Chapitre 7 : Je suis Ethan.

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— La victime est Bernard Lee. Soixante-sept ans. Il était voisin avec le disparu du 1502, annonça l’officier de police présent sur place. A priori, il est mort par strangulation. Mais… il a été salement amoché. J’ai appelé le médecin légiste, elle devrait être là d’ici une demi-heure.

Stanley se couvrit la bouche, dégoûté par le cadavre ensanglanté. Gaby, elle, ne pouvait détacher ses yeux de la victime, se demandant quel avait pu être le mobile du meurtre. Avait-il un lien avec Nate Smith ? Elle en doutait. Pourtant, au fond d’elle, c’était comme si une pièce du puzzle venait de s’ajouter au tableau.
Elle s’accroupit et regarda de plus près les blessures. Elles avaient été infligées avec acharnement, comme si le meurtrier avait cherché à évacuer une colère profonde.

— Gaby… j’en peux plus… Je t’attends en bas… dit Stanley, peinant à se retenir de vomir.

Gabrielle se releva et examina l’appartement. Tout était en place. Rien n’avait été volé. Puis son regard se posa sur le panier vide du chien.

Où était-il ?

Il n’y avait aucune trace du canidé.

— Où est le chien ? demanda-t-elle à l’agent.

— Il avait un chien ? Bah… il a dû s’enfuir avec tout ça.

Quelle négligence… Gabrielle soupira profondément et se redressa. Elle prit des notes, des photos, et attendit l’arrivée du médecin légiste, Mademoiselle Keen.

Lorsque celle-ci eut terminé le premier examen, son verdict fut glaçant.

— Il est mort d’une crise cardiaque, annonça-t-elle. Enfin… a priori. Je dirais plutôt que quelqu’un s’est amusé à lui faire tellement peur qu’il en est mort. Quant à ses blessures… elles ont été infligées ante mortem. Le meurtrier semble s’être amusé avec lui un bon moment… Le pauvre…

L’inspectrice n’en croyait pas ses oreilles. Qui pouvait donc être aussi cruel ?
Elle remercia le médecin et rejoignit Stanley au bas du bâtiment.

— Je n’en suis pas certaine, mais ça pourrait bien avoir un lien avec Nate Smith… C’est louche que son voisin ait été assassiné de cette façon. Je suis sûre qu’il devait savoir quelque chose.

— Pour le coup, je suis d’accord avec toi. C’est ce que je pensais aussi, alors je suis allé voir le gardien pour récupérer les vidéos de surveillance.

— Bien joué, Stan. Avec ça, on devrait en savoir un peu plus. Rentrons au commissariat. On a du boulot.





— Réo… Hé ! Réo ! Réveille-toi, dit une voix grave. T’es dans la merde, mon pote.

Il ouvrit les yeux, ne comprenant absolument pas ce qui se passait. Son dernier souvenir était cette montée d’acouphènes insupportables. Devant lui se tenait l’homme aux yeux verts, qui le fixait intensément.

Il se redressa aussitôt et recula, cherchant autour de lui quelque chose pour se défendre.

— Oh, je t’en prie, arrête. J’essaie de t’aider, tu sais ?

— …

— Je vois. Donc tu as toujours peur de moi. Tu ne changeras jamais. Et puis, je te signale quand même que c’est toi qui as voulu ne plus te souvenir. Je n’ai fait que t’aider.

— Comment ? Pourquoi est-ce que je voudrais être amnésique ? Et qui es-tu ?

— Ah… ouais. Je me doutais que ça allait se passer comme ça. Je suis Ethan. Et je n’ai pas le droit de te révéler quoi que ce soit sur ton passé. Tu veux te souvenir ? Alors vas-y. Souviens-toi. Après tout, ça ne changera rien. Mais je te recommande tout de même d’arrêter de chercher. Ça ne mènera à rien de bon.

— Pourquoi tu me menaces si tu veux m’aider ?

— Hein ? Menaces ? Moi ? Ah… ahahahahah ! Non, non, non, c’est un malentendu. C’est juste que parfois je suis un peu trop brusque. Mais enfin… revenons au présent, Réo. Tu es dans la merde. Tu devrais sortir d’ici au plus vite avant que cette flic ne te mette la main dessus…

— Une flic ? Mais pourquoi est-ce qu’elle me chercherait ?

— Parce que le voisin avait tout découvert, et que j’ai dû m’en occuper. Alors maintenant, j’espère que tu vas m’écouter. Pour commencer, tu vas sortir par la sortie de secours, le plus discrètement possible. Ensuite, tu rentres chez toi et tu vas travailler avec Charlie. Et profites-en pour appeler ta chère madame Van Gebruik pour lui dire que tu arrêtes tout. Ne la laisse surtout pas me trouver, tu entends ?

Il sortit en claquant la porte, laissant Réo complètement désemparé au milieu d’un appartement vide.

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