ELENA :
J'avais un peu peur de laisser Aurélie seule... Elle était si apeurée qu'elle aurait été capable de sauter par la fenêtre ! D'un autre côté, la perspective de cette soirée avec Louis m'apportait un immense plaisir, que je parvenais difficilement à dissimuler.
Sitôt sortis de l'appartement, nous traversâmes le couloir en direction des escaliers.
"On prend l'ascenseur ? proposa-t-il.
- Quel ascenseur ?
- Celui où on a fait rentrer des pokémons."
J'éclatai de rire. Comme nous avions ri, Aurélie et moi, en regardant cette vidéo... Ils étaient bien les seuls à pouvoir se poser ce genre de questions absurdes, mais si douloureusement hilarantes.
L'ascenseur arriva.
"Mais... ils sont où les pokémons ?" m'étonnai-je.
Il me regarda en riant, puis, voyant à quel point j'étais sérieuse, fronça légèrement les sourcils d'un air perdu. J'entrai dans l'ascenseur, hilare.
"Tu devrais voir ta tête ! Genre, elle est conne ou elle le fait exprès ?
- C'est malin.
- Au fait, où est Kevin ?
- Il dort.
- Il se couche tôt.
- Il a besoin de sommeil.
- Normal pour un adolescent."
Il rit de nouveau. Je tombai en pâmoison intérieure une nouvelle fois.
"Aurélie reste seule ce soir ?
- Non.
- Si elle couche avec Kevin, je les renie tous les deux."
Je gloussai. Il reprit :
"Qu'est-ce qu'elle fait ?
- Secret.
- Même si je te chatouille ?
- Je ne ferais pas ça si j'étais toi.
-Et si j'étais toi, ferais-je ce que tu ne ferais pas si tu étais moi ?"
Il me fallut deux secondes de réflexion pour comprendre ce qu'il venait de dire.
"Mais si j'étais toi, je ne ferais pas ce que tu ferais si tu étais moi.
-Pourtant, si tu étais moi tu ferais peut-être ce que je n'aurais pas fait si j'avais été toi.
-Ou peut-être que je ne ferais pas ce que tu aurais fait si tu avais été moi tout en étant toi et en faisant quelque chose que tu aurais su que je n'aurais pas fait si j'avais été toi.
-....
-J'ai gagné, triomphai-je.
Il me jeta un regard en coin, plissant les yeux dans une expression qui n'augurait rien de bon. Apparemment, il était mauvais perdant.
Soudain, l'ascenseur stoppa. Les portes s'ouvrirent. Sans crier gare, Louis me prit par les hanches et me jeta sur son épaule. Je poussai un hurlement qui frôla le supersonique. Puis je me mis à rire, comme jamais je n'avais ri auparavant.
Les gens nous regardèrent passer dans le hall d'un air stupéfait. Il faut dire que la vision était plutôt effrayante : un garçon bien bâti, l'air de trouver la situation parfaitement normale, portant sur son épaule une espèce de cinglée qui se débattait en riant tellement qu'elle ne pouvait plus respirer.
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Quarante-huit heures pour aimer
FanficUn simple week-end peut-il changer votre vie ? Aurélie, Directioner de 14 ans, part à Londres avec sa meilleure amie. Sans imaginer une seconde les conséquences que va entraîner ce voyage...