-Dis moi Alice, qu'attends tu de moi ?
Elle me regarde de son habituelle mine attristée. Je la fixe droit dans les yeux. Je ne peux m'empêcher d'être emplie de doutes. J'ai beau être toujours... Moi. Elle me déstabilise. Je me sens chez moi avec elle. Je peux me réfugier dans son regard. Est ce malsain de vouloir planter mes yeux si souvent dans le bleu des siens quand j'ai conscience du mal être qu'ils expriment ?
-J'aimerai pouvoir croiser ton regard... Sans que celui ci ne paraisse accablé. Regarde toi... Tu es épuisée.
Je pose ma main sur sa joue. Elle semble se faire à ce contact. Elle ferme les yeux en laissant sa joue glisser dans ma paume.
-Gaïa, comment pourrais-je attendre quoi que ce soit de toi ? Je ne sais même pas ce que je dois attendre de moi. J'ai toujours cette présence... Étouffante. Qui me blesse. Qui m'entoure. Qui se resserre. J'ai mal Gaïa. J'ai mal de devoir te faire subir ça. Sa présence. Mon mal être. C'est lourd à porter. Et j'en fais ton quotidien. Je suis la dernière chose dont tu as besoin.
-Alice.
Elle ouvre les yeux, l'air plus que peinée. Ses sourcils sont froncés. Elle doit résister à l'envie de pleurer. Ce serait contraire à la volonté qu'elle m'exprime.
Pleurer... J'aimerai bien pleurer.
-Ne redis jamais que tu es la dernière chose dont j'ai besoin.
Je me surprend moi même à être aussi ferme. Je sens ma mâchoire et mon front se contracter.
-Jamais.
-Mais... Tu as l'habitude de ma présence. Cependant, tu ne peux le nier, cette habitude est mauvaise. Tu cherches à être vivante, à ressentir des choses. Moi, je te tire vers le bas. Je suis nocive pour toi. Tu ne peux pas te développer sainement à mes côtés. Je ne dis plus ça pour me déprécier. Je suis sérieuse.
-J'aimerai tant pouvoir t'aider. Je peux tout faire pour toi. Je peux combattre n'importe qui. Je peux aller n'importe où. Je peux tout simuler. Je peux te fabriquer ce que tu souhaites. Je peux t'apprendre plein de choses. Alors pourquoi ne puis je simplement pas réchauffer ton cœur ? T'offrir un sourire sincère. Une sensation de bonheur ? Non, supprimer ton mal être. Je ne veux pas que ce soit éphémère. Je suis las de ne pas savoir quoi faire pour t'aider. J'ai la sensation de tout pouvoir t'offrir sauf ce que tu souhaites. Alice, c'est une torture. Te voir souffrante sans réussir à y remédier est un tourment considérable.
-Ce n'est pas à toi de résoudre ces problèmes. Ce n'est pas parce que je ne le veux pas. C'est juste que tu ne le peux pas. Je suis la seule ayant la possibilité d'aller mieux. Je ne sais pas comment faire, mais ça ne peux que venir de moi. Tu m'aides déjà énormément. Ta présence, c'est le plus beau des remèdes. Tu m'offres des moments de détente et de bien être que je n'échangerai pour rien au monde. Tu m'as fait vivre et ressentir des choses que je n'aurai avec personne d'autre que toi. Je te suis tellement reconnaissante d'avoir toujours été là.
- J'aimerai pouvoir te remercier sincèrement aussi, te dire que je tiens énormément à toi mais...
- Je sais. Arrête de te justifier. Je sais. Tu n'as pas à t'en vouloir ou à exprimer de quelconque émotion semblable à de la culpabilité.
- Pourtant je devrais pouvoir te montrer ce-
Elle m'interromp en me prenant dans ses bras.
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-Tu te souviens quand tu m'as demandé ce que je désirais le plus au monde ? Mon plus grand rêve ?
-Oui ?
-À ce moment, je t'ai dit ne pas savoir. Je t'ai dit ne pas avoir de réelle motivation. De rêve particulier.
J'ai trouvé.
Ce que je désire vraiment, du plus profond de mon cœur...
... C'est de te voir heureuse.
