Chapitre 16

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Voici, voilà. Je ne sais pas pourquoi je dis ça. Ces deux phrases riment. 

Bonne lecture ! xxxx

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Je poussai un cri. Me précipitai vers Elena. Tombai à genoux à ses côtés. Caressant son visage couvert de sang, les larmes me montèrent aux yeux.

"Elena, je suis désolée... je suis désolée, désolée, désolée. C'est de ma faute..."

Elle ouvrit la bouche pour parler, mais seul un gémissement en sortit. Je me penchai sur elle, l'étreignant avec force. 

Harry s'accroupit près de moi, posant une main sur l'épaule d'Elena.

"Elena, tu m'entends ? Tu peux ouvrir les yeux ?"

Ses paupières s'entrouvrirent. Elle tenta de parler.

"J'ai...

-Ne parle pas, conseilla Harry. Essaie de rester éveillée.  J'appelle une ambulance.

-Mais...

-Aurélie. Si tu veux qu'elle reste en vie, fais ce que je te dis."

J'obéis. Je ne supportais pas qu'on me donne des ordres. Mais dans ce cas-là, je ne pouvais rien faire sinon rester à ses côtés. Je m'assis près d'elle et murmurai :

"Elena, est-ce que tu m'entends ? Tout va bien aller. Harry appelle une ambulance. Des gens vont venir te soigner. Je..." Je réprimai un sanglot. "Elena... Tu crois que tu pourras me pardonner ?"

Elle ne bougea pas. J'avais recommencé à pleurer.

Adam, allongé près de nous, était conscient. Mais son regard était fixe. Il haletait. Je n'avais aucune idée de ce qui lui arrivait. Etait-ce une sorte d'épilepsie ?

Soudain, il eut un spasme. S'assit.

Le regard posé sur moi.

J'eus un mouvement de recul. Ses yeux étaient injectés de sang, ses pupilles dilatées. Il s'humecta les lèvres avec un sourire indéfinissable. Une sorte de... sauvagerie animale émanait de lui. Comme quelqu'un qui a vécu trop longtemps seul, et a conservé de cette solitude le caractère à la fois craintif et farouche des bêtes.

Elena avait les yeux entrouverts mais semblait dans un autre monde.

"Ha... Harry ?" appelai-je.

Il ne sembla pas m'entendre. Adam ne bougeait pas, la respiration sifflante et rauque. Son regard me clouait au sol. J'étais incapable du moindre mouvement ; d'autant plus que rejoindre Harry signifiait laisser de nouveau Elena aux mains de ce psychopathe. Il n'en était pas question.

Le sang rugissait à mes oreilles tandis que le regard d'Adam aimantait le mien. J'ignore combien de temps passa ainsi. Quelques secondes, quelques minutes. Mon esprit était happé tout entier par la profondeur de ces yeux haineux.

Subitement, je sentis des mains autour de mes épaules. Je tressaillis.

"La police va arriver. En attendant... je ne sais pas ce qu'on fait de lui."

Je levai les yeux vers Harry. La situation était vraiment étrange. Nous étions censés attendre l'arrivée des autorités avec un fou furieux. Comme si celui-ci allait sagement rester assis.

Je détaillai son visage. Sa beauté était frappante. De larges yeux bruns aux longs cils, un nez à l'arête droite, un menton à la courbe presque angélique. Quelle ironie

Il se leva brusquement, interrompant le cours de ma pensée.

"Pourquoi vous avez appelé la police ? Ils vont vous arrêter. C'est stupide de votre part. 

-Tu es complètement cinglé, persiflai-je. C'est toi qu'ils vont arrêter. 

-Moi ? Mais je n'ai rien fait de mal. 

-Si on exclut le fait que vous avez gravement blessé et tenté de violer deux mineures, non, vous n'avez rien fait de mal, gronda Harry.

-Tenté de violer une mineure ?! Moi ? Jamais !"

J'en eus le souffle coupé. Comment pouvait-il nier cela ? Je n'arrivais pas à croire qu'il pût mentir avec un tel aplomb. 

"T'es vraiment un pervers, murmurai-je.

-Je refuse d'être calomnié, rétorqua-t-il.

-Comment j'ai pu être amoureuse de toi ? 

-C'est que je suis quelqu'un de bien."

Je poussai un hoquet de stupeur. Sautant sur mes pieds, je soutins son regard avec haine. 

-Vous êtes surtout un monstre, déclara Harry. 

Adam poussa un hurlement de rage.

Et se précipita sur Harry. 

Je n'eus pas même le temps de cligner des yeux. En une fraction de seconde, il avait fait basculer Harry, pesant de tout son poids sur le torse de ce dernier, qui commençait déjà à suffoquer. Je ne comprenais rien. L'adrénaline parcourut mes veines en une bouffée d'énergie violente. Je me jetai sur le dos d'Adam et le tirai en arrière, enfonçant mes doigts dans ses orbites. Il hurla, tentant de se dégager. Nous tombâmes à terre. Il prit rapidement le dessus, bien évidemment. Cependant, Harry s'était déjà relevé, et utilisant le tranchant de sa main, il assena un violent coup sur la nuque d'Adam, dont les yeux se révulsèrent. Je poussai un cri. Adam s'effondra à côté de moi sur le sol dur. Je demeurai immobile quelques instants, la respiration tremblante.

Quelle était donc cette journée complètement invraisemblable ?

Au loin, les sirènes de l'ambulance résonnèrent dans l'air mort.

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Chapitre modifié, afin d'y ajouter un semblant de crédibilité. Commentez ? :) x

Quarante-huit heures pour aimerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant