8 - Trop beau pour être vrai

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Il a suffi de ça pour que je me renferme. Je mets du temps à m'ouvrir aux gens mais pour me renfermer c'est rapide.
{Hum avec Axel t'as pas mis de temps pourtant, me souffle ma conscience}.

Bref, je suis toujours dans l'incompréhension. Genre, vous avez compris quelque chose à son comportement vous ?
Ce qui m'embête, c'est que je ne suis pas du genre à passer à autre chose. Non, je vais ressasser encore et encore. Mais je n'irai pas demander de réponse, je vais attendre que ça passe et pour que ça passe je vais probablement faire ce que je fais de mieux : fuir.

Samedi est arrivé et j'ai finalement décidé de ne pas déserté le théâtre. Ouais, j'ai payé, faut pas déconner non plus. Par contre je ne vais pas mentir, j'angoisse à l'idée de le revoir, de jouer Olympe... My God, faites qu'on ne répète pas la scène aujourd'hui. Ni jamais d'ailleurs.
Olala mais qui m'a envoyée m'inscrire dans ce bourbier ?!

Come here baby, je lance à mon sac lorsque je le récupère avant de claquer la porte de l'appartement et d'enfiler mes écouteurs.

J'avance tranquillement dans ma rue parce que, oui ça m'arrive d'y aller tranquillement. Quand je ne suis pas en retard quoi.

- Ça va voisine ? Me lance-t-il avec un petit sourire, lorsqu'il arrive à mon niveau.

My goodness, frère ce sourire là c'est pour que je fonde comme une glace au soleil ?

- Oh salut, ça va et toi ?
- Tranquille on est là.
- Bon, passe une bonne journée, je lui dis, accompagné d'un sourire.
- Toi aussi, à plus tard *clin d'œil*.

Eh je vais carrément fondre comme un sorbet là. Ça fond plus vite qu'une glace un sorbet, non ?

Plus j'approche du théâtre moins je me sens bien.
J'entre et salue tout le monde. Il n'est pas encore là, ouf.
On discute tous un peu avant le début de l'atelier quand Axel fait son entrée et que mon cœur se met à palpiter. Mdr heureusement qu'on ne voit pas ce qui se passe là-dessous. Le problème c'est qu'on voit toutes mes émotions à travers mon visage ; j'essaie de les cacher tant bien que mal.

Il fait la bise à un petit groupe qui discute debout avant d'arriver à mon niveau. Il fait la bise à Denise, tchèque Darel et... je me demande s'il va me dire bonjour, comment il va me dire bonjour ? J'essaie d'avoir l'air détachée et naturelle.

- Bonjour Halima, en s'approchant pour me faire la bise.

- Salut, je réponds en le regardant après lui avoir fait la bise.

C'était... cordial ? Ouais, je crois que c'est le terme. Ce n'était ni chaleureux, ni froid et je crois que ça me fait un peu mal. J'aurais préféré que ce soit froid, qu'il me lance un sale regard. Qu'il montre un ressenti quoi. Là il n'y avait rien.

Alors c'est reparti ça y est ? Je vais retourner à ma vie monotone. En même temps c'était trop beau pour être vrai. M'entendre parfaitement avec une personne au bout de quelques semaines et que ça dure, ça relève de l'utopie.

L'atelier a suivi son cours et nous avons évidemment joué la scène d'Olympe et Archibald, histoire de bien enfoncer le couteau dans la plaie.
Le théâtre c'est pour m'aider à vaincre ma timidité mais aussi à maîtriser mes émotions. Autant dire que là, on s'est bien rendu compte que je débute. Je n'y étais pas du tout, complètement mal à l'aise face à Axel. Car clairement, je n'étais pas du tout Olympe face à Archibald mais Halima face à Axel qui lui, était bien Archibald. Il joue super bien.
Si c'est si facile pour lui de jouer, c'est peut-être qu'il n'a pas ressenti ce petit lien naissant que je croyais qu'il y avait entre nous. C'était peut-être vraiment un jeu tout compte fait, même si quelque chose au fond de moi me dit que non.

Halima, raconte !Des histoires addictives. Découvrez maintenant