Chapitre 32

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L'espoir, je déteste l'espoir.

Laisse lui une chance de te faire à nouveau croire en l'espoir Rania. Et pourquoi pas en l'amour aussi?

moi:C'est trop tard Nahil, je suis allée trop loin.

nahil:Y a rien de trop tard, t'as juste pas envie de faire d'effort.

moi:...

nahil:T'as découvert comment faire de l'argent facile maintenant tu veux plus t'arrêter.

moi:Facile? FACILE? Laisse moi rire, tu fais partie de ces personnes qui pensent que cette vie est facile c'est ça.

nahil:Bah c'est clairement ça, c'est peut-être dur à entendre mais t'as préféré ce train de vie parc-

moi:Quand on ne sait pas, on ne parle pas. 

nahil:Tu vas me faire croire que recevoir de l'argent chaque soir en ouvrant ces putains de jambes c'est compliqué? Tu t'es assez foutu de moi comme ça, casse toi. Même quand j'essaie de t'aider tu gâches tout.

J'ouvre mes jambes chaque soirs, c'est comme ça que je suis vue...

C'est horrible d'entendre ça de sa bouche, je vous jure que c'est horrible.

Mais il a raison Rania.

moi:Non t'as tord, tu ne peux pas me juger comme ça. Tu crois que c'est facile pour moi de me retrouver chaque soirs avec un inconnu qui pose ses sales mains sur moi? Dis moi, tu penses que c'est aussi simple que ça de se retrouver avec des-des hommes de tout âges, de-de leurs donner l'opportunité de faire ce qu'ils veulent de moi?

nahil:...

moi:C'est pas facile, c'est pas facile de se déconnecter du monde durant ce temps. C'est difficile d'accepter que tu es une merde, un objet dont ils font ce qu'ils veulent seulement pour que tu puisses manger...pour que tu puisses survivre.

nahil:...

moi:Comment tu peux te permettre de venir me juger face à cette situation? Toi qui à la belle vie, toi qui ne manque de rien, hein?? Toi qui vis dans une grande maison, qui est un étudiant, qui à ses amis, sa famille, son-son papa. Comment t'oses venir me dire à moi que j'ai choisis l'argent facile?

nahil:C'est pas ce que j-

moi:Si Nahil, c'est ça, celui qui a la vie facile c'est toi, pas moi compris? Maintenant je ne suis pas ici pour jouer à la victime ou je ne sais pas quoi. Comme tu m'as dis, c'est moi qui a choisis.

nahil:Pou-

moi:Pourquoi j'ai choisis ça au lieu de profiter de chez toi? Demandes à ton père, à ton pote qui m'ont foutu la pression pour que je te laisse tranquille.

nahil:Hein, mais de quoi tu parles Rania?

moi:Bien-sûr, ça ils te l'ont pas dis. Ils ne t'ont pas dit qu'ils m'ont demandé de te laisser tranquille parce qu'ils ont peur que tu finisses par tomber amoureux. Mais finalement y a quoi de mal que tu sois amoureux, c'est beau l'amour non?? Le problème c'est que la fille, c'est moi, et comme tu peux le constater je ne suis pas une fille fréquentable, ni stable, ni rien.

nahil:Je-je savais pas wAllah, j'en avais aucune idée.

Il est dégouté, je sais qu'il est dégouté. Son expression le montre suffisamment, il est déçu de son père également. Bah oui, son père a poussé la fille qu'il aime à sortir de sa vie.

La fille qu'il aime?

Oui, il m'aime, il le sait et je le sais. Il n'est plus discret, il n'arrive plus à le cacher.

moi:Bon, tu peux pas leurs en vouloir après tout. Ils ont peur pour toi, moi aussi si j'aurais été à leurs place j'aurais tout fais pour que tu t'éloignes de moi.

nahil:...

moi:Pour répondre plus précisément à t'as question. Comment est-ce-que j'en suis arrivée à la? Parce que cette fois, j'ai accepté la violence qu'il m'a fait subir ce jour là et j'en ai fait ma force.

nahil:La violence, de quelle violence tu parles? Rania, soit plus clair s'il te plaît.

Il s'approche de moi, les sourcils froncés. Il est dans l'incompréhension, je vois la panique a ses yeux. Il a peur d'avoir compris, je le sais. Au final, j'ai été clair...Il veut juste pas accepter ce qui mets arriver et encore une fois c'est la preuve qu'il m'aime.

nahil:Rania?

moi:...

nahil:Ne me dis pas que c'est ce que à quoi je pense.

Je prends une grande inspiration et j'essuie les quelques larmes sur mes joues de mes mains.

moi:Ne fais pas semblant de t'inquiéter maintenant, après tout, je suis qu'une fille qui ouvre ses jambes à n'importe qui. Alors que ce soit par ma volonté ou par force, ça revient au même.

Je pars sans me retourner, il ne m'attrape pas. Au contraire, il s'assoit sur la chaise de son bureau et met sa tête entre ses mains. J'ai remarquer c'est un tic chez lui qu'il fait souvent une fois qu'il est perdu.

J'avance et je prends une grande inspiration avant d'ouvrir la porte et sentir le vent glacé sur ma peau. J'avance le coeur léger, depuis le jour ou ça c'est passé, j'en avais jamais parlé de mon viol, même pas à ma psy.

A vrai dire, j'évite d'y penser moi même. Je ne veux pas revoir cette soirée ni la ressentir à nouveau.

Avant que ma vie se transforme en drame, je pensais que toute les femmes qui vivaient ce genre de choses devaient en parler. Je pensais que c'était facile, que c'était quelque chose qu'on pouvait supporter mais une fois vécue, je me suis rendue compte que ça a été la plus grosse douleur que j'ai pu vivre.

C'est une souffrance tellement forte qu'elle a su dépasser la douleur que je ressens face à la mort de mon père. Bien-sûr la mort de mon père me fait toujours autant de peine mais elle est complètement différente de celle que j'ai ressenti lors de mon viol, de celle que je ressens actuellement.

J'ai appris à vivre sans mon père mais comment faire pour apprendre à vivre avec une agression sexuelle, des agressions sexuelles.

C'est bizarre mais depuis ce jour là, je me sens éteinte, confuse...incomprise? J'ai la mauvaise impression que la vie s'acharne sur moi et que je dois rester silencieuse . Je ne pense plus à l'avenir, je veux seulement rester isolé dans ma solitude pour ne pas être un poids en plus.

Les jours passèrent puis je ne me reconnaissais plus.J'ai changé, ils m'ont changé.Je n'étais plus la fille qui voyait la vie en rose, non, elle était devenue noir.Je ne me suis pas renfermée sur moi même, au contraire, je me suis sexualisée.J'essayais de me prouver que tout allait bien, que ça ne m'avais pas atteint, que c'était normal.

Mais les paroles de Nahil m'ont ouvert les yeux, certes il a été dur, très dur mais il n'a fait que de me dire la vérité. Cette vérité que j'ignore depuis beaucoup de temps.

Je suis dégoutante.

J'arrive chez moi et je file directement sous la douche et je me mets à frotter mon corps sans m'arrêter.

Comme chaque soirs depuis 3 semaines, je me frotte jusqu'au sang.

Comment vais-je avoir le courage de pouvoir recoucher avec un homme après avoir revu Nahil?



L'amour sans pitiéOù les histoires vivent. Découvrez maintenant