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C'était tout bonnement impossible que je sois de retour dans cette ville. Et pourtant, quand je vis les alentours de la rue perpendiculaire à celle du lycée a quelques pas, je me disais que ça ne pouvait pas être pire.

Hé oui : voilà que je retournais à Nashville, ville de tous mes problèmes.

J'ai bien conscience que j'en ai eu, et qu'évidemment, j'en aurai toujours, mais lorsque je me ressasse de la période du collège, qu'est-ce que je me dis que j'étais conne, et surtout, extrêmement naïve. Mais vous savez, à l'âge canonique de 14 ans, on est pas encore assez matures et solides pour comprendre que le monde autour de nous veut tuer notre naïveté, et qu'il est dur de se fier aux seuls êtres qui vous entourent, quand il y en a de toutes sortes et par centaines dans le monde entier. Mais ça, on le comprend extrêmement lentement, ou pas ; certains devient plus matures que d'autres. Mais moi, j'ai eu du mal à le comprendre. Enfin, voilà ce qu'on appelle la gentillesse et la patience.

- Ana !

Ma mère me tire de ma rêverie, et je l'observe, en train de porter un carton. Je me précipite vers elle pour le saisir, tout en lui donnant une leçon :

- Maman, arrête de porter des cartons, surtout les miens, tu vas finir par avoir une scoliose.

- Comme si mon âge ne me le permettait déjà pas, rit-elle.

Ma mère, ça a été toujours quelqu'un que j'ai admiré. Elle a passé tellement d'épreuves, et pourtant, elle fait comme si de rien n'était. Des fois, c'est vrai que ça détache sur moi, mais pas tellement ; je fais seulement la dure de l'extérieur, et en emménageant dans ma nouvelle maison et en allant dans le collège de ma nouvelle ville, j'ai cru que je céderai en un million de pièces à tout moment. Sauf que maintenant, j'étais devenu forte. Indépendante de tout le monde, et surtout, très froide et aigrie. C'est un peu le côté de la reconstruction que j'aime le moins, mais je sais d'un autre côté que ça va me sauver, et que si quelqu'un m'approche, ça ne sera pas quelqu'un qui voudra me faire du mal, étant donné le caractère de chien que j'ai adopté.

Je pose le carton dans ma nouvelle petite chambre. J'observe les alentours, avec un sourire. Un des seuls avantages de revenir ici, c'est de constater que je ne partagerais plus ma chambre avec mon grand frère, Damien. Il est parti étudier dans l'école de ses rêves, et a pu même, avec la bourse, avoir un petit studio. J'ai même compris qu'il ne vivait pas seul, alors, tant mieux pour lui.

Je déballe les affaires de mon carton. J'en avais un seul, le reste étant les meubles que je possédais. Loin d'avoir exactement les mêmes qu'en repartant d'ici, je me disais que ce serait un nouveau départ, après tout. Mais croiser les visages que j'ai connu n'est pas une chose qui me réjouit pour autant. Mais cette chambre, je la changerais. Je commence déjà à décider de la place que prendront mes meubles, et j'ai même demandé à mes parents si je pouvais avoir un peu d'argent de poche d'avance pour septembre pour acheter des choses pour remplir ma chambre. Je voulais la rendre un peu plus remplie, et aussi, qu'elle ressemble à une chambre d'ado normale, bien que je ne veux pas ressembler aux autres. Je la trouve juste...sans saveurs. Elle a besoin de devenir comme moi.

Je pose des choses par ci, je construis mon meuble par là, mais finalement, en une journée, voire moins, c'est bouclé.

Cependant, ça faisait toujours aussi bizarre de revenir dans cette ville, où j'ai tellement subi.

Mon côté optimiste me dit que maintenant, nouveau départ, j'ai changé ! Cependant, une autre partie de moi me dit de faire quand même attention. Après tout, on ne sait jamais sur qui on va tomber...

***

- Allez, je te dépose ici, ça te va ?

- Ouais t'inquiètes, merci, maman.

Une vie pas très normaleOù les histoires vivent. Découvrez maintenant