Rencontre partie 1: Harry

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Merde.

Ce fut la première chose qu'il se dit alors qu'il sortait doucement de sa torpeur.

Harry était rarement grossier, il valait mieux que ça. Mais dans certaines situations, la vulgarité semblait être la seule réaction appropriée.

Il connaissait cette sensation par cœur : l'épuisement caractéristique dans chacun de ses muscles, la gorge sèche, le goût ignobles dans sa bouche et la sueur froide qui trempait ses vêtements les rendant poisseux... Mais surtout, surtout il y avait la migraine intense qui battait durement contre son crâne.

Il avait fait une crise d'angoisse, encore.

Un gémissement frustré, ou douloureux il n'était pas sûr, lui échappa.

Ses membres semblaient peser une tonne et il était bien trop épuisé pour essayer de les bouger. Sa migraine s'intensifia lentement, à mesure qu'il reprenait conscience et que les voix venaient envahir son esprit à nouveau, toujours là dans les pires moments.

Ça ne valait pas la peine de bouger, vu son état, il préférait encore dormir un peu.

Sans plus se poser de questions, il se blottit dans la chose moelleuse sur laquelle il était allongé confortablement avec la bonne intention de rattraper ses heures de sommeil.

Du moins c'est ce qu'il aurait fait, si quelqu'un ne lui avait pas soudainement pincé le nez et forcé à avaler un liquide non identifié absolument immonde.

La surprise le fit se redresser vivement. Mais avant qu'il n'ait le temps de tout recracher, on posa une main ferme sur sa bouche pour l'en empêcher.

Il dut s'y prendre à plusieurs reprises, la consistance visqueuse et écœurante de la substance n'aidant pas, mais il parvint finalement à déglutir avec difficulté après quelques tentatives.

Presque instantanément, il sentit la fatigue quitter ses membres, ne gardant qu'une sensation fantôme de la douleur. Sa migraine diminua également, ne laissant qu'un léger étourdissement et une pression sur ses tempes.

Il ouvrit les yeux, confus, et réalisa qu'il n'était pas dans sa chambre, ni même dans son placard.

Il était allongé dans un grand lit à baldaquin, les rideaux en tapisserie vert bouteille grands ouverts, avec les couvertures épaisses et lourdes assortie aux rideaux, l'entourant d'une chaleur agréable.

Le reste de la chambre était décorés sobrement. Les murs et le plancher avaient certainement connu des jours meilleurs, même s'ils étaient propres, et les quelques meubles dans la pièce auraient plus eu leur place dans un magasin d'antiquités. Mais tout était arrangé pour donner une ambiance chaleureuse et accueillante.

Il lui fallut trente bonnes secondes pour se resituer. Les souvenirs des derniers événements affluèrent d'un coup et il se mit à trembler légèrement.

La foule l'avait englouti, sa voix était introuvable et tous ces gens qui se rapprochaient de lui et essayaient de le toucher...

Non, il ne devait plus y penser, sinon allait finir par refaire une crise.

Captant un mouvement à sa droite, il se souvint enfin qu'il n'était pas seul.

Comment avait-il fait pour ne pas repérer Hagrid avant, c'était un mystère. Le géant était si grand qu'il atteignait le plafond. Mais il n'était pas le seul présent.

Un étranger se tenait à ses côtés, penché sur lui.

L'homme était grand, vêtu d'une longue et épaisse cape noire, contrastant avec son teint cireux.
Ses longs cheveux tout aussi sombres semblaient avoir été recouverts d'huile de cuisson et encadraient son visage aux pommettes saillantes, creusant légèrement ses joues, lui donnant un aspect maladif.

Les voix de l'âmeDes histoires addictives. Découvrez maintenant