2: Donne-moi la main

48 4 0
                                        

Ivoir.

- Bon tu te doutes bien que tu n'es pas ici pour une visite de contrôl.

J'observai le maître tandis qu'il étudiait des dizaines de documents.

- Ouais, je vous écoute.

- On a reçu le dossier d'une nouvelle humaine et la cour a décidé que tu devras t'en charger.

Un soupir las m'échappa, je détournai les yeux sous le regard accusateur du maître.

- Qu'est-ce qu'elle a ?

- Elle s'est faite enlever par les angeleurs et tu sais comment ils sont...

- Ils vont l'utiliser jusqu'à la mort je sais...

- Mh...

Il s'entrelaça les doigts avant de se pencher vers moi.

- Ivoir, la cour commence sérieusement à s'inquiéter, tu n'as accompli que très peu de sauvetage et tu pourrais être banni si tu ne mets pas un peu du tien...

Ma mâchoire se crispa à l'évocation de mes compétences douteuses. Je savais que je ne pourrais pas échapper à la cour mais j'aimais l'ignorer et faire comme si tout allait bien.

- J'y suis pour rien et vous le savez...

- Tes pouvoirs ne se sont toujours pas réveillés ?

J'inspirai tout en détournant les yeux.

- Soyons honnête ça ne changera jamais.

Le maître soupira, il se prit la tête entre les mains avant de murmurer :

- J'ai du mal à comprendre...

- C'est pas bien difficile pourtant... Marmonai-je.

Il me jeta un regard plein de pitié, je savais que l'entièreté de la cour me considérait comme le vilain petit canard et franchement j'en avais plus qu'assez.

- Je sais que le décès de ta mère t'as beaucoup affecté mais on pourrait-

- Je vous arrête tout de suite, on a pas besoin d'en parler, je suis passé à autre chose.

- Ivoir...

Je plantai mon regard sur la baie vitrée, je n'avais pas envie de discuter de tout ça, je voulais seulement qu'il me laisse tranquille.

- Alors qu'est-ce que je dois faire ?

- Tu vas devoir la libérer et la ramener au centre, elle va sûrement avoir besoin de ton aide après être tombée dans le piège des Angeleurs.

- Ça va durer longtemps ?

- Aussi longtemps qu'il faudra pour qu'elle aille mieux.

- Ok...

Je me levai de mon siège, la mâchoire crispée.

- Je n'ai pas fini.

Je fermai les yeux un instant, le sang bouillant.

- Quoi ?

- C'est ta dernière chance de rester parmi nous. Tu vas devoir la sauver coûte que coûte. Pense à ce que ta mère aurait voulu...

- Elle ne m'aimait pas, ça ne lui aurait fait ni chaud ni froid que je sois banni.

- Tu sais bien que-

- Non, j'en ai assez entendu pour aujourd'hui, vous n'avez qu'à me transmettre les ordres et j'irai chercher l'humaine.

Sur ce, je tournai les talons et sortis du bureau.

My dear humanDes histoires addictives. Découvrez maintenant