Chapitre 6

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"Prête ? me demanda Elena.

-Prête."

Je pris une grande inspiration, et me jetai sur la chaussée en hurlant comme une possédée. La voiture devant moi pila, le conducteur, un homme d'une quarantaine d'années, en sortit.

"Mais vous êtes totalement folle ! Ca ne va pas, non ?! Vous jeter sur la route comme ça !

-Excusez-moi Monsieur, je suis vraiment désolée, souris-je en titubant sur la chaussée, tandis que les véhicules klaxonnaient derrière. J'ai cru qu'il y avait une bête sur ma valise !"

Le rire que j'avais retenu se libéra soudain, et je m'écroulai au sol. Le type me regarda avec le mélange de mépris et de pitié qu'on ressent quand on voit une personne saoûle, ce qui était exactement le but recherché.

Elena qui jusque là s'était dissimulée je ne sais où, arriva soudain en courant.

"Mais Céline, qu'est-ce que tu fais ?! On doit rentrer chez nous maintenant..."

Elle s'effondra à côté de moi, prise également de fou rire. Nous devions avoir l'air totalement timbrées, mais qu'est-ce qu'on s'amusait ! Les murmures autour de nous s'amplifiaient. Finalement, l'homme qui s'était arrêté le premier déclara :

"Bon, on ne peut pas les laisser là... Je les ramène chez elles."

J'échangeai un regard en coin avec Elena. Ceci était l'application parfaite de notre plan. On continua quand même à jouer les filles ivres, histoire d'être crédibles...

Nous montâmes dans sa voiture, gloussant à qui mieux-mieux. Il nous demanda où nous habitions. Elena répondit, en anglais :

"Est-ce que vous pourriez nous amener sur Westfield ? En fait, nous sommes Françaises, et le père de mon amie Céline (là, elle étouffa un rire), est journaliste et il devait se rendre à la séance de dédicaces du groupe One Direction. On est supposées le rejoindre là-bas."

Le type hésita quelques secondes, flairant une embrouille.

"Très bien, soupira-t-il enfin. Je vous y amène."

Je retins un cri de joie. C'était incroyable ! Nous avions réussi du premier coup...

 Après un trajet qui me parut bien court, nous parvînmes au lieu-dit. Mais en arrivant, tous nos beaux espoirs s'effondrèrent : une foule phénoménale était réunie. Et pas une cohue silencieuse... Une immense clameur "One Direction, One Direction" s'élevait de cette masse humaine.

J'échangeai un regard avec Elena. Imperceptible mouvement de tête. Nos valises en main, nous nous élançâmes. Le type derrière tenta de nous retenir, mais il n'osait pas s'avancer dans cet amalgame de membres et de hurlements aigus. Il faut dire que c'était effrayant : plusieurs centaines de pré-adolescentes complètement déchaînées unissaient leurs voix dans un chant qui avait quelque chose de satanique... Elena et moi, atteintes de la fameuse One Direction Infection, fûmes progressivement gagnées par la folie ambiante.

Soudain, une bousculade. Je perds l'équilibre. Elena marchant devant ne m'a pas vue. Je me retrouve au sol. Mon champ de vision s'obscurcit, des jambes s'agitent tout autour, la tendance agoraphobe que j'avais réussi à vaincre reprend brusquement le dessus avec une force qui me met les larmes aux yeux. Personne ne m'aide, personne ne me voit ? J'essaie de me relever, mais la bousculade recommence et je retombe, le visage contre terre. Mon cri est couvert par les hurlements des filles. Mes sanglots redoublent, et tout devient noir.

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Tralalaa ! Oui bon, j'ai mis un peu de temps, OKÉ. Mais la voilà la suite ! Vous en dites quoi ? Commentez et surtout, lisez ! Haha ! :P

Quarante-huit heures pour aimerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant