"Au pire, on meurt" est un thriller sur fond de criminalité, où deux âmes perdues cherchent la vérité dans un monde impitoyable.
Dalibor, ancien militaire et fin stratège à l'allure de pirate, va faire la connaissance de Kristina, une traductrice à...
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Les quelques secondes que met mon cerveau à émerger me font croire que tout va bien, mais ne durent pas longtemps.
Allongé sur le sol de la cuisine, je lutte pour ouvrir les paupières. À peine ai-je réussi à les soulever que la lumière s'allume. Son éclat se répercute sur les éclats de verre et m'aveugle. J'essaye de m'adapter à la situation en reprenant mes esprits à travers la douleur et la confusion.
Des bruits se rapprochent. Puis deux pieds sont apparus, plantés au milieu des morceaux de verre. Les pieds d'un homme qui porte des talonnettes pour atténuer sa petitesse physique, mais un geste de cet homme pouvait aussi correspondre à un arrêt de mort.
L'invisible frontière entre l'irréel et le réel s'efface peu à peu pour ne faire qu'un. Je compte jusqu'à dix pour mettre en ordre mes pensées et chasser les effets du sédatif que je me suis administré.
- Quelqu'un m'explique ce bordel ? tonne la voix distinctive de César.
Des chuchotements se répercutent tout autour. Il n'est pas venu seul.
- Vérifie s'il respire ! Ordonne-t-il d'un ton sec plein d'autorité.
Un type se rapproche. Il n'a pas le temps d'arriver jusqu'à moi. Je rassemble ce que j'ai d'énergie et me retourne sur le dos. Tous retiennent leur souffle tandis que je range mes méninges en vitesse.
- Y a personne, prononce une voix essoufflée qui vient de faire le tour de mon appartement.
J'ai du mal à respirer. La tension qui règne dans la pièce m'oppresse. Les souvenirs reviennent par fragments. Je rembobine la vraie version pour lui substituer celle qui me sauvera la peau.
Mon rythme cardiaque ralentit. Lentement, je me redresse en ignorant les pulsations dans mon crâne. Tous les regards sont braqués sur moi
Dans l'encadrement de la porte, Kristina affiche une mine anxieuse. Elle est habillée exactement comme lorsqu'elle est partie. Derrière, plusieurs hommes attendent. Seul César est au milieu à quelques mètres de moi.
- Il est quelle heure ? demandé-je la bouche sèche.
Cette question d'apparence anodine, me permet de récupérer quelques secondes, mais elle est surtout cruciale dans mon scénario où la moindre erreur représente un risque mortel.
L'Empereur retire les mains des poches de son costume bleu nuit, et baisse les yeux sur les aiguilles de sa Rolex.
- Treize heure dix-sept, répond-t-il la mâchoire crispée.
Ça fait plus de six heures qu'elle aurait dû le prévenir mais elle ne l'a pas fait. Ça, je ne l'avais pas prévu. Un rire nerveux m'échappe sous leurs yeux médusés.
- Il s'est tiré depuis longtemps, grommelé-je. - "Il" ? Qui ça "il"? gueule César dont la mauvaise humeur commence à se faire bien visible.