Chapitre 14

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Bonne lecture ! xx


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Je revins vers Elena. La pâleur de mon visage devait tenir lieu de réponse. Elle s'appuya contre la voiture, blanche comme la craie.

"Je l'ai...

-C'était de la légitime défense.

-Je l'ai...

-On ne peut pas prévenir la police...

-Je... QUOI ?!

-Tu as envie de passer le reste de ta vie en prison ? Tu as envie d'être cloîtrée chez toi jusqu'à ce que mort s'ensuive ?

-On... On doit... Je...

-Ecoute. Personne ne sait qu'il était de retour. Tout le monde le croyait mort. Maintenant il l'est. Je suis tout aussi bouleversée que toi, crois-moi.

-Non, je ne te crois pas, non. J'ai tué quelqu'un, putain ! Je l'ai tué. Il est mort. Il est mort."

Elle éclata en sanglots.

"Tu crois vraiment que je vais pouvoir vivre avec ça ?

-Ce quelqu'un était un salaud et ne...

-Tu vas me dire qu'il ne méritait pas la vie ? Tout le monde la mérite. Il la méritait...

-Il faut qu'on le fasse disparaître.

-D... disparaître ?

-Oui.

-Co... comment peux-tu être aussi inhumaine ?

-Je ne suis pas inhumaine. Mais c'est ma mère qui nous a offert ce voyage. Et je ne peux pas me permettre de lui faire payer nos erreurs.

-... Et tu... tu comptes faire quoi ?

-Je ne sais pas. Il faut... Il faut que j'appelle Harry.

-Quoi ? Mais... tu disais... qu'il ne fallait pas prévenir la police... et il va le faire...

-Non. Je lui fais confiance."

Les larmes continuaient de rouler sur mes joues, et les siennes. Elle n'était plus elle-même. Une partie d'elle s'était envolée. L'avait remplacée la mort. La culpabilité. Son visage me semblait creusé, fatigué, comme si ce poids qu'elle allait porter toute sa vie commençait dès à présent son œuvre de destruction.

J'allai chercher mon téléphone dans la voiture, et composai le numéro en claquant des dents.

"Aurélie ?

-Ha... Harry...

-Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu pleures ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

-Je... Il faut que tu m'aides.

-Où es-tu ?

-Je... je ne sais pas... Tu peux tracer le signal de mon téléphone ?

-Oui, sans doute... mais je vais devoir raccrocher... Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Je... je peux pas... Rappelle-moi quand tu sais où on est...

-Ma chérie, ne pleure pas...Tu es avec Elena ?

-Oui, on est ensemble... Mais... (Ma voix se brisa.) J'ai vraiment besoin de toi...

-Je te rappelle tout de suite. J'arrive. Je t'aime."

Il raccrocha. Je restai quelques instants avec le portable collé à l'oreille, espérant entendre sa voix de nouveau. Puis je revins à la réalité. Elena avait les yeux vitreux, fixés sur le cadavre d'Adam. Ses lèvres s'agitaient, comme pour parler ; mais aucun son n'en sortait. Je m'approchai et passai mon bras autour de ses épaules. Elle tressaillit, me regarda comme si elle ne m'avait jamais vue. Reporta son regard sur le corps étendu.

Quarante-huit heures pour aimerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant