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25 | Piège(s)

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Le coffre de la Jeep n'est vraiment pas conçu pour passer un moment agréable

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Le coffre de la Jeep n'est vraiment pas conçu pour passer un moment agréable. Ça m'est égal. L'espace exigu n'est rien comparé au soulagement que j'éprouve à l'idée de me tirer pour de bon de cette vaste comédie que je n'ai que trop longtemps subie.

L'idée m'est venue au moment où Cardini a lancé les clés à Axsel. Sans le savoir, il m'offrait un échappatoire inespéré. Alors, je n'ai pas hésité. Je me suis éclipsée par la véranda, un regard pour m'assurer que personne ne surveillait, et j'ai ouvert le coffre, prête à fuir.

Une fois dedans, l'excitation a pris le dessus malgré l'étroitesse et l'inconfort. Dans cette quasi obscurité, je me sentais enfin libre, car je savais qu'il n'y avait plus de retour possible. C'en était fini d'Istok, de Sacha, de César. Ce soir, ils avaient sonné leur fin.

Ça faisait longtemps que je rêvais de ce moment.
Je l'imaginais ponctué de longues explications, une confrontation explosive, alourdie du poids des reproches qu'on ne manquerait pas de me faire. Finalement, c'est silencieux, furtif, presque lâche.

C'est mieux ainsi. Quoique, j'aurais bien voulu faire couler le sang de Sacha, histoire de marquer mon départ. Puisqu'il ne respectait plus les règles, j'aurais été dans mon plein droit. Mais Cardini a raison, ça revenait à me mettre des menottes.

Ah ! Ce n'est vraiment pas amusant de devoir respecter la loi.

Lorsque le pirate regagne son véhicule, mon cœur se met à battre un peu plus vite. Il y avait quelque chose d'insensé et d'excitant à nous savoir seuls, si proches, et à la fois ignorant de ma présence.

Après avoir démarré, il augmente le volume, me partageant à travers les amplificateurs la chanson Apocalypse de Cigarettes after sex. Les paroles viennent caresser mon âme avec beaucoup de douceur. Difficile de ne pas imaginer qu'il pense a moi en l'écoutant. Encore plus difficile, lorsque mon téléphone vibre et que je reçois un sms de lui :

"Préviens-moi quand tu seras rentrée, ma belle"

Je ne m'attendais pas à ce qu'il me contacte, ni aussi vite. Un sourire involontaire se dessine sur mes lèvres. La chaleur qui monte dans ma poitrine est enivrante. Je fixe l'écran, flattée à l'idée que j'habite ses pensées alors que je suis cachée dans son ombre; et mets quelques bonnes minutes avant de répondre, comme si mettre du temps entre nous allait me rendre plus inaccessible.

"Justement, je suis dans ma rue."

Immédiatement, nouvelle vibration :
"Je t'ai dit quand tu seras rentrée."
"Pas dans la rue."

Tandis que mon ventre danse la Macarena, je serre mon téléphone contre mon cœur et mords fort mes lèvres pour m'empêcher d'hurler. J'adore ce ton bienveillant teinté de fermeté qui ne laisse aucune place aux futilités.

Il m'inonde d'une attention que je ne sais pas gérer. J'ignore pourquoi il fait ça, lui qui, de toute évidence, a ses propres batailles à mener, ses propres ténèbres. Sûrement parce que je l'ai embrassé. Peut-être est-il du genre à voir une forme d'engagement là où ce n'était qu'impulsif.

Au pire, on meurtDes histoires addictives. Découvrez maintenant