Chapitre 15 : A killer's road trip

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— D’abord Nathan Smith, ensuite Suzanne Delacroix… J’ai vraiment l’impression que tout gravite autour de monsieur Diaz… marmonnait Stan qui, encore une fois, s’était éloigné de la scène de crime.

— Il va falloir retrouver ce fameux Kader, lui répondit Gaby qui l’avait entendu.

— Mais Diaz n’avait-il pas dénoncé son ami ?

— Si. Mais le témoignage de Suzanne contredit un peu cette hypothèse, puisqu’elle avait l’air de penser que ce Kader était suspect… Dans tous les cas, il va falloir l’interroger lui aussi.

— Ouais… Enfin, faudrait déjà le retrouver, hein ? répondit Stan sur le ton de la plaisanterie.

— C’est vrai ! Heureusement que tu es là !

Le policier leva les yeux au ciel avant de regagner son bureau avec la ferme intention de rendre sa supérieure fière de lui. Il se posta devant son ordinateur portable et regarda l’écran pendant une minute avant de souffler d’exaspération.

Effectivement, il devait faire des recherches sur ce Kader. Jusque-là, tout allait bien. Mais… comment s’y prendre ?
En relisant son dossier, il décida, en premier lieu, de vérifier si, par pur hasard, les empreintes de cet ami mystérieux n’étaient pas déjà enregistrées dans les fichiers.
Une arrestation.

Une seule.

Une toute petite !

Même une broutille ferait l’affaire.

Mais la chance n’était décidément pas de son côté : le logiciel de recoupement des données était en maintenance depuis la veille, suite à de nombreux bugs qui n’avaient cessé de ralentir tout le monde depuis une bonne semaine.

— C’est bien ma veine ! râla-t-il, passablement énervé. Bon… Si ça ne fonctionne pas, je vais devoir fouiller dans les dossiers… Cette fois, ils vont me les payer, mes heures sup’ !

— Rêve pas trop ! lui répondit Gaby, qui avait débarqué avec deux gros sacs de nourriture. Ils m’en doivent un paquet, et mon salaire est toujours le même !

— Ouais, mais le tien est déjà plus important que celui d’un simple assistant !

— T’inquiète, le bleu, on va chercher tous les deux. On n’a rien du tout sur la scène de crime. Autant me rendre utile.



Pendant ce temps, à des centaines de kilomètres de là, une petite Ford Fiesta blanche roulait tranquillement sur l’autoroute, fenêtres ouvertes. Ceux qui passaient à côté pouvaient entendre de la musique rock des années 80, qui avait l’air de rendre le conducteur heureux, à en juger par les mouvements de ses doigts sur le volant.

Ses lunettes de soleil vintage lui donnaient un air de starlette alors qu’il chantait Sweet Home Alabama  à tue tête sur la route ensoleillée.

Oui, Ethan prenait du bon temps. Un moment de détente avant un travail qu’il devrait se coltiner. Mais l’heure n’était pas à la complainte. Il devait encore décider où aller.

Les plages du Sud-Ouest du pays lui semblèrent toutes indiquées pour cette petite semaine de détente. Et qui sait, peut-être allait-il rester plus longtemps ?
En revanche, cette soudaine récréation n’était pas au goût de son passager, qu’il avait méticuleusement bâillonné, pieds et poings liés avec du scotch industriel, puis jeté dans le coffre, où la chaleur était à la limite du supportable.

Celui-ci, dans l’espoir que quelqu’un l’entende, ne cessait de donner des coups contre les parois en métal.

Agacé par le vacarme à peine perceptible de son hôte, Ethan éteignit la musique et lui parla d’une voix moqueuse :

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