"Au pire, on meurt" est un thriller sur fond de criminalité, où deux âmes perdues cherchent la vérité dans un monde impitoyable.
Dalibor, ancien militaire et fin stratège à l'allure de pirate, va faire la connaissance de Kristina, une traductrice à...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
La cohabitation devenait invivable.
Tout était sujet à dispute, le rangement, le linge, la vaisselle, nous ne pouvions plus communiquer sans se balancer des trucs à la figure, que ce soit des insultes ou des objets.
Avoir Sacha pour mari c'est moralement insupportable, mais vivre avec lui c'est vraiment le fond de l'abîme. Son caractère est un repoussoir.
Je n'avais déjà absolument pas envie d'être sa femme, encore moins sa mère, hors de question ! Je n'ai pas signé pour me transformer en Dobby l'elfe de maison.
À force de me battre avec lui pour tout et pour rien, j'ai fini par engager une femme de ménage. Mais, il l'a virée le premier jour en la menaçant de l'étouffer si elle continuait à passer l'aspirateur pendant qu'il dormait.
Depuis, mon territoire s'arrête à la porte de ma chambre. Au-delà, je risquerai de devenir veuve avant l'heure
Dans les rares moments où nous avons échangé quelques mots, il m'a informé qu'on devait dîner chez César dimanche soir. Faut voir sur quel ton !
J'étais sortie de ma grotte pour aller chercher du réconfort dans une tasse de café. J'espérais passer inaperçue, mais mes espoirs furent rapidement anéantis lorsqu'il gueula depuis sa chambre :
- Fais-moi du café aussi ! - Ok. - Deux doses ! - D'accord,râlé-je exaspérée.
Ça sonne comme un ordre, c'est ça le problème avec lui. Ce n'est pas une demande mais un ordre, strict et autoritaire. S'il n'y a que ça, mais ça vient s'ajouter au milliard de choses qui m'insupportent chez lui.
- Hé dimanche on bouffe chez César, lance-t-il en rentrant dans la cuisine.
"On" ? Ravie d'apprendre que mon avis est optionnel.
- Tu parles de toi à la troisième personne maintenant, t'es schizo ou juste mégalo ?
- Excusez-moi Madame la littérature, me feriez-vous l'honneur de ramener votre cul pour dîner chez mon père ? minaude-t-il la bouche en cœur.
"Madame la littérature", Sacha n'a jamais ouvert un manuel de savoir-vivre, ni aucun livre, c'est sûr et certain. Je ferme les yeux, me rappelant que je n'ai toujours pas le droit de le tuer. Mais il mérite quand même un état grippal, juste quelques jours histoire de me foutre la paix.
- Alors ? s'impatiente-t-il sur un ton qui me tend un peu plus. - C'est bon, j'irai, lâché-je les dents serrées.
J'ai envie de l'envoyer se faire foutre mais il va m'agacer, alors je me réserve une excuse dans un coin de ma tête que je dévoilerai à la dernière minute pour échapper à cette réunion familiale.
Tanya et lui autour de la même table c'est trop me demander. La nourriture risque de me sortir par le nez et les fourchettes vont voler.
C'est bizarre comme les événements ont basculé, pensais-je en l'observant. L'année commençait bien, je ne savais même pas qu'un abruti pareil puisse exister quelque part sur terre. Et puis la vie a battu les cartes et maintenant on vit sous le même toit.