Les yeux grands ouverts, fixés sur le plafond, Harry fut d'abord incapable de dormir.
Après le départ de son professeur, il était resté figé dans un état second. Son esprit semblait fonctionner trop vite et trop lentement à la fois, le plongeant dans un état proche de la crise de panique, sans jamais franchir la ligne qui le ferait sombrer.
Le sortilège calmant devait toujours faire effet, mais il ne savait pas ce qu'il se passerait s'il se dissipait et ne tenait vraiment pas à le découvrir.
La tension et la peur rampaient encore sous sa peau, tel un essaim d'insectes, c'était très étrange comme sensation...
Hagrid avait dû voir qu'il n'était pas en état, car il l'avait gentiment, c'est-à-dire brusquement et avec une force démesurée, repoussé dans le lit pour qu'il se repose un peu.
Ce n'est qu'après ce qui lui parut des heures que l'épuisement avait dû l'emporter, car il n'avait aucun souvenir de s'être assoupi.
À son réveil, il se sentait plus reposé et calme, son angoisse ne laissant qu'une légère tension dans ses épaules. Désorienté, il fixait maintenant le toit du lit en baldaquin. Petit à petit, les dernières brumes de sommeil qui brouillaient son esprit se dissipèrent et le rappel douloureux des derniers évènements tomba sur son estomac comme une enclume.
Il referma les yeux immédiatement, prenant une grande inspiration pour se calmer.
Il ne devait pas paniquer, c'était inutile. Il fallait penser logiquement, c'était sa seule défense face à la panique : relativiser et planifier.
Pour l'instant, il ignorait ce qui était vraiment arrivé avec Snape. Comment l'avait-il bloqué ? Est-ce qu'il y en avait d'autres comme lui ? Pourrait-il utiliser la même technique pour repousser les voix ? Pour l'instant, le jeune garçon était incapable de le deviner.
Il ne savait même pas ce que l'homme avait pu réellement comprendre de l'incident. Peut-être n'avait-il rien remarqué...
Non, définitivement, il l'avait remarqué.
Son don était peut-être quelques chose de spécial ? Et avec un peu de chance, ça lui donnerait même un certain avantage par rapport aux autres. Le garçon en doutait, mais que pouvait-il espérer d'autres ?
Peut-être était-il complètement à côté de la plaque et que ça ne le rendait pas du tout spécial. Peut-être même qu'il y en avait d'autres comme lui et que, bientôt, il recevrait une lettre discutant des dispositions à prendre pour son don, voir une recommandation pour école ou un cours spécialisé dans le meilleur des scénarios...
La seule chose qui était sûre pour le moment, c'était qu'il n'avait aucun moyen de revenir en arrière et que se rendre malade de regrets ne servirait à rien. Le mieux à faire était encore d'attendre et voir, tout en glanant le plus d'informations possibles.
En résumé, le même plan qu'avant mais en évitant les foules cette fois-ci.
Il soupira, dépité, et retrouva petit à petit son calme.
Maintenant qu'il avait une vague idée de quoi faire, il était temps de passer à l'action.
Il ouvrit les yeux et se redressa, observant la chambre d'hôtel. Elle n'avait pas changé, si ce n'est que le soleil de midi baignait déjà la pièce d'une lumière intense et chaleureuse. Il jeta un coup d'œil à une pendule au mur et soupira. Déjà onze heures... Il n'avait plus de temps à perdre.
Il tourna la tête et vit que le géant roupillait toujours sur le même canapé et semblait ronfler très fort. Cela devait être de sacrés ronflements, car le plancher vibrait au rythme de ses aspiration.
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Les voix de l'âme
FanfictionIls appelaient ça un don, lui le vivait comme une malédiction . Les voix étaient là depuis toujours, venimeuses, le détruisant à petit feu... car elles lui montraient le véritable visage de ce monde.
