Chapitre 18 : Toi & Moi

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Cela faisait des heures que Réo était assis sur cette chaise en aluminium inconfortable.

Son avocat se tenait devant lui, l’air consterné face aux faits reprochés à son client. Il referma son dossier et posa une main sur la chemise cartonnée jaune. Il soupira, puis informa Réo de sa situation.

— Je vais être franc avec vous, monsieur Diaz. Vous n’avez pas vraiment d’option. Le mieux serait d’avouer et de plaider coupable…
Toutefois, quelque chose m’interroge. Je parle de la mention d’un homme que vous appelez Ethan.

— C’est ce que je me tue à leur dire depuis le début ! C’est lui, le meurtrier ! Pas moi !

— Alors pourquoi ne pas leur dire où il se trouve, ou au moins son nom de famille ? À ce moment-là, il serait facile de vous décharger de ces accusations.

— Je ne sais pas… J’ai… J’ai beau chercher, fouiller dans ma mémoire, je ne connais que son prénom et à quoi il ressemble. Je n’ai pas d’autres informations.

— Vous me dites que vous êtes innocent. Alors expliquez-moi pourquoi votre ADN et vos empreintes ont été retrouvés sur le corps de monsieur El Habi.

— Ça doit être une erreur, je ne vois que ça ! Appelez Charlie. Charlie Grimberg. Il pourra vous en dire plus…

— Je me dois de vous informer que votre ami, monsieur Grimberg, a été admis à l’hôpital cet après-midi.
Si vous voulez un bon conseil, répondez aux questions que les lieutenants Ambrose et Ashford vous poseront, et nous plaiderons coupable au tribunal.

— Je vous en prie, maître Cohen… J’ai vraiment besoin de votre aide…

— Je suis désolé, monsieur Diaz. Je ne peux rien faire de plus pour le moment. Je vous recontacterai. Bon courage.

Il rangea le dossier dans sa mallette et s’en alla, laissant Réo seul dans cette salle austère et mal ventilée.

Le jeune homme tremblait. Les menottes entravaient ses poignets, les maintenant fixés à la table métallique.

— Charlie… Putain… Putain ! PUTAIN !

Ne pas comprendre.

Ne pas être entendu.

Toutes ses frustrations et ses peurs s’entrechoquaient, fusionnaient, le brûlaient jusqu’à la moelle. Il cogna son front contre la table, hurlant, suppliant que quelqu’un le croie, que quelqu’un lui fasse confiance.

De l’autre côté du miroir sans tain, Gabrielle et Stanley l’observaient avec attention. Ils savaient parfaitement ce qu’ils faisaient. Ils avaient vu des types bien plus coriaces que ce petit gringalet craquer sous la pression de l’attente.

Café à la main, détermination au maximum, ils attendaient le moment où Réo céderait.

— Tu crois vraiment que c’est lui qui est derrière tous ces meurtres ? demanda Stan, commençant à douter devant l’air complètement paumé de Réo. Il a l’air plus perdu que moi quand je dois offrir un cadeau de Saint-Valentin…

— Je ne crois pas, répondit Gaby. J’en suis convaincue. Tout tourne autour de lui.

— Il nous a dit que c’était son meilleur ami, Ethan, l’auteur des crimes…

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