors que je le regarde les yeux ronds. Merde, il a déjà retiré ses gants de boxe et son corps est trempé de sueur. L'image de lui en train de frapper le sac de sable, comme s'il était fait en coton, me revient en mémoire. Je n'ose rien lui dire. J'ai bien trop peur de recevoir le même traitement si je dis quelque chose de travers. Putain, mon pronostic vital serait forcément mis en jeu.

Je La vois la nuitDes histoires addictives. Découvrez maintenant