Je recule en même temps qu'Adams réduit la distance entre nous jusqu'à ce que mon dos percute un obstacle me stoppant davantage dans ma progression.
Qu'est-ce qu'il va me faire ?
Mon cœur menace à tout moment de s'arrêter à cause de la peur qui monte de plus dans mes tripes. Ses yeux noirs fixés sur les miens. Sa mâchoire qui se serre. Les muscles de ses bras qui se bandent. Tout porte à croire qu'il me veut du mal et il est trop tard pour que je puisse fuir.
Puis la porte de garage enclenche l'ouverture et mon geôlier m'attrape par le bras pour m'emmener derrière ce fameux brise vue, où je découvre un escalier métallique qui mène à l'étage.
— Monte ! Et tu ne fais aucun bruit, c'est compris ? serre-t-il les dents.
— Tu ne peux pas me retenir en otage ! C'est pas ce que je voulais, moi !
Je m'accroche à la barrière des deux mains et pousse sur mes pieds pour me planter sur le sol en béton. Peut-être que les autres me laisseront partir, alors je tente ma chance.
— Faut assumer ses choix, Crazy girl ! T'as voulu venir, alors maintenant tu la boucles !
En un tour de bras, je me retrouve sur son épaule, comme un vulgaire sac à patates. La tête suspendue dans le vide, je suis prise d'un vertige à mesure qu'on prend de la hauteur et il monte les marches sans aucune difficulté.
— Lâche-moi !
— Si tu cries, je te bâillonne ! Tu fais ce que je te dis, où j'annonce à mes gars que tu es là et je les laisse s'occuper gentiment de ton cas ! me menace-t-il. Crois-moi, ce ne sont pas des enfants de chœurs ! À côté, je te garantis que je suis un saint.
Je tape les poings contre son dos et feule comme une lionne en rage. Mes plaintes sont couvertes par le bruit d'un moteur qui pénètre les lieux si bien que j'ai du mal à m'entendre moi-même. Adams pousse une porte et me jette vivement sur un matelas à quelques pas de l'entrée. Il se positionne à califourchon sur mes cuisses, ôte son t-shirt dégoulinant de sueur avec une rapidité déconcertante, attrape mes poignets qu'il ramène au-dessus de ma tête en les empoignant d'une seule main et plonge ses yeux menaçants dans les miens en posant l'autre paume sur ma bouche qui sent encore le cuir de ses gants.
— Je t'ai dit de la boucler !
— Laisse-moi partir et je ne dirais rien ! Je sais être muette comme une tombe ! le supplié-je en baissant le volume de mes paroles sous ses doigts.
— Qui me dit que je peux te faire confiance ? Et tu as déjà changé d'avis ? Tu veux déjà partir loin de moi ? dessine-t-il une moue de ses lèvres charnues et luisantes de salive. J'avais plein de projets pour nous deux, Crazy girl, sourit-il avec malice.
Quoi ? De quel projet il parle ?
Il me met au défi en cherchant du regard au plus profond de mon être pour savoir si je dis vrai ou pas. Il libère mes lèvres et dégage une mèche de mes cheveux qui entrave mon visage. Son index se promène doucement sur ma mâchoire et effleure mon menton du bout des doigts. Je frissonne au même titre que l'angoisse gagne du terrain. Prise au piège sous son corps d'athlète, je tente de calmer ma respiration saccadée sous une tonne de muscles durs comme de l'acier et aux senteurs de virilité. Une brute à l'état pur. Et moi, Mckenzie Clark, je viens de perdre le peu d'estime que j'ai de moi quand mes yeux s'attardent sur son torse tentateur sculpté dans du granit et luisant de sueur. Des épaules larges et des biceps arrondis dû à la force qu'il met pour me maintenir immobile.
Le souffle court, je me fais violence pour ne pas flancher sous son regard de braise. Je dois perdre la tête, il ne peut en être autrement. Ou alors je suis encore dans ce cauchemar débile que j'ai fait cette nuit, mais il a pris une autre tournure et je vais bientôt être l'actrice d'un de ces films interdit au moins de dix-huit ans.
VOUS LISEZ
Three or Nothing
RomanceMckensie a saisi sa chance de changer de vie. Mais à quel prix ? Elle était loin de se douter que son existence allait prendre une tournure hors du commun. Deux hommes à la fois ressemblants, mais tellement différents vont littéralement se laisser c...
