Wow.
Ce fut la seule chose qui me traversa l'esprit lorsque je débarquais à White Fang, la ville que j'étais censée rejoindre pour désormais vivre. J'avouais volontiers avoir cru débarquer dans le trou le plus paumé et le plus pourri de tout l'Etat canadien. Le panneau indiquant qu'il ne me restait que 500m à parcourir pour trouver la ville ne m'ayant déjà pas fait une très bonne impression. Le poteau de bois qui était censé le soutenir était rongé pas l'humidité et les mites et il vacillait sous les nombreux coups de vents qui semblaient s'acharner sur lui avec obstination. Ce malheureux panneau m'aurait presque fait pitié, si je ne m'apitoyais pas déjà sur mon propre sort et la misère que j'allai devoir encaisser dans ce trou paumé.
Mais je m'étais reprise en me disant que comparé à ce que j'avais vécu jusqu'à maintenant à New-York, cette ville n'allait être qu'une promenade de santé. Et puis Audrey n'avait jamais cessé de me vanter les mérites de sa philosophie de toujours « le pouvoir de la pensée positive ». Un truc que je n'avais personnellement jamais pris au sérieux, mais je m'étais dit que dans ma situation, tous les moyens étaient bons pour garder la tête hors de l'eau et ne pas tomber en dépression. J'avais respiré un grand coup l'air pur et vivifiant de la montagne, ensuite j'avais attrapé mon sac d'un geste décidé et l'avait placé sur mon épaule droite et m'étais élancé fièrement et courageusement vers mon avenir en espérant qu'il n'y avait pas que des vieux là-bas.
Et puis, j'avais vu des lumières colorées au loin. Après quelques mètres supplémentaires, j'avais compris qu'il s'agissait de guirlandes lumineuses, comme celles que l'on accroche à Noël sur la façade des maisons ou au sapin familial. Et puis, j'avais vu les maisons. Elles ressemblaient plus à des chalets qu'autre chose. Mais la plupart était éclairé et semblaient chaudes et accueillante. Beaucoup de cheminées fumaient, et je voyais quelques paires de skis de différentes tailles posé contre la façade bleue de l'une d'elle et en déduisis qu'une famille devait se trouver là. Mais qui m'attendait presque à des cabanons en ruine, j'étais scotchée devant ce paysage de carte postale.
J'avais jeté un coup d'œil circulaire, et avais remarqué un parking, ainsi qu'un magasin de sport à l'enseigne lumineuse au loin. A côté, il y avait aussi un supermarché et un petit stand de souvenirs, avec boules à neige un peu ringardes, doudounes colorées avec un loup blanc dessiné dessus et des bonnets. Tous les objets (hormis les boules à neige) était marqué de ce symbole. Un loup blanc, debout, fier avec quelques fois, une grande lune ronde et argenté en arrière-plan. A cette vue, mon rêve me revint brusquement en tête et je songeais distraitement que quelques fois, je voyais aussi une immense lune bien ronde et bien nette qui se découpait sur le ciel nocturne, quand je me déconcentrais de ma course pour regarder vers le haut. Chose que je faisais assez rarement.
J'en avais rapidement déduit que le loup devait être le symbole de ce village. Peut-être y en avait-il encore, même après la mort de Papy à cause de ces fauves. En songeant, à mon grand-père la raison de ma venue me revint en mémoire j'avançai donc timidement de quelques pas, soudainement intimidé par cette petite ville qui me semblait beaucoup plus accueillante et agréable à vivre que la jungle goudronnée et bruyante qu'était New-York. Mais ma nouvelle vie ne s'annonçait pas si pourrie que je l'avais imaginé finalement. Merci pensée positive d'Audrey, je ne douterai plus jamais de toi et de ton efficacité.
Je m'avançai dans la rue qui était particulièrement bien dégagé et mon regard tomba sur un panneau de bois coloré et vernis qui disait :
« Welcome to White Fang »
Merci beaucoup.
Là aussi un grand loup blanc me fixait fièrement de ses yeux de bois peint en jaune. Je lui rendis son regard et poursuivi mon chemin, beaucoup plus en confiance. Je croisai quelques voitures (une verte, sept noires, deux grise, trois bleues et une jaune), et quelques passants qui en voyant mon sac surchargé me firent un sourire que je pourrai qualifier de bienveillant ou de bienvenue. Comme s'ils avaient déjà compris que j'étais une petite nouvelle qui venait de débarquer. Mais je ne m'en formalisais pas et leur rendis timidement leurs sourires en essayant d'avoir le plus sympathique possible. Les nouvelles devaient se répandre assez vite dans une si petite ville, et je parierai volontiers mon bras gauche que d'ici ce soir, tout le monde serait au courant de mon arrivée. M'enfin bon, qu'est-ce que je pouvais faire contre, moi ? Et puis, mon arrivée n'était pas vraiment un secret, même si je doutais quand même qu'il ait beaucoup de monde qui vienne s'installer ici malgré que cette ville soit aussi accueillante. J'avais le pressentiment que j'allais être l'attraction du moment pendant un certain temps.
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Transformation
ParanormalAprès la mort de sa mère, Faye se retrouve seule et livrée à elle-même. Pour échapper à la famille d'accueil, elle s'enfuit au Canada et s'installe dans l'ancienne maison de son grand-père décédé dans la petite ville de White Fang . Étonnamment, el...
