12 | Colis suspect

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Vendredi 10 Septembre - d'Istok à Paris

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Vendredi 10 Septembre - d'Istok à Paris

Plus je tourne l'histoire de l'inconnu qui m'appellera mardi, moins j'ai envie de jouer à son jeu. Je préfère continuer en solo et suivre la piste du sans-abri.

Au moins de ce côté la patience devenait payant et ce n'était pas en pure perte que je me suis maudit des jours durant d'avoir accepté cette mission.

Puisque je n'assisterai pas à la livraison d'Agostini, César pouvait maintenant me récompenser en me donnant les informations qu'il possède sur Michel.

Je sais qu'il les a obtenues en moins de 48h, mais il fallait bien qu'il ait quelque chose pour me tenir en laisse durant cette semaine. D'ailleurs, il me tend le post-it jaune comme l'on donne un os à un chien.

Ni ses sourires hypocrites, ni ses tapes amicales dans le dos n'allègent le mépris que je ressens à son égard. J'aurais pu ressentir du soulagement, mais j'avais plutôt envie de broyer ce bout de papier et réduire en poussière la honte d'avoir participé à ses plans machiavéliques.

D'autant qu'aujourd'hui il me sourit, mais hier il n'aurait pas hésité une seule seconde à me descendre si j'avais échoué à son épreuve.

En entrant dans la maison j'ai immédiatement repéré les deux points rouges qui brillaient dans le noir et trahissaient la présence de caméras.

Et, lorsque la crevette s'est fâchée en gueulant au téléphone qu'elle n'irait pas à l'étage, j'ai compris qu'on venait de lui donner l'ordre de s'éloigner pour me laisser seul avec les documents compromettants.

Mon post-it en main, j'allais passer la porte lorsque César me retint un instant par le bras.

- Tu te souviens le jour de l'enterrement, l'adresse de mon fils ?

J'incline la tête l'invitant à poursuivre.

- J'ai besoin que tu apportes quelque chose à Kristina,... un cadeau, dit-il embarrassé. Elle ne me répond pas. Sacha m'a dit qu'elle est malade, mais je sais qu'elle est fâchée et si j'y vais elle va refuser. Tu pourrais jeter un œil, voir si elle va bien.

Moi je crois surtout qu'elle essaye de fuir autant que possible cet individu qui ne veux que l'ensorceler de formules habilement empoisonnées. Quand il n'utilise pas le mensonge pour arme de guerre, il pense qu'il peut acheter les gens.

Sans attendre ma réponse, il me tend une boîte noire. Dans ma tête trois scénarios se bousculent.

Soit il y a une bombe à l'intérieur qui va m'envoyer dans les airs. Sinon, c'est un traceur, et une équipe va me suivre avant de me descendre. Ou alors c'est vraiment un cadeau et il tient beaucoup à cette fille.

Je ne laisse rien paraître et modère mon rythme cardiaque tandis que je l'étudie un instant.

Vouloir m'éliminer, maintenant qu'il n'a plus besoin de moi, ne serait pas étonnant de la part de ce pourri surtout s'il a obtenu de Michel des réponses avant moi. Pourtant ses yeux ne semblent pas méfiants et, si je refuse, ce sera louche.

Au pire, on meurtDes histoires addictives. Découvrez maintenant