"Au pire, on meurt" est un thriller sur fond de criminalité, où deux âmes perdues cherchent la vérité dans un monde impitoyable.
Dalibor, ancien militaire et fin stratège à l'allure de pirate, va faire la connaissance de Kristina, une traductrice à...
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Une semaine plus tard
Je me réveille en sursaut. Isaak me hante encore au milieu de l'armée de mexicains sous tequila qui jouent des maracas dans ma boîte crânienne.
Mes yeux croisent la bouteille de rhum sur la table de chevet. Il va vraiment falloir que j'arrête de boire pour dormir, pensé-je en allant vers la salle de bain.
Serviette nouée à la taille, je me bats trois minutes contre celui que je vois dans le miroir, avant de devenir celui que je prétends être. Aujourd'hui, j'ai rendez-vous avec César.
À midi pile, je le retrouve chez lui. Costard Armani, chemise lavande et cheveux gris artistement ramenés en arrière, il est de nouveau le truand qu'il a toujours été.
Et le fait qu'il soit seul dans son bureau, sans gardes ni témoins pour assister à cet échange, me fait immédiatement comprendre l'importance que cela représente pour lui.
- J'ai une épine dans le pied qui m'empêche de dormir sur mes deux oreilles. Et ce n'est pas pour tes talents de médecin que je fais appel à toi, mais pour tes autres talents... commence-t-il par me flatter.
D'emblée j'allais refuser, mais la situation m'intriguait. Je suis quelqu'un de curieux. Quand je ne comprends pas quelque chose j'ai besoin de savoir. Alors, je le laisse parler.
- Vendredi, je dois confier une affaire à quelqu'un, poursuit-il. C'est vraiment un gros paquet de pognon. Il peut se dire qu'un dixième en moins, ça ne se remarquera pas...
- Je ne fais pas ça, l'arrêté-je prêt à me relever. Vous avez le personnel nécessaire pour éliminer ceux qui veulent vous escroquer.
- Allons, nous sommes civilisés ! s'offusque-t-il. Si j'avais voulu le descendre, j'aurais envoyé Kenan.
Dans le milieu chacun a ses références. Kenan c'est celui qui élimine les problèmes. Une crapule enragée qui ne sourit que tous les 29 février. Méchant comme une hyène, mais d'une fidélité redoutable.
Alors si ce n'est ni pour tuer, ni pour soigner... qu'est-ce qu'il attend réellement de moi ?
- Cardini, tu es un bon observateur, tu sais analyser les situations et déceler quand ça sent l'embrouille. Vrai ?
Je confirme de la tête, m'abstenant de prendre ses hypocrites compliments pour des raisons valables de tomber dans son piège.
- T'y vas avec Tony. Tu observes et tu comptes ce que le type nous propose. Et si le montant n'est pas le même à l'arrivé, on s'en occupera déroule-t-il avec une grande légèreté.
J'ai sens le plan casse-gueule comme certains chiens sentent la came. Compter, surtout du pognon, n'importe qui peut le faire.
- Je pense que Tony s'en chargera très bien tout seul, réponds-je pour le pousser dans ses retranchements.