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23 | Maudit Anniversaire

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Samedi 19 Septembre

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Samedi 19 Septembre

Tout avait mal commencé. La voiture refusait de démarrer et j'ai dû attendre Eduardo pour qu'il me raccompagne à Paris. Comme si ça ne suffisait pas, les CRS ont bouclé le périmètre, nous obligeant à faire un détour. Finalement, Edua béquille son scoot près de chez moi et me lance un regard contrarié en reprenant son casque.

Il faut dire que ça n'a pas été simple de le convaincre de me laisser y retourner.

- Juste la soirée, exige-t-il le doigt levé.
- Juste la soirée, répété-je.
- Et tu ne rentres pas seule !
- Et je ne rentre pas seule ! ai-je répondu en traçant une croix sur mon cœur pour jurer.

Sur ces mots, il sourit, à peu près satisfait, et claque un baiser bruyant sur ma joue avant de repartir.

Mon ventre se noue en le regardant disparaître, refermant ainsi la parenthèse de cette semaine passée chez lui. J'avais besoin d'un peu de temps pour reprendre mon souffle et recharger mes batteries, afin de pouvoir continuer à affronter ma vie. Néanmoins, je sentais déjà que nos fous rires allaient me manquer.

Trop en retard pour m'apitoyer, je fonce et grimpe les marches deux par deux. Sur mon palier gît une boîte de pizza que Jack a dévorée en mon absence. Intriguée, je détache le ticket agrafé au carton. La date remonte au soir où j'ai raccompagné Cardini.

Des instructions pour le livreur figurent en rouge :
" Ne la dérangez pas, elle risque de vous frapper.
Et si elle ne le fait pas, c'est moi qui le ferai."

La mise en garde me provoque un sourire. Il pensait que je rentrerais avec le taxi et voulait me remercier. Aussi agréable soit son attention, elle ne réussit pas complètement à me réjouir.

La désillusion de n'avoir reçu ni un appel ni un message de sa part n'a fait que renforcer ce dont je me doutais. Il est parti, et ça s'arrête là, comme ça, avec un étrange goût d'inachevé.

Une partie de moi a apprécié ces moments passés ensemble, et ça me dérange. Je me déteste d'avoir pensé à lui, alors que lui, pas du tout.

D'ailleurs, c'est surtout la nuit que son souvenir me rendait visite, comme si la lune me jouait des tours. Mon sommeil était entrecoupé de rêves où son visage apparaissait. Parfois, je sentais même la douceur de ses gestes et l'intensité de son regard.

Rêver de lui est une chose agréable, mais la réalité est dure : le carrosse redevient citrouille et le prince grenouille. Je ne sais pas si je suis triste ou déçue, les deux sentiments se mélangent.

César non plus n'a pas cherché à me joindre. Mon absence est passée complètement inaperçue et n'a fait qu'entretenir mon désir de vengeance.

Après avoir mis la robe en boule dans mon sac, j'éteins tout et quitte l'appartement pour attraper le premier métro en direction d'Istok.

Au pire, on meurtDes histoires addictives. Découvrez maintenant