Chapitre 20

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16000 lectures sur cette fiction. Bordel de merde. Vous êtes sérieux ? 

J'espère que oui.

Bonne lecture. ♥

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         Je ne fis pas un mouvement, me contentant de fermer les yeux au son irrégulier des battements de son cœur. Son étreinte ne dura pas cependant. Il me relâcha après quelques secondes, comme si ma peau le brûlait soudain. Il se leva.

« Harry, attends. S’il te plaît, ne t’en va pas, murmurai-je, paupières closes.

-Je pense qu'on n'a plus rien à se dire.

-Comment tu peux… » commençai-je en ouvrant les yeux.

Il s'éloignait déjà.

Ma mâchoire se durcit. Pourquoi ne voulait-il pas m’écouter ?! Je me redressai, chancelant, et le suivis après avoir marmonné un « Je reviens » à l’adresse de l’inspecteur.

Il était déjà dehors lorsque j’atteignis l’entrée du bâtiment. Il s’était arrêté. Je le rejoignis, la colère montant en moi.

« On peut savoir pourquoi tu refuses d’écouter ce que j’ai à te dire ?

-Je crois t’avoir déjà dit ce que je pensais de toi et de ton attitude, gronda-t-il.

-En effet, tu me l’as dit. Mais ce n’est pas parce que tu es célèbre qu’il faut te croire infaillible.

-Je ne me crois pas…

-Bien sûr que si. Tu prétends détenir la vérité, alors que tu ne me connais pas.

-C’est bien là le problème. Je ne te connais pas. L’inverse est vrai aussi.

-Donc, tout ce qu’on a vécu depuis hier – c’est-à-dire pas mal de choses –, ce n’était rien pour toi ?

-Je n’ai pas dit ça. 

-Alors pourquoi, au nom de Dieu, est-ce que tu agis comme ça ?! Combien de fois je t’ai dit je t’aime en deux jours ?!

-Tu penses réellement que de répéter un mensonge des dizaines de fois va le rendre vrai ?

-Oui, si ce n’est pas un mensonge.

-Tu m’emmerdes.

-Pardon ?! Qui est-ce qui fait le borné et l’obstiné depuis tout à l’heure ?! »

Il se tourna vers moi. Je me mordis la lèvre, sentant que je n’aurais pas dû dire cela, mais soutins son regard.

« Ecoute, Aurélie. J’en ai assez. Je ne sais pas dans quoi je me suis embarqué avec toi, mais c’était une erreur. On ne peut pas continuer comme ça, de toute manière. Tu es une gamine, qui n’attire que des problèmes. Je préfère qu’on en reste là. Ne cherche plus à entrer en contact avec moi, c’est compris ? Salut. »

Je n’en crus pas mes oreilles.

Ma langue était comme clouée à mon palais, mes membres incapables d’esquisser un geste. Je le vis ouvrir la portière de sa voiture, y entrer, démarrer. Je le vis s’éloigner. Puis je vis son absence.

Et je hurlai. Ce n’était pas des larmes, ni même de la tristesse ; plutôt un sentiment confus, à mi-chemin entre la frustration et la douleur. Je me laissai tomber au sol, mon silence revenant aussi subitement qu’il avait cessé.

Je n’avais plus de cœur. Je lui en avais confié une moitié, il avait poignardé l’autre. Je n’existais plus, désormais. Je ne pus m’empêcher de penser à ma mère, qui m’avait offert ce voyage dans un élan de bonté, ce voyage qui ne m’avait finalement apporté que du malheur. Je pensai à Elena ; elle devait m’attendre, seule dans sa chambre d’hôpital. Je réfléchis un instant. Puis me rendis compte que si elle était là-bas, c’était de ma faute. J’avais dormi chez Harry. Elle était venue en voiture, avec celui qu’elle pensait être un policier. Ensuite, tout s’était enchaîné, mais j’en étais la cause initiale. J’eus un sourire crispé, visant à empêcher les larmes de couler, comme je le faisais souvent ; je m’aperçus que je ne pleurais pas. Mes yeux étaient secs. A vrai dire, pourquoi pleurer ? Cela était totalement inutile, et stupide. Il était parti, et alors ?

Quarante-huit heures pour aimerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant